MOULIN DE MUSSY
en ce que l’écu du n° 1885 est placé en avant d’une crosse épiscopale, que les caractères de l’inscription sont de plus petite dimension que ceux du filigrane n° 1886, et que ce dernier, au lieu d’être en avant d’une crosse, est uniquement surmonté d’une fleur de lis.
M. Briquet a vu le n° 1885 sur du papier de 31X41 ; à Oudenbourg, daté de 1469; Leyde, de 1470; Morley (Meuse), de 1470; Bar-le-Duc, de 1470; (Marig ? Belgique), de 1470; Utrecht, 1471; Namur, 1471; Enghien, 1473. Il a rencontré le n° 1886 sur du papier de 30 x 39 : à Eecloo, 1471 ; Bar-le-Duc, 1472 et 1487; Bruges et Arras, 1473; Ancerville, 1475; Luxembourg, 1476; Çoblentz, 1478; Namur, 1478; Utrecht, 1480; Gondrecourt, 1484.
Quant à MM. Midoux et Matton, leurs filigranes n“ 301 et 302 représentent un écu reposant sur une crosse, mais le n° 301 porte un nom écrit en caractères gothiques et presque indéchiffrable (rien ne prouve du reste qu’il se rattache à la papeterie de Lile), tandis que le n” 302 est en tout semblable au n“ 1885 de M. Briquet. Ils les ont trouvés : le premier à l’Hôtel-Dieu de Laon et à Saint-Quentin, aux dates 1463 et 1469; le second à Laon, en 1473.
Afin d’offrir au lecteur un exemple du soin que M. Briquet apportait à son travail et des recherches qu’il n’hésitait pas à faire pour donner à sa documentation toute la précision désirable, nous croyons devoir reproduire ici la note qu’il a écrite à propos des filigranes en question.
« ...les deux types 1885 et 1886 sont au nom de Lile, qui est incontestablement un nom de lieu, malheureusement très abondant. Les localités portant ce nom, orthographié de manières différentes (L’Isle, L’Ille, Lile, Lille, Lisle), sont au nombre d une cinquantaine dans le Dictionmire des Postes de France, sans compter quatrevingt-dix autres suivis d’un qualificatif comme Lisle-en-Barrois et Lisle-en-Rigault. Duquel de ces Lile s’agit-il ? Vallet de Viriville, dans ses Notes pour servir à l’histoire du papier’, se prononce en faveur de Lille, chef-lieu du département du Nord, et s’exprime dans les termes suivants au sujet de ce filigrane qu’il a relevé, il ne dit pas où, aux environs de 1470 : « On y voit la fleur de lis servant de cimier à un écus- « son sur lequel est écrit le mot Lile. Cette orthographe a de quoi donner à réfléchir « quand il s agit du xv' siècle. Le nom de cette ville, en latin Insida, s’écrivait généra- « lement l’Isle. Lille est très moderne. Joignez à cela que le mot Iis se dit en anglais « lily, en allemand, lilie, et sans doute, en flamand du xv' siècle, lile, ou quelque chose « d approchant. Cependant, je me range volontiers sur ce point à l’opinion de « M. Sotheby ' qui a reconnu dans ce très curieux spécimen le symbole semi-héral-