CHAPITRE II
Premières études de Joachim Pecci. — Ses brillants succès au collège romain et à l'Académie des nobles ecclésiastiques.
En 1818, alors qu'il avait huit ans, Joachim Pecci fut mis en pension avec son frère atné Joseph chez les religieux de la Compagnie de Jésus, dans leur collège de Yiterbe. C'est là, que sous la direction du Père Léonard Garibaldi, homme d'une grande intelligence et d'une nature très-sympathique, il fit toutes ses études de grammaire et d'humanités jusqu'en 1824. Ayant perdu sa mère, cette année, il se rendit à Rome. Là, sous la garde d'un oncle, il s'établit au palais des marquis Muti. Au mois de novembre de la même année, il Commença à suivre les cours du collège romain, que le Pape Léon XII venait de confier de nouveau à la Compagnie de Jésus. Il y eut pour mattres les Pères Ferdinand Minimi et Joseph Bonvicini, tous les deux célèbres par leur éloquence et par leurs vertus.
Pendant trois ans, Joachim Pecci cultiva au collège romain les sciences philosophiques. Sous la direction du Père Jean-Baptiste Pianciani, savant illustre et neveu du pape Léon XII, et du Père André Carafa , mathématicien
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très-distingué, il obtint de remarquables succès dans l'étude de la physique et des mathématiques ; il résulte, en effet, du palmarès imprimé en 1828 qu'il remporta, «cette année, le premier prix de physique et de chimie^ et le premier accessit de mathématiques.
Après avoir terminé avec le plus grand succès le cours de philosophie, le jeune Pecci se sentit porté à servir Dieu et l'Église dans le ministère sacerdotal. Il avait, au surplus, des exemples parmi ses aïeux : on cite un Pecci qui fonda, dit-on, un ordre religieux en Espagne et qui fut canonisé. Il commença donc ses études ecclésiastiques. Pendant les quatre ans qu'il y consacra, il eut pour maîtres des hommes d'une grande renommée, tels que les Pères Jean Perrone, François Manera, Michel Zechinelli, Corneille Van Everbrock et le vénérable et savant exégète François-Xavier Patrizzi, qui, encore vivant et plus qu'octogénaire, a la consolation de voir son ancien disciple glorieusement élevé sur la chaire de Saint-Pierre.
Or, tandis qu'il étudiait la théologie, il fut prié, bien que très-jeune encore, de donner des répétitions de philosophie aux élèves du collège germanique; cette charge ne pouvait être conférée qu'à une personne d'une intelligence remarquable et d'un savoir éprouvé. Le jeune professeur s'en acquitta à la satisfaction générale, et le souvenir de ses leçons ne s'est pas encore effacé ^e l'esprit ()e ses disciples, comme le prouve une petitç