‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 116 sur 152 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

une grande et belle réforme que réclamait impérieusemeaf la prolongation de Tétat actuel de la papauté.

Un tel zèle pour les intérêts de FÉglise démontre, chez le nouveau pape, le désir d'utiHser toutes les aptitudes el toutes les énergies chrétiennes. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il n'y a rien de vrai dans les récits de quelques journaux au sujet de Tattilude peu favorable qu'ils lui attribuent à l'égard de l'illustre et vénérable Compag»ie de Jésus. Ce sont là des nouvelles à sensation qui ne peuvent tromper les catholiques. Léon XIII a été élevé chez les Pères Jésuites, instruit par eux ; il a pour ces religieux toute la reconnaissance et toute l'estime que leur vouent leurs anciens élèves, et il ne pouvait mieux leur témoigner ses véritables sentiments qu'en se faisant représenter par son frère l'abbé Pecci aux funérailles du P. Sechi. Nous savons, du reste, que le général de la Compagnie de Jésus a reçu de Sa Sainteté l'accueil le plus bienveillant et le plus honorable.

Comme il arrive au commencement de tout nouveau règne, de nombreux changements devaient- avoir lieu dans le personnel, mais le Saint-Père ne voulut les faire qu'après avoir étudié, s'être renseigné et rendu compte par lui-même. Il a prodigieusement travaillé pendant les huit jours qui ont suivi son élection, au point qu'il en fut malade et que ses réceptions durent être interrompues.

La nomination du secrétaire d*État l'a surtout préoccupé. Cette' charge a toujours été à la cour des papes

d*une grande importance; mais avant la spoliation, lorsque le Pontife romain était un souverain temporel, TÉglise n'étant troublée ni par les secousses révolution* naires, ni par les graves événements qui se sont succédé depuis bientôt un quart de siècle, il était plus aisé de remplir les fonctions dont la confiance de Léon XllI avait investi le cardinal Franchi. Aujourd'hui, malheureusement, les temps sont bien changés. La situation du Saint- Siège n'a jamais été aussi difficile; elle exige du secrétaire d'État une grande habitude des affaires, et Léon XHI ne pouvait faire un meilleur choix que celui qu'il avait fait.

Le cardinal Franchi avait toutes les qualités nécessaires pour être à la hauteur de sa tâche : érudition profonde, adresse diplomatique, beaucoup d'affabilité, lin abord smpathique, un caractère ferme, un coup d'œil perçant. Pendant les quelques mois qu'il remplit les fonctions difficiles de secrétaire d'État, il a montré tout ce qu'il valait. Il a rendu possible la démarche à Kissingen du nonce apostolique en Bavière, et la conférenceque celui-ci eut avec le prince de Bismarck. Quels services n'aurait-il pas rendus à l'Église si Dieu ne l'avait sitôt rappelé à lui 1 On peut dire qu*il a été victime de son devoir, puisque, dans la périlleuse saison , il n'a pas voulu abandonner son poste.

La haute charge laissée vacante par la mort du cardinal Franchi a été donnée à Téminentissime cardinal Nina.

Le nouveau secrétaire d'État du Saint-Siège était l'ami du cardinal Franchi. C'était le confident de ses pensées et de ses projets, en même temps que son conseiller

Page 1