CHAPITRE XVIII
a fallu les placer sur deux rangs, dans trois longues galeries des loges de Raphaël. U y avait parmi eux nonseulement des ecclésiastiques et des fidèles de condition aisée, mais encore des paysans venus du voisinage des Alpes aussi bien que de la Sicile, et leur réunion offrait la vivante image de Funité de l'Italie dans la foi romaine et dans le dévouement au Vicaire de Jésus- Christ.
La Pologne, si éprouvée, si malheureuse, mais toujours si fidèle au Saint-Siège, avait, elle aussi, envoyé au nouveau Pape une députation qui fut reçue au Vatican le 7 avril. Les pèlerins étaient au nombre d'environ deux cents. A côté des grands seigneurs, des membres de Taristocratie et du clergé, on voyait d'humbles villageois, dont plusieurs portaient les traces glorieuses des souffrances qu'ils ont endurées pour rester fidèles au catholicisme.
Les pèlerins étaient divisés en trois groupes :
Celui de la province de Gallicie et des parties de l'ancien royaume de Pologne soumises à la domination russe, et il avait pour président l'illustre prince Okcza Orzechowschi ;
Le groupe de la province de Cracovie, lequel avait à sa tète M. Paul Popiel, un des membres de la haute noblesse de Pologne et bien connu pour son dévouement au Saint-Siège ;
Le groupe de la province de Posen, conduit par le comte Zoltowski.
C'était la figure de la Pologne mutilée , coupée en trois tronçons.
^ Avant l'audience générale, une commission de douze
des principaux membres du pèlerinage s^est formée dans ia salle du Trône, où tous les autres pèlerins étaient réunis, et de là, accompagnée par S. Ém. le cardinal Ledokowski, elle s'est rendue dans les appartements pontificaux pour exprimer à Sa Sainteté les sentiments de la députation et de tous les fidèles de Pologne.
Auprès des trois présidents de groupes, on remarquait dans cette commission le prince Czartoryski, le comte Zamoïski, les comtes Skorjewski et Lasocki, le comte Badeni et le doyen du chapitre de Léopold, Mgr Jurkewski, protonotairc apostolique, qui portait à Sa Sainteté les hommages des archevêques des trois rites unis et leur regret de n'avoir pu s*unir aux pèlerins.
Le souverain Pontife a fait aux représentants de Tinfortunée Pologne l'accudil le plus tendre et le plus paternel. Après avoir écouté l'adresse dont S. Ém. le cardinal Ledochowski a donné lecture en leur nom, Sa Sainteté a rappelé en termes élevés les gloires militaires de la Pologne qui ont été aussi des gloires chrétiennes, et elle a constaté avec satisfaction que ce pays est toujours invinciblement attaché au catholicisme.
« Vous avez défendu cette foi, a dit le Saint-Père, d'abord par les armes, puis par l'exercice des plus hautes vertus chrétiennes qui ont illustré tant de fils de la nation polonaise jusqu'à les faire parvenir à la gloire des saints. C'est pourquoi je vous exhorte vivement, T. G. F., à suivre les traditions du passé en défendant avec une fidélité inviolable la foi et la hiérarchie de l'Église.
« Persévérez donc dans cette foi et redoublez d'attachement envers l'Église. Veillez surtout à l'éducation