FILIGRANES DE J.-B. PANNETIER
N" 17 (PI. XIII). Marque J. B. et une autre lettre semblant un V, mais sûrement erronée ou déformée et étant sans aucun doute un P, employée par Jean- Baptiste Pannetier. — N° 18 (PI. XIII). Contremarque de la précédente : Un dragon couronné et issant. — Le tout empreint dans la pâte d’un même papier, écrit en l’an II de la République par Pannetier’.
N° 19 (PI. XIII). Marque de Pannetier, empreinte dans la pâte d’un papier gris, écrit le 18 prairial an III et ayant pour contremarque une cloche K
MOULIN DE LA PAPETERIE
Jadis : Molendinwn Regis, — Moulin Le Roi, — Moulin des Trévois, — Moulin de la Liberté
Ce moulin est du nombre de ceux qui furent construits à la suite Je la dérivation de la Seine, sur les bras convergents vers la ville de Troyes.
Assis aux Hauts-Trévois, sur le canal intermédiaire prenant naissance à la Petite-Pointe, il se trouve environ à 1700 mètres en aval du déversoir de Saint- Julien’, et le seuil du vannage de décharge est à l’altitude de 107 m. 239.
Les comtes de Champagne avaient fait bâtir cette usine à leurs frais ; elle était
I. A. D., S 153, 1. 4. Chaumonnot, Étude sur la dérivation de Troyes,
2 et 3. A. D, L 590, S'-’ dossier. p. 64; Boutior, Histoire de Troyes, t. II, p. 85.
Lf. Papier de Troyes.
comprise dans leur domaine et en 1287 elle appartenait encore à la comtesse Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel Voici une mention à leur sujet :
« Item habet dominus duo molendina in Porta Via (les Prévois) cum octo magnis arpentis prati et cum uno fullone. Vendita fuerunt, ut in libro de memoriis, Lxvii Ib. X s. quolibet anno, et fînitur annus in Exaltacione Sancte Crucish »
Dès les premières années du xiv' siècle, ce moulin fut détaché des possessions de la Couronne et cédé à titre de domaine engagé à la famille de La Noé, moyennant une rente annuelle et perpétuelle de 60 livres, payable au roi à cause de son comté de Champagne L
En 1337, le moulin Le Roi appartenait à Marie de La Noë, femme de Guillaume de Besançon, écuyer, seigneur du hef de Besançon à Pont-sur-Seine L et de la terre et fief de La Grange-aux-Bourgeois, près Lachy-en-Brie. Il lui était échu en partage lors de la liquidation de la succession de son père Jacques de La Noë, faite entre elle, Jacquinot de La Noë, son frère, et ses autres frères et soeurs. Dans son lot se trouvaient également deux fours avec leurs « manoirs » (ou maisons d'habitation), dont l'un était situé aux Prévois et l'autre dans la rue des Perrasses.
Le 5 mars de cette année 1337, les époux Besançon vendirent à « Obert Podesch ' » (ou Podcsco) de Plaisance, chanoine de la cathédrale de Proyes, le moulin Le Roi et dix arpents de prés, « ung courtil et les eaux et conduits de la rivière » Aubert Podesch mourut peu de temps après cette acquisition, ne laissant aucun héritier connu dans le royaume « ou par deçà ». Les gens du roi mirent la main sur sa succession, mais ils la levèrent bientôt, le chapitre de la cathédrale s étant rendu acquéreur de tous les biens du défunt chanoine h
Au mois d’octobre 1342, le roi Philippe VI, en vertu de lettres jiatentcs de son prédécesseur Philippe V, datées du 22 janvier 1321 (n. st.), amortit les acquisitions du chapitre pour 30 livres : cependant, comme après estimation il fut bien reconnu que l'achat du moulin Le Roi avec ses dépendances, ainsi que celui d’un terrage sis à Ondlliers, appelé Morisc, chargé d’une rente au profit du roi et acquis de Pierre de La Forêt, ne représentait pas plus de 25 livres, les chanoines de Saint-