CHAPITRE CINQUIÈME
son élévation au trône pontifical. Le conclave avait terminé sa mission : plus des deux tiers des voix étaient acquises à Léon XI II.
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I Nomen. m
EUgo in Sommum Fontificein R*''D* méam D. Gard.
Sigr
BuU«tln de vote replié. — (Grandeur réelle.)
Quelles étaient les impressions du cardinal Pecci en voyant
tout d'abord tant de voix se porter sur son nom, ce nombre s'aug-
cependant un cardinal obtient juste le nombre de voix requis pour qu'il y ait élection, comme il devient nécessaire de s'assurer s'il n'a pas volé pour lui-même, il est invité à faire connaître son cachet et sa devise et, le pli inférieur du bulletin portant ce cachet ayant été ouvert pour vérifier la devise, on ouvre le pli supérieur de ce bulletin, afin de constater si, dans les deux tiers des voix,se trouve celle de l'élu.auquel cas il faudrait procéder à un nouveau scrutin. — Ces devises, ou chiffres, ou autres signes distinctifs, servent aussi pour le scrutin par accès lio/t.Daas ce genre d'élection qui suit immédiatement un scrutin sans effet, les électeurs ne peuvent voler que pour un cardinal déjà nommé au scrutin précédent. C'est une façon de circonscrire le nombre des éligibles et de hâter les opérations du conclave. — Il n'y a donc de voix comptées que celles qui se rallient à tel ou tel nom déjà sorti. — Voici comment on procède : Les cardinaux reçoivent un bulletin semblable au bulletin de scrutin, mais qui porte Accedo reverendiisimo Domino meo au lieu de EUgo in Sumtnitm Pontiftcem R.D. iiuum...\\% doivent le marquer des mêmes chiffres ou devises, le sceller du mime sceau que leur premier bulletin. 11 n'y a de votes valables que ceux qui sont donnés ^ŒrawMJw», c'est-à-dire à un autre sujet que celui pour qui on avait voté d'abord. Le s cardinaux qui ne veulent pas niodi&er leur vote, écrivent Accedo «£»«»«t.Dans le dépouillement des bulletins A'acctstion, les scrutateurs placent en regard l'un de l'autre les bulletins des deux icrulins qui, portant mêmes cachets et mêmes devises, sont du même électeur. Si, sur tes deux, le nom de l'élu est le même, le bulletin est nul, car il n'y a quand rélecleur s'est rallié à un autre candidat
menter au second tour de scrutin, et finalement s'élever dès le troisième à la majorité requise ! Évidemment le doigt de Dieu se montrait dans une élection dont la rapidité allait déconcerter les calculs des ennemis de l'Église. Cette action de TEsprit-Saint, évidente pour tous, ne l'était pas pour l'humilité du cardinal Pecci. Il s'efforça, dès le principe, défaire valoir les raisons qui devaient, d'après lui, s'opposer à son élection, notamment sa faible santé qui, disait-il, rendrait au bout de bien peu de temps un nouveau conclave nécessaire- Après le second scrutin, son angoisse augmenta, et allant trouver un de ses vénérables collègues dont il connaissait l'influence sur le Sacré-Collège : « Je ne puis plus me contenir,dit-il, j'éprouve le besoin de parler au Sacré-Collège : je crains qu'on ne commette une erreur. On me croit un savant, un sage, et je ne le suis pas : on suppose que j'ai les qualités nécessaires pour être pape et je ne les ai pas : voilà ce que je voudrais dire aux cardinaux. > Son interlocuteur lui répondit : « Ce n'est pas à vous qu'il appartient de juger de votre science, mais à nous. Quant à vos qualités pour être pape. Dieu les connaît ; laissez-le faire. » Cette conversation est rapportée par le cardinal de Bonnechose. Le cardinal Donnet, qui était assis au conclave à côté du cardinal Pecci, assure de son côté que ce dernier, en entendant sortir son nom de l'urne avec une fréquence de plus en plus grande, se mit à pleurer à chaudes larmes, tandis que sa main tremblante laissait échapper la plume qu'elle tenait. Le cardinal Donnet la ramassa et la lui remit en disant : « Courage ! il ne s'agit pas de vous ici. Il est question de l'Église et de l'avenir du monde. > Pour toute réponse, le futur pape leva les yeux au ciel comme pour implorer l'assistance divine ! Enfin le cardinal Dechamps déclare qu'en entendant Je résultat de l'élection, le cardinal Pecci devint extrêmement pâle ; et que, le lendemain, Léon XIII lui arracha des larmes en lui dépeignant, avec les termes les plus humbles, l'insuffisance de la faiblesse humaine en présence de la lourde charge du pontificat.