MOULINS DU FAUBOURG SAINT-PÈRE OU DE LA PAPETERIE
Dès le xiv' siècle, il y avait un moulin à foulon au faubourg Saint-Père. Il appartenait au prieur de Viviers'.
Dès 1555, les seigneurs d’Essoyes en jouissaient en vertu d’un bail emphytéotique. Ils l’affermèrent en 1623 à Antoine de Lantages, écuyer, sieur de Fuligny, et à Louis de Chardenet, sieur de Crespy près Brienne, qui le sous-louèrent à Nicolas Collard, marchand à Essoyes. On y fabriquait certainement du papier en 164c), lorsque Pierre de Sommièvre donna cette usine à bail à Léger Courtillier, moyennant 80 livres payables de deux ans en deux ans, et 2 rames de papier.
Le 27 juillet 1655, François de Fleurette, prieur commendataire de Viviers, renouvela le bail consenti à Pierre de Sommièvre.
En 1669, le 26 octobre, Edme Favier, procureur fiscal à Essoyes, était amodiateur du moulin à papier du faubourg Saint-Père, appartenant à la famille de Sommièvre. A cette date, il prit en location de Nicolas Hué (ou Huez), représentant de F. Legendre, adjudicataire général des Aides de France, etc., au département de Troyes, le droit de marque, contrôle et visite de tous les papiers qu’il ferait faire et façonner pendant deux ans, moyennant 273 livres payables en quatre termes. Ce papier devait porter la marque d’Edme Favier, qui était un E‘.
En 1732, l’usine n’existait plus, car il est parlé dans un acte du notaire Lemoine de la papeterie « qui était ci-devant au-dessus d’Essoyes ».
Les successeurs des Sommièvre, tenus par le bail emphytéotique, firent reconstruire le moulin en 1776; il ne fut destiné qu’à la mouture des grains. Le nommé François Vincent, déjà meunier des autres moulins d’Essoyes, le prit à bail le 15 mai de la dite année et le sous-loua quelque temps après à François Mougin. Ce dernier abandonna le moulin en 1782 et il devint non seulement inutile, mais encore nuisible aux propriétés voisines qu’il inondait du trop-plein de ses eaux. Sa destruction devenant une nécessité, l’architecte Milony, de Troyes, fut chargé de faire un rapport à ce sujet ’.
Le moulin d’Essoyes devint propriété nationale à la Révolution, comme bien de mainmorte, et le 17 thermidor an II (4 août 1794), le directoire du district de Bar-sur-Seine rendit à son sujet l’arrêt suivant: «... En ce qui touche le moulin Saint-Père, il sera nommé deux experts, l’un par le Directoire et l’autre par le
1. Cant. d’Essoyes, arrond. de Bar-sur-Seine, ancien diocèse de Langres.