LES BREBIS TONDUES
Le destin, composé d'énigmes nécessaires,
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Pourquoi tant de détresse et de calamité?
Pourquoi le grondement du gouffre illimité?
Pourquoi le côté noir du dogme et de la bible? Parce que nous péchons. De là l'ombre terrible, El les religions toutes pleines d'enfers.
Tous les abtmes sont à notre marche oiïerts.
Terreur! dit Eleusis. Damnation! dît Rome.
De la bête de proie à la bête de somme, Du soldat au forçat, du serf à l'empereur, Tout est vengeance, effroi, haine, morsure, horreur. L'être créé n'a droit qu'à des destins funèbres; La menace lui tend le poing dans les ténèbres . Avance, c'est la nuit. Recule, c'est l'enfer. Homme, il est Prométhée; ange, il est Lucifer.
On construit nue égalise.
Que la façîide soit auguste, et qu'on y lise
Ce nom, Jéhovah, comme à. travers des éclairs ;
Que le clocher répande un hymne dans les airs
Et que son tremblement se communique aux âmes;
Et que le peuple sente, enfîuits, vieillards et femmes,
En regardant ce temple avec un saint frisson,
Qu'on a sur le seigneur mesuré la maison
Et la grandeur du lieu sur la grandeur de l'hôte;
Que la crypte soit vaste et que la nef soit haute;
Que l'homme entende là passer confusément
La faute et le pardon, divin chuchotement;
Que le saint-livre ouvert soit sur la sainte-table ;
Que l'évêque ait son trône et Jésus son étable ;
Que les prêtres, par qui vos torts sont expiés,
Aient une natte épaisse et tiède sous leurs pieds ;
Que l'âme croie, en l'ombre où flottent les saints-voiles.
Entrevoir une obscure éclosion d'étoiles
Comme au fond des forêts dans la vapeur des soirs;
Qu'on y sente osciller les vagues encensoirs;
Que l'autel, entouré d'un solennel murmure,
Ait la splendeur sinistre et sombre, d'une armure.
Car le céleste esprit combat l'esprit charnel,