‹ Le pape Léon XIII: sa vie, son avénement, ses écritsChapitre 97 sur 152 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

portait au chapeau une cocarde aux couleurs pontificales; cent faliots et huit cents lanternes vénitiennes éclairaient la marche.

Le peuple de Naples a célébré l'élection de Léon XIII par une brillante illumination de toutes les maisons de la ville.

A Vienne, dès que fut connu l'heureux résultat du conclave, les princes et les princesses de la famille impériale, les ministres, les personnages les plus considérables présentèrent leurs félicitations au nonce apostolique.

Les journaux de la Pologne ont publié de nombreuses adresses au nouveau pontife. En prenant part à la joie commune, le peuple malheureux implore pour sa patrie la bénédiction apostolique et demande au Saint-Père sa protection pour l'Église catholique, toujours opprimée parmi eux.

En Espagne, le Sénat, la Chambre des députés ont acclamé Léon XIII avec une religieuse unanimité. Les villes de Madrid, de Barcelone, de Salamanque, de Valladolid, de Séville, de Grenade et de Valence ont célébré l'élection pontificale, comme il convient à la nation catholique, par des communions et d'éclatantes manifestations de sentiments religieux.

Les nations les moins respectueuses pour les droits de l'Église, l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre, etc., reconnaissent dans la prudence de Léon XIII, dans sa sagesse,* dans son esprit si éclairé, si attaché à TéterneUe tradition et aux éternels principes^ si intelligent des choses modernes, une grandeur morale devant laquelle elles s'incUaient.

L'élection du cardinal Pecci a donc eu la singulière

fortune d'être approuvée par tout le monde : les cléricaux et les libéraux déclarent à Tenvi qu'un meilleur choix était impossible.

Lorsqu'à côté de la tombe à peine fermée de Pie IX se faisait entendre tout à coup ce cri joyeux : Vive Léon XIIII que les fêtes partout succédaient au deuil, que les chants d'actions de grâces retentissaient sous les mêmes Toutes où venaient de s'éteindre les chants funèbres, est-ce le contraste et la vanité des choses humaines, l'oubli de ce qui passe, le salut à ceux qui arrivent, qui frappait le penseur? Non; mais ce qui l'étonné et le fait rêver, c'est l'Église puissante, inébranlable, certaine du triomphe et de la vie. Le catholique peut s'attrister de la mort du Pontife, mais il se réjouit en même temps de la perpétuité du souverain pontificat.

Si grand, si aimé, si vénéré que fût Pie IX, la papauté demeure la seule source véritable de cette grandeur, de cet amour et de cette vénération qu'elle lui avait donnés et qu'elle apporte à Léon XIII.

Entre la tombe d'hier et le trône d'aujourd'hui, deux pontifes se partagent notre filial respect; mais c'est la papauté qui se dresse devant nous, enveloppant dans la gloire de sa perpétuité Pie IX disparu et Léon XIII debout **..*.«

Celte allégresse universelle, ces acclamations enthotisiastei ont touché profondément l'âme de léon XUL II

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