‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 122 sur 152 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

fortera par sa vertu Notre humilité, lui qui nous a imposé la dignité.

a Maintenant, Vénérables Frères, que pour la première fois il Nous est donné dans ce lieu d'adresser à votre ordre Notre parole, Nous proclamerons solennellement, en votre présence, que rien ne sera plus sacré pour Nous, dans cette assemblée d'apostolique esclavage, que de faire tendre tous Nos soins, avec Taide de la grâce divine, vers la conservation inviolable du dépôt de la foi catholique et vers la garde fidèle du droit et des pouvoirs de TËglise et du Siège apostolique, et de pourvoir au salut de tous. Nous sommes disposé à ne Nous épargner aucune fatigue, à ne reculer devant aucun danger, et à ne rien tenter qui pût faire croire que la vie est ce que Nous avons de plus précieux.

« Pour accomplir cette partie de Notre ministère, Nous avons recours et Nous Nous confions à vos conseils et'ii votre sagesse; Notre vif désir est qu'ils ne nous fasseïit pas défaut, Nous vous en faisons la demande. Ce que Nous ne voulons pas, c'est que ce que Nous disons ici soit considéré comme une parole officieuse, mais bien comme une solennelle déclaration de Notre volonté. C'est pour cela que Nous Nous sommes souvenu de ce qui est raconté dans TËcriture sainte sur les commandements confiés par Dieu à Moïse. Celui-ci, épouvanté du grave fardeau de gouverner le peuple, réunit autour de lui soixante hommes choisis parmi les vieillards d'Israël, afin qu'ils partageas.(;ent avec lui ce fardeau, et lui rendissent moins lourd, par le secours de leurs conseils et de leur action, l'énorme charge du gouvernement de la nation israélite. Nous avons cet exemple sous les

yeux, Nous qui, sans l'avoir mérité, ayons été constitué le chef et lé pasteur de tout le peuple chrétien. Nous ne pouTons faire mieux que de demander votre aide et vos consolations, à vous qui occupez dans TËglise de Dieu le poste des soixante vieillards d'Israël.

« Nous savons, en outre, comme l'attestent les divins oraicles , que le salut daii être où il y a le plus de conseils. Nous savons, comme nous l'enseigne le Concile de Trente, ' que le chef de l'Église universelle trouve son appui dans le conseil des cardinaux ; Nous savons encore que saint Bernard appelle les cardinaux les collatéraux et les conseillers du Pontife romain. C'est pour cela que Nous qui avons eu l'honneur d*appartenir pendant vinft* cinq ans à votre collège, Nous montons sur ce siège, non-seulement avec l'âme pleine d'affection et de déférence pour vous, mais encore avec la ferme résolution de gouverner par vous, Nos compagnons et Nos coopérateurs dans Nos fatigues, comme autrefois Nous avons eu l'honneur de prendre part à ro6 travaux.

« Et maintenant, Vénérables Frères, il Nous est doux de partager avec vous les consolations que le Seigneur veut bien Nous accorder. Vous savez que Notre glorieux prédécesseur Pie IX, plein d'un zèle admirable pour le catholicisme, a décrété, d'après le vœu de tous ceux qui, parmi vous, appartiennent à la sainte congrégation de la Propagande, le rétablissement de la hiérarchie épis- Gopale dans l'illustre royaume d'Ecosse. C'est à Nous qu'il a laissé le soin de conduire à sa fin , avec l'aide de Dieu, cette œuvre qui est pour l'Église un nouvel honneur. Nous l'avons rétablie par Nos lettres apostoliques en date du 4 de ce mois.

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