‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 61 sur 152 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qu'il leur a conquise, et s'efforceront de la conserver par l'honnêteté et par la pratique de toutes les vertus.

Mais si Jésus-Christ est d'une part le très-parfait exemplaire des pauvres, d'autre part, il ne laisse pas d'être un modèle également parfait pour les grands et pour les rois de la terre. Jésus-Christ est roi, et sa royauté, il la manifestait par l'empire absolu qu'il exerce sur la nature entière et sur les âmes de ses créatures raisonnables. La nature se soumet au moindre de ses signes, elle change, elle suspend le cours des lois invariables qui la gouvernent : les vents se taisent , les ondes se calment, les substances se multiplient; ces âmes, même les plus dures et les plus corrompues, sont subjuguées par sa parole , par le charme tout-puissant qui rayonne de ses yeux et de son visage.

Mais cette puissance royale qu'il possède pleinement, il s'en sert pour sauver les hommes, pour satisfaire leurs besoins, pour les guérir des nombreuses infirmités qui les affligent, pour les tirer, pour les affranchir du joug de Satan, pour les délivrer de la tyrannie plus dure et plus dangereuse des cupidités coupables qui les entraînent et des vices qui les souillent. Ah I nos bienaimés fils , qui nous donnera de voir tous ceux qui sont grands parmi leurs frères, tous ceux qui tiennent en main le sceptre et les rênes du pouvoir s'approcher de Jésus pour reproduire en eux son image et refaire leur vie sur la sienne I Nous pourrons alors voir refleurir dans la société, non pas seulement les grands saints, mais les rois illustres par leurs entreprises politiques, tels que Henri de Bavière, Etienne de Hongrie et Louis de France.

Jésus est père, non point dans le sens de la génération charnelle, mais dans le sens immensément plus élevé de la génération qui fait nattre à la vie de Tesprit. Or, y a-t-il œuvre plus grande et plus sublime que de transformer des gens grossiers en hommes renouvelés par Tesprit? Avec quelle ineffable sollicitude Jésus ne s'applique-t-il pas à élever et à changer en hommes doués d'un esprit nouveau ces disciples grossiers qu'il appelle autour de lui et qu'il prédestine à l'apostolat ! Gomme il condescent à leurs défauts , comme il sait soutenir leur faiblesse et les raffermir quand ils se montrent vacillants dans la foi I Et lorsqu'il est sur le point de se séparer d'eux matériellement et de retourner là d'où il est venu, avec quelle tendresse de paroles ne les recommande-t-il pas à son Père céleste qui est aussi le leurl

parents, si une étincelle de ce feu qui éclate dans le discours de Jésus, rapporté par l'évangéliste saint Jean', s'allumait dans votre sein, combien y gagneraient vos fils, et par eux, combien la société civile y gagne* rait aussi en progrès moral I

Jésus ne dépendait de personne, parce qu'il était Dieu; et pourtant il voulut se soumettre à sa vraie mère selon la chair et à son père adoptlf, pour enseigner aux enfants cette affectueuse soumission envers les auteurs de leurs jours, qui tiennent de Dieu et le nom de leur père et les droits de la paternité. Et si les jeunes gens regardaient cet exemplaire et l'imitaient avec soin, n'y aurait-il pas là un remède efficace à l'une des plus sanglantes plaies qui afDigent notre

' JOàNN., XVII.

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