FILIGRANE EMPLOYÉ A LA PAPETERIE DE CHAPPES
N° I (PL VIII). Nous avons rencontré ce filigrane sur un papier provenant de l’étude de Châtel, notaire à Troyes, non daté, mais paraissant avoir été écrit vers léo6. Nous l’avons aussi trouvé aux Archives de l’Aube, sur un papier de la liasse B 1168, écrit en 1635.
Il se compose d’un entourage à enroulements, surmonté d’un trèfle (au lieu d’un quatrefeuilles) et renfermant un écu au chevron accompagné en chef de deux roses et en pointe d’une panelle ou autre feuille d'arbre. Au bas, sur un phylactère, le nom : chappes. — Les armoiries figurant sur l’écu sont probablement celles des Gumery, qui furent modifiées plus tard par les membres de cette famille, seigneurs de La Vacherie et Chemin, et se composèrent d’un chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d’une gerbe.
PAPETERIE DE CLAIRVAUX
Ha7neaii le Vilk-sous-Laferté, arrondissement et canton de Bar-sur-Aube
L’importante maison de détention régionale, désignée sous le nom de Clairvaux, était, avant la Révolution de 1789, le siège d’une puissante et célèbre abbaye cistercienne, fondée par saint Bernard en 1115.
Saisie par le gouvernement républicain, cette abbaye fut mise en vente le 15 janvier 1792. Le sieur Pierre Cauzon, architecte à Bar-sur-Aube ', s’en rendit acquéreur, moyennant le prix de 300 500 livres.
La propriété, telle qu’elle lui fut adjugée, consistait en plusieurs corps de bâtiments, cours, jardins, etc. ; en une pièce de terre située près des murs de clôture, appelée le Champ de la Côte sous la forêt, contenant quinze journaux ; en une pièce de pré au levant, contre les murs, et enfin en vingt pieds contre les murs, à partir de la rivière d’Aujon.
M. Cauzon, dès qu’il eut pris possession des bâtiments de l’abbaye, voulut y
I. En 1775, il prenait le titre d’ingénieur de Monseigneur le duc de Montmorency.
Le Papier de Troyes.
établir des manufactures, telles que filature de coton, verrerie, jiapieterie et autres. Cest ce qu'il expose aux administrateurs du département de l'Aube, dans une lettre datée du 19 décembre 1792, an 1“ de la République, par laquelle il demande l’enlèvement de l’orgue, de la bibliothèque et des objets réservés par l’État, qui l’encombraient
Pour l’exfiloitation de ces manufactures, M. Cauzon s’adjoignit des associés qui étaient, en l’an II, MM, Marlot, Mézière et Perrin.
Sur leur plainte que les retenues abusives d’eau, opérées par le meunier de Ville-soiLS-Laferté, empêchaient leur moulin à papier de tourner normalement, la municipalité de Clairvaux se transporta sur place et constata le mauvais procédé du meunier. L’affaire fut portée à la Commission des subsistances et approvisionnements de la Réfiublique. Celle-ci, le 17 ventôse an II (7 mars 1794), estimant que le jrapicr est un objet de première nécessité, qu’il faut encourager sa fabrication et écarter tous les obstacles qui pourraient s’opposer à ses progrès, prend fait et cause pour les manufacturiers et émet l’avis que le meunier, déjà condamné en première in.stance, le sera certainement encore en dernier ressort à Vitr)- b
La piapeterie de Clainaïux, dirigée par Nicolas Marlot, fonctionnait sous la raison sociale Marlot et C“. Le 24 pluviôse an II (12 février 1794), elle employait treize ouvriers deux cuves, et produisait 600 quintaux de papier, vendus dans la région. En l'an VI (1798), avec trois cuves, on y fabriquait les sortes de jrapier suivantes, aux prix indiqués :
Cloche d’écriture, 3 1, 10 s.; Bâton national, 5 1. : Couronne, é 1.; Écu, 8 1.; Grand raisin, 18 I.; Papier d’impression en carré, 8 1.; Grand raisin, lo I.; Écu d’impression, 7 L; Couronne d’impression, 5 1.*
Le 2 vendémiaire an VIII (24 septembre 1799), le sieur Cauzon et Marie- Anne Roger, son épouse, vendirent la plus grande partie de leur propriété de Clairvaux à M. Antoine-Pierre Rousseau, qui continua l’exploitation de la papeterie '.
En homme habile, M. Rousseau chercha tous les moyens d’augmenter l’importance et les bénéfices de son usine. Renouvelant les essais faits dans les environs de Montargis, à la lin du dernier siècle, par le D' Guettard, sur les matières susceptibles de rcmpilacer le chiffon de chanvre pour la confection du papier, le premier de tous il fit usage de la paille.
Le 13 germinal an XIII (3 avril 1805), lors du séjour que Napoléon, accompagné de l’Impératrice, fit à Troyes, M. Rousseau, propriétaire et directeur de la