UN ÉCHAFAUD. U
Ainsi vous maniez la mort sans la conoE^tre ! Vous êtes des méchants et des infortunés.
Dieu s'est réservé l'homme et vous le lui prenez. Vous n'avez pas construit et vous osez détruire ! O vivants ! vous n'avez d'autre droit que de dire ' - A cet homme qui seul sait ce qu'a fait son bras: Es-tu coupable? vis, sachant que tu mourras.
O vivants, le ciel sent on ne sait quelle honte Quand, vous regardant faire en votre ombre, il confronte , Le crime et l'échafaud, l'un de l'autre indignés. Vous saignez du côté du crime, et vous saignez Du côté de la loi, croyant faire équilibre Au meurtrier fatal par le meurtrier libre.
Donnant pour contrepoids au bandit le bourreau. Vous tirez, vous aussi, le trépas du fourreau ! Vous allez et venez dans l'obscur phénomène ! Dieu fait la mort divine et vous la mort humaine ! Sombre usurpation dont frémit le penseur.
Dieu vit; de l'infmi vous percez l'épeiisseur, Peuple, et vous lui changez son coupable en victime. Ua homme monstre est là; vous l'imitez. Un crime Est-il une raison d'un autre crime, hélas?
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FautHl, triâtes vivants qui devez être las.
L'homme ayant fut le mal, que la loi continue? .De quel droit roeLter-voos OM &me toute nue. Et fakes-vous subir à oeîte nucfité L'dGrayant face-àr-face avec ï*éternité?
Ce dépouillement brusque est interdit au juge. De quel droit changez-vous en écueil le refuge? L'homme est aveugle et Dieu par la main le conduit; Dieu noua a mis à tous sur la face la nuit; Il ne nous a point faits tran^arents ; il nous couvre D'uo suaire de chair et d'ombre qui s'entr'ouvre Quand il veut, au moment indiqué par lui seul ; Vivants, c'est à la mort que tombe le linceul ; Nous sonunes jusque-là des inconnus ; Dieu laisse Aux &mes un instant pour rêver, la vieillesse. Le droit k la fatigue*et le droit au remords; Malheur si nous faisons soudainement des morts ! Que l'obscur Dieu, toujours clément, toujours propice, Étant le fond du gouffre, ouvre le précipice, Il le peut, c'est en lui qu'on tombe, et, quel que soit Le rejeté, c'est Dieu pensif qui Te reçoit ; Mais, vivants, votre loi, qu'est-elle et que peut-elle?
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