‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 96 sur 152 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Manifestations religieuses à l'occasion de l'ayénement de Léon XIII.

En apprenant l'élection du cardinal Pecci et la promptitude avec laquelle elle a été faite, tous les catholiques ont été pénétrés de reconnaissance pour le ciel et d'espérance dans la sagesse, la fermeté et le zèle apostolique du nouveau pontife. Toutes les églises de France ont retenti de cantiques d'actions de grâces. Partout on a voulu célébrer l'avènement glorieux de Léon XIII; où le temps manquait, l'ardeur suppléait, et des manifestations éclatantes et spontanées ont eu lieu dans la plupart des villes.

Paris, la ville du plaisir et de la libre pensée, qui a des foules pour le théâtre et pour les réunions publiques, avait brillamment illuminé sa vieille basilique.

A Nantes, à Tours, à Lille, au Mans, à Toulouse, à Ntmes, à Montpellier, à Poitiers, à Agen, les illuminations furent aussi magnifiques. A la clarté des feux de Bengale, au-dessus des guirlandes de lumière, on voyait flotter les drapeaux aux couleurs pontificales ; de loin, les portails des vieilles basiliques semblaient embrasés, et jusque dans les rues étroites où se retirent Touvrier,

le malheureux, démonstration moins grandiose, mais plus touchante, quelques. lumières éparses le long d'une étroite corniche y brillaient comme des étoiles.

Pour témoigner sa joie de l'élection pontificale, Roubaix voulut faire des heureux. On donne beaucoup, on donne de tout cœur dans ces villes du Nord ; le clergé fit circuler une liste de souscription, et, grâce aux sommes recueillies, on procura du pain aux enfants qui n'en avaient pas, on fit briller dans l'âtre une joyeuse flamme pour réchauffer les membres du vieillard grelottant ; bien des larmes furent essuyées, et ceux qui travaillent purent prendre le soir, au sein de la famille, une innocente récréation. Le riche partageant avec le pauvre semblait lui dire : Il faut comme moi que tu te réjouisses , puisque tu es comme moi le fils de TÉglise; et, se souvenant de sa dignité, celui que les besoins de la vie matérielle absorbent tous les jours, de Taube à la nuit, se souvenait aussi des principes et des devoirs que peut-être il avait oubliés. La manifestation à Roubaix a donc été une vérit^iible fête de la fraternité catholique dont elle a resserré les liens. Et chacun a senti la différence entre cette fraternité introduite dans le monde par le Christ et celle que prêchent d'obscurs et avares démagogues, qui ne cherchent dans la réalisation de leurs rêves chimériques que la satisfaction de leurs appétits.

Quelques échos venus jusqu'à nous des pays voisins nous ont appris que la joie a été plus grande en Belgique que partout ailleurs.

Les étudiants de l'université de Louvaîn, au nombre de treize cents, ont parcouru la ville faisant entendre des chants joyeux et criant : Vive le Papel Chacun d'eux

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