CHAPITRE XVIII
sans pitié ; à FÉglise on nie cette fiberté et cette indépendance auxquelles comme société parfaite elle a tout droit ; à TÉglise, qui est une institution divine^ les lois humaines et TÉtat yeulent imposer la dépendance de la servitude.
« £n de (elles conditions, nous devons adorer profondément les conseils de Dieu, et en même temps nous fortifier par la pensée que sa miséricorde veille tendrement au bien de son Église, et que son secours est plus proche au moment où il semble le plus éloigné.
« En attendant, à vous, glorieux champions du droit et de la justice, Nous dirons pour finir : Persévérez, demeurez fidèles à vos devoirs ; qu'aucun acte de votre vie ne ternisse votre honorable carrière. S'il plaît à Dieu d'abréger les jours de l'épreuve, en nous accordant des temps meilleurs, vous vous trouverez à votre poste, prêts à défendre les droits sacrés de l'Église ; s'il, en dispose autrement, vous aurez la consolation d'avoir partagé avec Nous l'infortune et le revers. »
Le 11 juillet, Sa Sainteté, entourée de prélats de sa maison; daignait recevoir en audience solennelle la célèbre Académie littéraire des Arcades, présentée par Mgr Ciccoloni, camérier secret participant de Sa Sainteté et custode général des Arcades.
Mgr Ciccoloni lut devant le trône du Sain^ Père une très-belle sidresse en vers latin, où il exprimait les vœux et les sentiments de l'Académie vis-à-vis du successeur de saint Pierre.
U présenta ensuite au Saint-Père trois magnifiques photographies, dont deux représentent l'Académie et la troisième la statue colossale du Pape qui bénit son peu-
pie, statue que Ton admire dans la salle des séances de rAcadémie.
Léon XIII a répondu qu'il était plein de reconnaissance pour la démonstration affectueuse de l'Académie ; que le goût persévérant de ses membres pour les bonnes études démontre d'une façon éclatante combien est fausse et calomnieuse l'accusation dirigée contre l'Église par ses ennemis qui lui reprochent d'être contraire au progrès littéraire et scientifique. Sa Sainteté les encouragea à persévérer dans la voie des études pour maintenir la gloire que l'Académie s'est déjà acquise, et elle termina en faisant l'éloge de Mgr Giccoloni, à qui l'on doit le réveil merveilleux de cette société savante.
Les pieux fidèles que nous avons vus agenouillés aux pieds dû pape Léon XIII n'étaient que l'avant-garde du catholicisme, les représentants isolés des nations qui avaient à cœur de saluer et de vénérer leur nouveau Pontife, en attendant l'Organisation des grands pèlerinages.
Au milieu des hostilités que semble réunir contre la papauté un cosmopolitisme incrédule, ces pèlerinages nous ont révélé la grandeur et la puissance morale du pontife romain. Si les princes et les gouvernements lui retirent leur appui, les peuples vont à Léon XIII avec un courant de foi et d'amour que n'ont pas connu les meilleurs siècles.
Le 25 mars, jour de l'Annonciation, Léon XIII a reçu les pèlerins italiens ; ils étaient tellement nombreux qu'il