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MOULINS DES BORDES OU MOULINS COLLINET

Ces usines fonctionnaient probablement depuis un certain temps lorsqu’en 1232, Erard, seigneur de Chacenay, du consentement d’Emeline, son épouse, de ses enfants Hugues et Alix, et avec l’approbation d’Hugues, duc de Bourgogne, son suzerain, les vendit, avec des propriétés en dépendant et tous les droits de justice qu’il avait sur elles, à l’abbaye de Molesme, moyennant 700 livres de Provins et 20 livres pour le consentement de la dame Émeline ’.

Les moulins des Bordes relevèrent alors de la pitancerie du monastère; puis, dans la suite des temps, ayant été transférés en amont, ils prirent le nom de moulins Collinet, qu’ils empruntèrent certainement à l’un de leurs tenanciers, Collinet de Marson, qui les avait loués pour deux vies, antérieurement à l’année 1563.

En cette année 1563, ces moulins furent vendus par l’abbaye de Molesme et passèrent dans la seigneurie d’Essoyes, appartenant alors à la maison de Sommièvre.

Le 6 décembre de l’année 1617, Jean de Marson et Nicolas Champagne (ou Champeigne), devant entrer en jouissance du moulin à papier le i" janvier 1618, probablement comme locataires, s’engagèrent à livrer pendant un an à Sébastien Gouault, marchand papetier à Troyes, tout le papier qu’ils fabriqueraient ou feraient fabriquer dans le moulin d’Essoyes et à n’en pas fabriquer ou faire fabriquer

I. E. Socard, Chartes inédites de Molême, dans les p. 183 et 325, et l’abbé Lalore, Les Sires et les Baronsde

Mémoires de In Société académique de l'Aube, 1864, Chacenay, p. 64.

Le Papier de Troyes.

d’autre que pour lui, aux conditions suivantes : le fin et gros bon en petit carré du poids de 10 livres la rame, et en petit bâtard du poids de 12 livres la rame; l’omussier en commun et en petit bâtard du poids qui leur sera commandé par Gouault. Ce dernier devait fournir les feutres et formes nécessaires pour la fabrication du papier, à la condition qu’ils lui seraient rendus à l'expiration de la convention. Gouault devait payer le papier, amené à Troyes, 9 livres tournois pour chaque cent pesant de fin et gros bon, et pour le petit bâtard et l’omussier, 8 livres 10 sous tournois. Champagne, qui ne savait signer, s’engagea à faire ratifier ce marché par sa femme Jeanne Pajet'.

En 1620, les moulins Collinet sont loués à François Verpy, marchand à Barsur-Seine. Ils consistent, à cette époque, en deux moulins à blé, une huilerie, un foulon et un moulin à papier. Cette papeterie n’est pas comprise dans la location ; elle fiiit l’objet d’un bail à part, puisqu’elle est louée à vie aux de Marson. Elle rapporte alors au seigneur d’Essoyes 60 livres et 2 rames de papier h

Le 9 juin 1633, Nicolas Godin, marchand papetier à Essoyes, qui semble avoir remplacé Nicolas Champagne pour l’exploitation de la papeterie des moulins Collinet, conclut avec Sébastien Gouault, pour la durée d’un an, un marché analogue à celui qui avait été fait avec Champagne. Gouault s’engage encore à fournir les formes et 27 aunes de feutre : il lait à Godin une avance de 26 livres, remboursable à sa volonté. Godin, qui déclare ne savoir signer, élit domicile à Tr03'es, en la maison du sieur Debaire, hôtelier au faubourg Croncels, à l’enseigne de la Couronne \

En 1670, le 23 mars, Antoine Febvre, marchand papetier à Essoyes, s’engage à vendre à Denis Régnault, marchand libraire et imprimeur à Troyes, à raison de 20 sous la rame, le papier, appelé petit carré gros bon, qu'il fera pendant un an dans son moulin à papier d’Ess03’es ; sa marque est A F'.

Le 17 mai de la même année fi Febvre prend à lo3'er de Nicolas Hué (ou Huez), fondé de pouvoir de François Legendre, amodiateur général, le droit, marque et contrôle de tous les papiers qu’il fera faire et façonner au moulin Collinet d’Essoy'es, ensemble le droit de visite, durant cinq ans qui ont commencé le i" juillet de l’année 1669, m03’ennant la somme de loo livres payable en quatre termes.

En 1699, rabba3'e de Molesme rentra en possession des moulins Collinet; ils passèrent ensuite, en 17 3 1, à Jean Orceau de Fontette ; ce dernier les céda en 1770, avec la seigneurie d'E,sso3’es, au duc de La Vrillière, qui les rétrocéda au roi h

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