‹ Le pape Léon XIIIChapitre 35 sur 248 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Mais Mgr Pecci ne se borna pas à refréner le désordre, il prit les mesures les plus propres à augmenter la richesse et le bien-être de la principauté, sans oublier le soin des intérêts moraux et religieux. Il fit construire des routes vers Campobasso et Avellino, ouvrant ainsi des débouchés au commerce et à l'agricultilre. 11 obtint le dégrèvement de certains impôts qui pesaient trop lourdement sur le peuple.

C'est encore sur l'avis de Mgr Pecci que Grégoire XVI renonça à l'idée, caressée par le gouvernement napolitain, d'échanger contre d'autres territoires la province de Bénévent. Ce qui détermina le délégat à déconseiller cet échange, fut l'intérêt spirituel des populations de cette province, qui, sous l'administration pontificale, trouvaient plus de garanties de religion et de moralité qu'elles n'en auraient eues sous l'autorité du rot de Naples.

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Au milieu de toutes ces préoccupations, Tépoque approchait où Mgr Pecci allait devoir quitter Bénévent. On appréciait de plus en plus à Rome son activité et son intégrité. Peu de temps avant d être appelé à une position plus en vue, Mgr Pecci reçut une attestation bien flatteuse du cas que faisait de lui l'administration centrale.

A la suite des mesures que le délégat avait prises pour rétablir Tordre dans les finances et dans l'administration de la principauté, le cardinal Tosti, pro-trésorier général, lui mandait le 2 avril 1841. «J'ai tardé à vous écrire parce que je voulais qu'avec ma lettre vous arrivât au moins un témoignage de la reconnaissance que vous doit le gouvernement pour les réformes réalisées dans votre délégation. J'ai exposé au Saint- Père les mérites que Votre Seigneurie s'est acquis en cette circonstance, et Sa Sainteté a appris avec plaisir tout ce qui a été fait et les bons résultats obtenus dans la population de Bénévent. Elle a fait de vous, à ce sujet, l'éloge qui vous était dû. C'est pour moi un vrai plaisir de vous le faire savoir... » Rien ne pouvait être plus flatteur pour le jeune délégat qui, arrivé à l'âge de vingt-huit ans dans une province livrée au désordre, lui avait, en moins de trois ans, rendu la paix et la prospérité.

Après d'aussi brillants succès administratifs, il n'est pas étonnant que Grégoire XVI se soit décidé à conférer à Mgr Pecci une charge plus élevée et moins pénible. En 1841, il le rappela à Rome et lui confia la délégation de Spolète, qu'il lui fit immédiatement changer contre celle de Pérouse, l'une des plus importantes de l'État pontifical, surtout au point de vue politique. Cette ville était travaillée par l'esprit de la Révolution, qui y avait ses suppôts et ses comités secrets. Une main ferme, un esprit sagace, un homme capable de réformer sans détruire et de pacifier sans faiblir était nécessaire. Mgr Pecci avait fait ses preuves à Bénévent. Il fut envoyé dans la capitale de l'Ombrie. Pérouse était destinée à avoir d'intimes relations avec Joachim Pecci. Elle devait bientôt posséder comme

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