‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 2 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Patrie de Léon XIII. — Son caractère*. — Sa famille. Ses armes.

Quand on suit la ligne de Rome à Naples, on remonte, après avoir quitté Montelanico, l'étroite vallée du torrent Fosso, au fond de laquelle se trouve Carpinetto, la patrie de Léon XIII.

Carpinetto est une petite ville de 4,000 à 5,000 habitants, assise sur un escarpotient de la chaîne des Apennins, au pied du mont Capreo. De loin on découvre, noircies par le temps, ses maisons de granit que dominent plusieurs clochers et les restes d'une vieille forteresse.

Le paysage, avec ses profondes forêts de hêtres, de chênes et de châtaigniars, est magnifique, bien que sauyage. '

Mais Fintcrieur de Carpinetto ne répond point à son aspect extérieur. Les rues sont tellement irrégulières et

tortueuses qu'elles font de la ville un véritable labyrinthe; elles sont en pente et se composent S'escalîers et de rampes superposés, formés de pierres comparables à des pointes de clou.

Les maisons, petites, basses et généralement trèssales, sont tellement agglomérées qtt*en certains endroits elles traversent la rue et obligent à passer sous des voûtes basses et obscures.

Au milieu de tant de misère, Thabitation seigneuriale de la famille Pecci se distingue par sa propreté, sa grandeur et son apparence soignée.

A l'intérieur, tout est d'une beauté sévère : un ma^ gnifique escalier conduit à des appartements spacieux, agréables, commodes, respirant la richesse plutôt que l'élégance, et le goût plutôt que le luxe.

L'appartement de Léon XIII est meublé avec une certaine recherche, mais sans confort. Dans l'antichambre, on remarque un portrait de Pie VI, peint à l'huile, et quelques estampes. Au salon, se trouvent les portraits de famille : celui du nouveau pape, en costume de car* dinal, attire immédiatement l'attention; la figure, un peu efféminée, est jeune, souriante et d'une beauté frappante. Son père est là en unifbrme de colonel français de la grande armée ad honorem, et sa mère, Anna Prosperi, a une belle et noble figure de patricienne.

Dans la chambre à coucher est un modeste lit de fer médiocrement garni^ à la tète duquel se trouve un crucifix en argent sur un fond rouge; à côté, on voit une petite chapelle de famille^ comme il y en a beaucoup dans les nobles maisons italieimeSi Le cardinal Pecci y a dit la messe pendant son séjour à Garpinetto. Au second

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