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LES FOIRES DE TROYES

Troyes semble avoir été, dès les premiers temps de sa fondation, un centre commercial.

On peut croire que la création de ses foires remonte à l’époque gallo- . romaine. Elles étaient déjà bien connues au v' siècle, puisque dans une lettre du

^ poète Sidoine Apollinaire à saint Loup, évêque de Troyes, datée de l’an 427, il est

parle dun contrat passé à Troyes et approuvé par un nommé Prudent, dont la signature figurait alors dans le rôle des foires (intra formula, u mmdinarum) à titre d’officier public.

I ^ L existence de ces foires a été constatée ensuite au x' ou au moins au xi' siècle. I G est alors qu elles commencèrent à acquérir leur grande réputation, due à la remar-

I quable administration des comtes de Champagne. Ces princes non seulement

■ accordaient aux marchands la franchise sur leurs domaines, mais ils leur donnaient

^ en^ outre la sécurité en les faisant escorter par des hommes d’armes chargés de les

, préserver, ainsi que leurs marchandises, contre les attaques des larrons de grands

chemins. Aussi les voyait-on affluer dans ces foires où un tribunal spécial réglementait de la manière la plus équitable leurs transactions et leur rendait bonne et prompte justice. Il en venait de tous côtés: d’Italie, d’Espagne, de Portugal, du Midi de la France, des Flandres et même des contrées du Nord les plus éloignées.

1. « (Pièce (?), orig. parch.). » — Remarquons que le total des quatre acquisitions donne 92 liv. et non ii5...Les comptes de cette époque offrent de fréquentes erreurs de calcul.

2. Sur les foires de Troyes, consulter : Des Marets (François), sieur de Pâlis, Mémoire chronologique des foires de Champagne et de Brie établies en la ville de Troyes; Troyes, Pierre Garnier, 1696. — Grosley, Éphémérides, édit. Patris-Debreuil, r® partie, ch. 7. —

Bourquelot, Études sur les Foires de Champagne; Mém. de l’Académie des Inscriptions, nouvelle série, IV et V, 1865. Lalore (l’abbé). Les Coutumes des foires de Champagne {Annuaire de FAube, 1888, 2' partie). — André (Francisque), Note sur le Mémoire adressé au Roi en par les habitants de Troyes (Bulletin historique du Comité des travaux hist. et scientif., 1890, P- 370- — Arch. mun., layette 13. — Arch. dép., C 1906; E 1094, liasses.

Ces foires avaient lieu Jeux fois par an, l’une le mardi après la quinzaine de la Nativité de saint Jean (24 juin), dite foire chaude, durant jusqu’à la fête de la Sainte Croix, en septembre, et l’autre, la foire froide, commençant le lendemain de la Toussaint (2 novembre) et finissant le lendemain de la Circoncision (2 janvier)

Outre les grandes foires de Troyes, il y en avait d’autres, connues sous le nom de foires de Champagne, qui se tenaient annuellement deux fois à Provins, une fois à Lagny-sur-Marne et une fois à Bar-sur-Aube.

Les Juifs, alors maîtres du commerce, attirés par l’appât d’un lucre considérable et de l’usure, vinrent aussi négocier aux foires de Troyes et s’établirent dans cette ville. Ils étaient cantonnés dans le quartier de la paroisse Saint-Frobert, appelé la fiiivcric.

Dès 1296, les foires de Champagne commencèrent à être moins fréquentées. On vit alors les marchands italiens émigrer à Lyon, dont les foires tendaient de plus en plus à s’approprier l’importance des marchés champenois.

Le départ des Juifs, e.xpulsés de France en 1306 par Philippe le Bel, et dont les biens furent saisis en 1314, exerça une influence néfaste sur la [irospérité des foires. Il est vrai que Louis X les rappela en 1315, mais bien c]u’ils fussent revenus à Troyes, leur existence demeura précaire : dans la crainte de nouvelles exactions, ils redoutèrent d’entreprendre les grandes spéculations dont ils avaient antérieurement, pour ainsi dire, le monopole. Enfin, ils durent partir à nouveau en 1395 pour ne rentrer officiellement en France que grâce à la Révolution de lybp-

En 1315, la guerre commencée contre le comte de Flandre, sous le règne de Philippe le Bel, fut continuée par Louis X, dit le Hutin, qui venait d’épouser Clémence Je Hongrie dans le château de Saint-Lyé, près Troyes, appartenant aux évêques de cette ville.

Cette guerre causa un préjudice considérable aux foires de Champagne, par suite de l’expulsion de tous les sujets du comte habitant en France, ainsi que par l’interdiction qui leur fut faite de venir y commercer, et aussi par l’ordonnance du roi défendant à tous ses sujets d’acheter des draps venant des Flandres, sous peine d’amende et de confiscation.

De plus, le roi établit sur les marchandises des droits qu’il aflerma à un courtier obligé d’en rendre compte.

Par cette loi, il ruina le commerce d’une de ses meilleures provinces : les Italiens, les Provençaux ne vinrent plus aux foires de Troyes; ils allèrent en Flandre et, pour ne point passer par la France, prirent la route d’Allemagne.

Il est vrai que les Allemands n’étaient pas exclus des foires de Champagne,

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