‹ Le papierChapitre 33 sur 211 · Notariat de Troyes · texte numérisé non relu

Notariat de Troyes

LE PERSONNEL OUVRIER 6

mais une sorte de façonnier, comme on dirait de nos jours, un artisan travaillant chez lui pour un patron.

A Troyes, en l6oi, un ouvrier nommé Simon Le Cornu loua ses services pour six années à Jean Gouault, marchand papetier, « qui pouvait l’utiliser à ses autres affaires ». Il recevait 40 écus pour son salaire de six ans de travail. Le patron se chargeait de lui fournir « hôtel, lict, feu et vivres de bouche, tant en santé qu’en maladie » ; il devait, en outre, compléter son instruction professionnelle ’.

En 1649, la journée d’une papetière était de 4 sous. Cinq ans après, un ouvrier papetier et sa femme gagnaient 104 livres par an et étaient logés et nourris”.

D’après le Tableau du maximum du prix des journées d’ouvrier et du tarif des prix qui se payaient à Troyes en 1790, augmentés de moitié en sus en vertu de la loi du 29 septembre 1790, le travail aux pièces, pour la papeterie, était payé comme il suit :

Papier Carré, pour quatre ouvriers pour la main-d’œuvre, par individu, 4 sous 6 deniers ; Écu, 4 sous ; Couronne, 3 sous 9 deniers ; Cloche, 3 sous 9 deniers ; Papier ci-devant Bâton royal, 3 sous 9 deniers.

Les salleranes (ou sallerantes), femmes qui lavent et préparent les chiffons, recevaient 15 sous par jour.

Le triage des chiffons était payé à raison de 12 sous le cent pesant. Le collage entrait dans la main-d’œuvre du saleronage et triage du chiffon’.

A la papeterie des Trévois, à Troyes, en 1810-1811, les papetiers gagnaient 52 francs par mois, les papetières 25 francs; les femmes de journée 75 centimes par jour, les journaliers papetiers i fr. 50. Le travail aux pièces avait donc été abandonné. En 1821-1822, les ouvriers papetiers avaient 2 fr, 50 par jour.

MAUVAIS ESPRIT DES OUVRIERS LEURS LUTTES CONTRE LES PATRONS PERSISTANCE DE LEURS ASSOCIATIONS

Abel Hugo, qui écrivait vers 1825, dit en parlant des ouvriers papetiers de la Charente qu’ils forment une corporation peut-être la plus opiniâtre qu’il y ait en

France. Il peut arriver que les ouvriers des

Page 1