‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 121 sur 152 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Le premier consistoire du.règne de Léon XIIL

Nous avons dit ce qu'a été Joachim Pecci comme délégué du Saint-Siège, comme nonce apostolique, comme archeyéque de Pérouse et comme camerlingue de la sainte Église; examinons maintenant les premiers actes de son pontificat.

La première réunion consistoriale a été tenue le 28 mars, avec toutes les formalités extérieures des anciens consistoires.

Ce jour-là, à dix heures, le Saint-Père, après avoir revêtu le grand pluvial de damas rouge et la mitre d'or, alla prendre place sur le trône et adressa aux éminentissimes cardinaux Tallocution suivante :

« Vénérables Frères,

« Lorsque, le mois dernier. Nous f&mes appelé, par vos suffrages, à prendre le gouvernement de l'Église universelle et à devenir sur la terre le Vicaire de Jésus- Christ, prince des pasteurs. Notre cœur s'est ému, Nous avons été rempli d'un trouble extrême et d'une grande crainte.

-« D' une part, en effet, Nous étions profondément effrayé par l'intime persuasion de Notre indignité et par la faiblesse de Nos forces inférieures à un tel fardeau; cette

faiblesse, d'ailleurs, était d'autant plus manifeste que Notre immortel prédécesseur Pie IX a laissé dans le monde un nom plus célèbre et plus glorieux.

« Cet iltastre conducteur du troupeau catholique, après avoir combattu d*an cœur invincible pour la vérité et la justice, après s'être donné comme modèle dans l'administration de la République chrétienne, a nonseulement glorifié le Siège apostolique par la splendeur de ses vertus, mais encore tellement rempli l'Église universelle d'amour et d'admiration pour lui, que, de même qu'il a surpassé tous les pontifes romains par la durée de son pontificat, ainsi il semble avoir recueilli plus que les autres d'amples témoignages de constante affection et de vénération. En outre, Nous étions vivement impressionné pdr la très-dure condition faite, en ces temps, presque partout, non-seulement à la société civile, mais aussi à l'Église catholique et surtout au Siège apostolique, qui, dépouillé par la force de la domination temporelle, esjt privé du libre et complet exercice de. son autorité.

a Quoique pour ces causes Nous fussions porté. Vénérables Frères, à refuser l'honneur qui nous était conféré, comment aurions-Nous pu cependant résister à la volonté divine si visiblement manifestée par l'expression de vos suffrages et par la sage sollicitude qui , s'inspirant uniquement des intérêts de l'Église catholique, vous a permis d'accomplir rapidement l'élection du souverain Pontife?

« Nous avons donc cru devoir accepter la mission qui Nous était offerte, et obéir à la volonté du Seigneur, plaçant en lui Notre confiance, et espérant qu'il récon-

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