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Min. Vynot, not. à Troyes

6. On trouve ce nom orthographié ainsi, au lieu de Ruhr ; c’est un signe d’origine germanique, dénoncé par sa prononciation.

plaignent à l'intendant de Bourgogne de ce que, le hameau de Villeneuve aj-ant été réuni à la ville de Bar-sur-Seine, les assesseurs de la paroisse de Merrey les ont néanmoins cotés aux rôles des tailles et cotisations de cette dernière. Ils demandent à être portés aux rôles de Bar-sur-Seine

En 1759, Claude Boulard et Georges Ruhr possèdent conjointement, à Villeneuve, un moulin consistant en deux roues, l’une faisant aller le battoir et l’autre un cylindre pour affleurer le papier, pressoir et autres u.stensiles servant à la dite papeterie, estimée produire annuellement un revenu de 20ü livres, dont il convient de déduire un quart (soit jü livres) et un cens dû à MM. Grillard et Marey et à la veuve du sieur Bernard Ravelet, et pour lequel les propriétaires sont imposés à 21 livres 15 sous en argent et 2 rames de papier commun, estimées à raison de 40 sous chacune, soit 4 livres, au total 25 livres ij sous.

Les propriétaires n'ont pu représenter aucun titre concernant cette papeterie, ni justifier de son produit. Ils la possèdent de père en fils depuis un temps immémorial et la font valoir en commun. Le hameau ne se compose que d'une maison occupée par eux et par leurs domestiques h

Vers l’an 1770, la maison des sieurs Ruhr et Boulard fut détruite par un incendie; ils la firent rebâtir sur les fondements de l’ancienne. Ce malheur fut d’autant plus sensible que deux années auparavant leurs magasins avaient été déjà entièrement consumés. Ces deux accidents leur occasionnèrent de grandes pertes’.

En 1787, dans un procès relatif à une saisie de chiffons faite à Troyes, il est incidemment parlé du sieur Boulard, fabricant de papier à Bar-sur-Seine

En l’an II, Jean-Baptiste Boulard est dit « entrepreneur » de la papeterie de Villeneuve ’.

En 1811, la papeterie lui appartient. Elle emploie 25 ouvriers, hommes et femmes, payés au mois, logés, couchés, fournis de linge et jouissant chacun d’un petit jardin. Les hommes touchent 50 francs par mois, et les femmes 30 francs.

Le chiffon se tire des environs, jusqu’à dix m^-riamètres de distance ; s’il en manque, on en fait venir de Paris. On en consomme de 6ü à 65 myriagrammes. Les 50 kilos se vendent de 6 à 15 francs, selon les qualités. Il y a 20 maillets et un cylindre à la hollandaise, introduit depuis sept ans. Deux cuves en activité peuvent fournir chacune annuellement 2 500 rames de papier. On y fait dix espèces de papier : grand raisin, carre, écu, couronne, pot, cloche, cornet, le bâton, la tellière et le vélin. Pour cette dernière, on utilise une toile mécanique. Ces papiers

1. A. D., C 170, 1. de Bar-sur-Seine, Dijon, L.-X. Froncin, 1772,

3. Rouget, Recherches historiques sur la ville et le comté 5. A. D., L 591, 1.

Planche XXII

*Voir la planche LXV.

MOULINS DE VILLENEUVE

sont employés pour l’impression, l’écriture, les tentures et le dessin. Ils se vendent dans 1 arrondissement et en partie à Troyes, Châtillon-sur-Seine, Paris et Orléans.

Les prix sont en raison des formats et des dimensions demandés.

Les feutres sont tirés de Beauvais. Le collage se pratique en faisant cuire la colle et en y trempant le papier. La papeterie de Villeneuve ne fabrique que du papier ordinaire '.

En 1813, elle n’emploie plus que i6 ouvriers’.

De 1824 à 1832, M. Home, un anglais, est fabricant de papier à Bar-sur-Seine (sans doute comme locataire ou directeur de la papeterie),'.

En 1838. M. Boulard établit dans sa fabrique une excellente machine à papier continu 1

En 1872, M. Pinson fils entre comme directeur à la papeterie de Villeneuve; il devient l’associé de M. Boulard en 1873, et enfin, en 1887. il se rend acquéreur de 1 usine, où il fabrique du papier blanc pour l’Impression. M. Pinson possédant à Chappes une usine succursale de celle de Villeneuve, l’emploie à partir de 1883 à la préparation de pâte à papier.

Le I" avril 1918, l’usine de Villeneuve fut cédée par M. Paul Pinson à la Société des Papeteries de Villeneuve', laquelle fut absorbée en septembre 1920 par la Société des Papeteries Navarre, 12, rue de Noailles, à Lyon, qui l’exploite actuellement.

Les papiers fabriqués consistent principalement en surglacés pour tirages typographiques, lithographiques et similigravure. La production, de 3 000 tonnes par an, est en grande partie écoulée sur Paris.

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