‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 115 sur 152 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Modifications introduites par le nouveau pape dans les usages et le personnel du Vatican.

Chaque nouveau règne amène certains changements dans le personnel du gouvernement pontifical et aussi dans les habitudes de la cour. Un véritable caractère comme celui de Léon XIII a sa manière d'être spéciale, et sa vie ne peut pas être une simple répétition de la vie de son prédécesseur. Mais Ténergie du Pape est si bien tempérée par la délicatesse et le tact que les modifications faites dans le personnel ou les usages du Vatican portent toutes Tempreinte de la justice.

Ainsi Léon Xin n'a pas voulu accorder les gratifications qu'on donnait habituellement aux gardes pontificaux à Tavénement du Pape. Il a dit à ce sujet que la chambre apostolique, oii l'on prenait les fonds, n'existant plus, le Saint-Siège vivant des aumônes des fidèles, il avait le devoir d'être parcimonieux ; mais cette parcimonie ne supprime que les largesses devenues, dans la situation actuelle de l'Église, un abus, et les économies augmenferont la part des pauvres et serviront à venir en aide aux employés qui n*ont pas prêté serment au royaume

d'Italie et qui continuent à émarger au Vatican. Mais c'est à tort qu'on a prêté au Saint-Père la pensée de licencier les troupes fidèles qui perpétuent dans l'intérieur du Vatican la tradition du dévouement à la souveraineté du t>ape. C'est aussi à tort que les feuilles révolutionnaires ont reproché à Léon XIII d'avoir provoqué, par des mesures trop sévères, la révolte d'une trentaine de gardes-suisses qui prétendaient recevoir une augmentation de solde et qu'il a fallu expulser du Vatican : la majorité de la garde a rendu hommage à ses intentions pleines de droiture.

Une autre réforme dont l'importance pratique n'échappera à personne vient d'être introduite dans la Chambre apostolique. Les clercs de la Chambre étaient chargés autrefois de ce qui concernait l'administration temporelle des États romains. Ils avaient, à ce point de vue, des fonctions tellement importantes que leur doyen arrivait ordinairement à la dignité de prince de l'Église ; mais, depuis 1870, leurs charges étaient purement nominales aussi bien que la charge des auditeurs de la Rote et d'autres prélats appartenant à différents collèges : les titulaires n'avaient plus d'occupation qui correspondît à la dignité de la prélature.

C'est pourquoi le Saint-Père a décidé que tous ces prélats en disponibilité seraient occupés dans les congrégations pontificales où le besoin de sujets se fait sentir. On obtiendra ainsi une plus prompte expédition des nombreuses affaires qui affluent à Rome de tous les points du. monde catholique, et en même temps le pres- 4ige de la prélature romaine sera rehaussé par les importants services qu'elle rendra à toute l'Église. C'est là

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