PAPIERS VELOUTÉS OU ROUÉS
Les papiers veloutés sont obtenus en faisant adhérer de la laine en poudre sur le papier enduit d’huile siccative. Ils présentent des effets très variés, suivant qu’ils sont glacés, brossés ou frappés sur carton.
Plusieurs couleurs peuvent être mises successivement sur le même fond qui peut aussi recevoir des dorures; on arrive ainsi, à des effets très riches imitant les étoffes et les broderies en couleur. C’est ainsi que sur un même rouleau de papier on peut appliquer jusqu’à soixante laines différentes.
On peut arriver aussi à produire des tons différents en inclinant la laine dont on saupoudre le papier tantôt dans un sens, tantôt dans un autre.
Pour cela, on passe légèrement une brosse sur la poudre de laine quand elle n’est pas encore bien adhérente.
Il faut que le mordant ordinaire ne soit pas complètement sec, sans quoi on ne pourrait pas coucher les filaments secs et courts de la laine. Il ne faut pas non plus que l’opération se fasse trop tôt, sans quoi la laine se détacherait. Après cette première couche, on en applique une deuxième en inclinant dans un autre sens.
Si au lieu d’incliner tous les filaments d’une même couche dans une même direction, on n’en incline qu’une partie, on obtiendra deux nuances, à savoir une nuance claire dans la partie inclinée et un effet mat dans celle qui est restée droite. Ces effets peuvent être excessivement variés.
Pour les papiers à reflets métalliques, dorés ou argentés, l’impression se fait de la même manière, mais la couleur employée est composée d’une façon spéciale.
30 i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
On fait usage d’un vernis siccatif à l’huile de lin que l’on imprime et que l’on saupoudre de poudre d’or. Cette poudre se fixe seulement sur les parties imprimées et se détache facilement de celles qui ne le sont pas.
Pour les impressions plus fines, plus luxueuses, on emploie de for en feuilles. Les papiers une fois dorés, on donne du brillant à la partie métallique en les faisant passer dans une machine à cylindrer.
Le meilleur collage pour la dorure est un mélange de colle de peau de lapin et de colle de peau blanche. Pour le préparer, on fait dissoudre 125 grammes de cette colle dans 1 litre d’eau chaude. La dissolution étant complète après plusieurs heures, on la fait bouillir à petit feu pendant une demi-heure.
Les proportions à employer pour les deux premières couches à étendre sur le papier sont les suivantes : 250 centimètres cubes de colle de peau de lapin pour 500 centimètres cubes d’eau blanche ou encollage et 125 centimètres cubes d’eau claire, le tout chauffé ensemble et mêlé avec la couleur qui doit former le fond ou assiette.
Pour étendre ce mélange, on emploie souvent des pinceaux plats en poil de sanglier. On a soin de couvrir toutes les places et de donner trois couches de colle assez limpide. A la dernière couche, on ajoute 250 centimètres cubes d’eau.
Le papier étant ainsi collé, on l’étend sur des cordes; quand il est sec, on le met sous presse. L’or dit fort s’applique généralement sur du papier grand raisin vélin bien collé. 11 se fait double du format de l'or mince et sert à gaufrer.
Pour appliquer l’or sur le papier, la feuille cYassiette ayant été pressée et brossée, on l’étend sur un marbre bien uni, et disposé en pupitre; on la mouille ensuite des deux côtés à l’aide d’une brosse douce avec une dissolution comprenant 250 centimètres cubes de colle de parchemin additionnée de 2 litres 1/2 d’eau chaude bien pure.
Lorsque la feuille de papier couverte d’or est sèche, on procède au brunissage. Pour cette opération, on étend la feuille sur une planche bien unie en poirier sec et sans gerçures, puis on la lisse à l’aide d’un brunissoir. Lorsque l’or est trop sec et dur, on facilite l’action du brunissoir au moyen d’un tam pon en drap fin frotté de cire vierge.
Quant au gaufrage des papiers dorés ou argentés, on l’exécute à l’aide de laminoirs dont un des cylindres est gravé, tandis que l’autre est recouvert d’une bande de cuir.