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I. Arch. dcp., C

LES TRANSFORMATIONS DU COMMERCE ET DE l’iNDUSTRIE A TROYES IO3

puisque dans l’ordonnance rendue le 6 août 1349, par Philippe VI de Valois, les compagnies de marchands allemands sont nommées parmi les sociétés étrangères admises à trafiquer à ces foires.

Bien que l’importance de ces dernières fût amoindrie, elles bénéficiaient cependant de leur ancienne renommée et elles étaient encore le rendez-vous général des négociants allemands, wallons, hollandais, espagnols et anglais.

Les Lombards adonnés à la banque remplacèrent les Juifs et même, appréciant l'étendue du commerce de Troyes, ils demandèrent en 1392, à Charles VI, l’autorisation de s’établir dans cette ville. Il leur fut donné satisfaction et trois Lombards de la cité d’Asti obtinrent des privilèges leur permettant de demeurer à Troyes pendant quinze ans pour y faire le commerce '. Pendant leur séjour dans cette ville, ils y instituèrent une maltôte appelée la Boîte-aux-Lombards.

La ville de Troyes devint ainsi une des plus importantes et des plus opulentes du royaume, ce qui fit naître le dicton: « Bourses de Troyes » et le répandit dans toute l’Europe.

Cependant, l’importance de nos foires allait toujours en décroissant; elles cessèrent même d’être tenues en 1418 et 1419. Les Anglo-Bourguignons étaient alors maîtres du pays que leurs soldats ravageaient, et les marchands étrangers, n’osant pas se risquer à transporter leurs marchandises, restaient chez eux ou allaient ailleurs, et les grands marchés n’étaient plus fréquentés.

C’est alors que, pour ne pas laisser le commerce s’anéantir et pour créer des ressources à l’Etat, le dauphin, comme lieutenant de son père, établit à Lyon, par lettres datées du 9 février 1420 (n. st.), deux foires par année, franches et quittes de droits pour tous marchands, denrées et marchandises. Cet établissement porta un préjudice considérable à la ville de Troyes, et il fut augmenté par l’octroi que fit Charles VII aux Lyonnais, en février 1454 (n. st), de nouvelles foires franches de chacune vingt jours, jouissant des mêmes droits que celles de Champagne.

Les Troyens protestèrent contre ces créations qui les ruinaient. Par l’organe de leur évêque, Jean Lesguisé, ils firent porter des remontrances au roi, qui confirma leur privilège de deux foires annuelles avec exemption de tout impôt pendant les dix premiers jours de chacune d’elles.

En 1484, les États du royaume, assemblés à Tours, déclarèrent que Lyon était pour les grands marchés un emplacement fâcheux. Abolis en i486, et transportés partie à Bourges et partie à Troyes, ces marchés furent rétablis peu après et, comme ils se tenaient en même temps que ceux de Troyes, il arriva que ces derniers ne furent guère fréquentés.

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