VII. STABILITÉ ET FORGE DE l'ÉGLISE CATHOLIQUE
Voilà ce qu'ont fait de plus beau le schisme et l'hérésie dans nos temps modernes! Voilà ce qu'on oppose à notre grande Eglise catholique, qui s'avance majestueuse à travers les siècles, toujours fidèle à Jésus-Christ qui l'a enfantée sur le Calvaire, toujours combattue et toujours victorieuse, toujours calomniée et toujours pure, en butte à tous les traits de l'enfer, jusqu'au jour solennel et terrible où Dieu la recevra, grossie de toutes les nations, pour la faire entrer dans sa gloire. L'Homme de douleurs avait prédit à ses apôtres qu'ils seraient cruellement persécutés et que la haine aveuglerait leurs
ennemis jusqu'à leur faire voir une bonne œuvre dans cette guerre acharnée. Jamais prédiction ne s'est mieux accomplie : les plus calomniés des hommes et les plus détestés, aux siècles des martyrs, ont été les chrétiens, à une époque où la plupart étaient des saints et des héros; plus tard l'orage s'est reversé sur le sacerdoce catholique, le plus vénérable de l'univers, et notamment sur les souverains Pontifes, les plus augustes des monarques et les plus illustres bienfaiteurs du genre humain; aujourd'hui les plus saints mystères de la religion sont un objet de risée pour de misérables apostats, et cette guerre impie semble devoir se perpétuer. Que prouve tant d'injustice, sinon que l'enfer en est l'instigateur ? Où mènent toutes ces injures et toutes ces violences, si ce n'est à la confirmation de la vérité catholique? Après dix-huit siècles d'épreuves, l'édifice sacré n'apparaît que plus inébranlable, l'or fondu dans le creuset en sort plus pur et plus brillant.
L'Église romaine, au milieu de cette tourmente, a conservé intact le dépôt des vérités qui lui ont été confiées par son divin Maître. Elle porte solennellement à ses contradicteurs le défi de lui signaler la moindre altération. L'a-t-on jamais fait? Ne s'est-on pas toujours
borné à des injures et à des accusations générales? Elle a vu naître autour d'elle, et jusque dans son enceinte, mille erreurs, qui ont essayé de se glisser dans son symbole ; elle les a toutes repoussées. Le schisme et l'hérésie lui ont livré des assauts redoutables, ont employé tour à tour la ruse, et jusqu'à la force brutale, pour la rendre complice de leurs crimes ou responsable de leurs scandales ; ils lui ont ravi ses enfants par milliers, et les ont fait misérablement périr; ils ont démembré son empire , ils lui ont suscité des ennemis, ils auraient voulu ameuter contre elle tous les méchants. A quoi sont-ils parvenus? à prouver leur impuissance. La plupart des hérésies sont tombées à tel point, qu'à peine les érudits en savent les noms; celles qui subsistent encore se débattent vainement contre le doute qui les envahit, contre la division qui les tue, et contre la vérité, qui leur enlève ce qu'elles ont dans leurs débris de plus pur et de plus précieux.
Si les gouvernements temporels n'y mettaient pas obstacle, le retour de ces malheureux peuples sous la houlette du grand Pasteur ne se ferait pas longtemps attendre. Car la vérité n'a besoin que de la liberté pour se montrer et dissiper l'erreur, ainsi que la lumière en paraissant
dissipe les ténèbres. Mais qui détrompera les rois hérétiques et schismatiques ? Qui leur persuadera que le règne de Dieu doit passer avant tout, et qu'il y a profit, même temporel, à l'accepter avec confiance? Qui leur donnera le courage de s'élever au-dessus des calculs menteurs de la politique ? Car, hélas ! une des plus tristes erreurs de cette politique sans foi est de croire que le crime puisse être utile, et que Dieu puisse se laisser vaincre ou dépouiller par ime créature couronnée. On s'autorise de la patience et du silence de la justice éternelle, comme si elle devait être taxée d'impuissance, parce qu'elle ne frappe pas de la foudre le coupable en flagrant délit; mais ne sait-on pas qu'en différant sa vengeance, elle ne la rend que plus opportune et plus terrible ?
Ce ne sont pas des menaces que nous faisons.
A Dieu ne plaise ! Ce sont des regrets qui nous échappent. Il n'y a ni haine, ni malédiction dans ces paroles. Nous n'avons au cœur que des vœux et des espérances ; et nous espérons beaucoup.
La Papauté n'a jamais été plus puissante, elle n'a jamais eu d'admirateurs plus éclairés et de serviteurs plus dévoués. Elle n'a jamais eu d'ennemis plus insensés, mais, à côté d'eux, ja-
mais plus d'observateurs calmes et disposés à lui rendre justice. Elle n'a jamais brillé d'un éclat plus pur; elle n'a jamais été plus aimable. Que manque-t-il à Pie IX pour être le digne Vicaire de Jésus-Christ? La calomnie n'a pas de prise sur d'aussi saints et d'aussi généreux Pontifes.
CH.^ITRE III.