‹ Le pape, Rome et le mondeChapitre 30 sur 30 · IV. CONCLOSION · texte numérisé non relu

IV. CONCLOSION

Nous avons laissa de côté, autant que nous Tavons pu> les questions purement politiques, et nous n'avons parlé des pouvoirs humains que dans leur intime relation avec l'Église. Ce n'est pas que les affaires de l'Italie et de l'Europe ne nous semblent d'une très-haute importance , mais c'est que les intérêts de la religion dominent toujours ceux du monde; c'est qu'il est nécessaire de les mettre au-dessus de toutes les questions de parti et de nalionahté; c'est qu'il faut appeler l'attention des hommes, dont l'àme sait se mettre en garde contre les passions et les préjugés, sur cette Papauté divine qui est le Capitole de la religion et de la civilisation, quoi qu'en disent l'hérésie jalouse et la révolution impie. Nous adjurons tous les esprits éminents et tous les nobles cœurs de considérer que le plan providentiel de Dieu doit passer avant toutes les combinaisons de la politique, et que l'Eglise, avec son immortelle

' Propter electos brevi<^bunlnr dies illi. (Matth. xxiv, 22.)

constitution, est la partie culminante et principale de ce plan souverain. Nous adjurons ceux-là mêmes qui ne partagent pas entièrement notre foi d'examiner avec toute la maturité que mérite un fait de cette importance, combien sont lumineuses et invincibles les preuves qui établissent la royauté du Pontife romain, comme fondemeni de l'Eglise de Jésus-Christ, ainsi que l'ont reconnu Leibnitz et les plus illustres protestants, et ensuite combien le patrimoine de saint Pierre est nécessaire à ce même Pontife pour l'indépendance de sa puissance spirituelle. Quant aux prétendus abus qu'on signale dans ces modestes Etats, nous adjurons encore les hommes de bonne foi de se défier des rancunes et des antipathies sataniques, qui hurlent depuis dix-huit cents ans contre la religion et le sacerdoce ; une étude approfondie des faits, avec des renseignements plus sûrs, les convaincront bientôt que l'exagération seule a pu leur donner de l'importance.

Permettez-nous d'emprunter, en finissant, les belles paroles d'un orateur qui vient de traiter, dans la chaire de Notre Dame, une question analogue à celle sur laquelle nous écrivons : « La Papauté, ah ! ce n'est pas seulement la clef de voûte du monde social ; ce n'est pas seulement le plus fort boulevard qui protège l'ordre contre

Tanarchie, et la société contre la Révolution ; la Papauté, soutenue à travers les siècles par Tobéissance, le respect et l'amour des peuples chrétiens, c'est plus qu'un rempart qui nous défend et plus qu'un bouclier qui nous couvre : c'est comme un char qui nous porte, c'est le char triomphal qui porte avec nous-mêipes , depuis dix-neuf siècles., la civilisation et le progrès du monde chrétien.

« Aussi, je n'hésite pas à le dire très-haut, quiconque conspire contre la Papauté, conspire con» tre l'humanité même ; quiconque l'attaque vous attaque, vous qui voulez la société, l'ordre, la civilisation, le progrès^ et toute autorité sur la terre qui essaie de l'avilir ou de la déraciner, ne fait que se déraciner et s'avilir elle-même. Tout potentat, quel qu'il soit, roi ou empereur, qui osera abaisser pour se grandir lui-même cette haute majesté, sentira par des retours vengeurs les représailles des colères divines et des mépris humains retomber sur son front. Au contraire , toute puissance qui donnera à cette autorité, avec le bouclier de sa force et le dévouement de son cœur, l'honneur de ses respects et de son obéissance, sentira descendre sur elle, avec le prestige de la plus grande autorité, les bénédictions unies de la terre et du ciel. Fille dévouée et respectueuse de cette mère des nations chrétiennes, elle

mettra sa main filiale dans cette main maternelle, et eile marchera avec elle à l'agrandissement des âmes et au progrès des sociétés. > (R. P. Félix, Conf, sur le Progrès, 1859.)

Pour nous , enfants bénis de cette Eglise et spectateurs émus de ses luttes sans cesse renaissantes, nous lèverons nos mains vers le ciel, pour implorer le secours d'en haut sur ses défenseurs, et nous répéterons du fond de nos cœurs, avec l'amour le plus ardent et le plus inaltérable, ces paroles de Bossuet : « Sainte Église romaine, mère des églises et mèi'e de tous les fidèles, Église choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la même charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. Si je t'oublie. Eglise romaine, puissé-je m'oublier moi-même ! Que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche, si tu n'es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas au commencement de tous mes cantiques de réjouissance! w {Sur l'Unité.)

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