MOULINS D ESTISSAC
Brest, en 1806, un sieur Anner (parent d’Honoré Anner-André, gendre et successeur de M™' veuve André), imprimeur-libraire et fabricant de papier. La papeterie était, on le voit, une profession familiale, et André n’avait pas dû arriver comme un débutant à Estissac.
M“' V" André-Anner continua le commerce de son mari. En 1810, la papeterie fonctionnait sous la raison sociale : Veuve André et C'. Il y avait alors deux roues, mais l’eau ne suffisait pas pour les faire tourner toutes deux en même temps ; elles actionnaient un cylindre à 25 maillets. Une cuve employait onze ouvriers. Le produit annuel, en papier de vingt espèces, était de 1300 à 1500 rames'.
Dès 1828, M'"' V"' André avait cédé sa papeterie d’Estissac à son gendre, M. Anner-André. Ce dernier, peu de temps après sa prise de possession, s’associa avec MM. Ferrand-Lamotte, papetier à Troyes, et Pain, banquier, habitant la même ville, pour l’exploitation de son usine ainsi que pour celle de l’autre papeterie d’Estissac, dite Papeterie du Bas.
La Société s’étant dissoute en 1857, M. Anner-André resta seul à la tête de son usine jusqu’à sa mort, qui arriva le 26 août 1869.
Né à Brest, en 1799, M. Honoré Anner était venu à Troyes où il avait épousé, le 8 août 1 82 3 , sa parente, M"' Prudence-Victoire André. Successivement président du Tribunal de Commerce et du Conseil des Prud’hommes, conseiller municipal de Troyes, il obtint en 1860, au concours régional qui eut lieu dans cette ville, une médaille d’argent pour les produits de la papeterie d’Estissac, tels que « papiers destinés à l’impression et, spécialement, pour son papier fabriqué avec le sparte d’Algérie remplaçant, dans la proportion de vingt-cinq à trente pour cent, la pulpe de chiflfon ' ».
En 1857, il avait obtenu l’autorisation de remplacer la chaudière de sa papeterie par une machine à vapeur de 15 chevaux’.
A la suite du décès de M. Anner, sa veuve et ses héritiers exploitèrent pendant quelque temps la papeterie, puis elle demeura en chômage jusqu’au 24 septembre 1874, date de son acquisition par M. et M'”' Edouard Decollogne û . M. Decollogne se spécialisa dans la fabrication du papier d’emballage. Ayant été déclaré en faillite, son usine fut mise en vente et adjugée, sur surenchère, en l’audience des criées du tribunal civil, le 16 octobre 1886, à M. Collin, de Troyes, moyennant 12000 francs. L’acquéreur constitua une société composée de quelques commerçants clients de la fabrique (MM. Hériot, Vouillemont et autres).
I. A. D., M 12 b d. Un questionnaire de la fin de 1811 accuse 28 maillets et un produit de 2500 rames de huit sortes de papier seulement, pour un même nombre d’ouvriers. Le commis est payé i 200 fr. par
an; les papetiers 2 fr., les femmes i fr. 50 par jour.