IMPRESSION
L’impression des couleurs sur le papier se fait à la main où à la machine.
Dans le premier cas l’imprimeur emploie des planches en bois sur lesquelles sont gravées en relief les dessins qu’il s’agit de reproduire.
L’imprimeur se place en face d’une table au-dessus et derrière laquelle se trouve une traverse horizontale portée par deux montants verticaux fixés au plafond de l’atelier.
Le papier est étalé sur la table et fixé par une baguette placée à la droite de l’ouvrier. Un châssis qui se trouve près de lui, a son fond garni d’une bande de drap sur laquelle la couleur est étalée par un apprenti. L’ouvrier imprimeur s’assure que la couche de couleur a été bien répartie sur le drap, puis y applique la planche dont les saillies se chargent de couleur; enfin il la pose sur le papier.
Lorsque le dessin comporte plusieurs couleurs variées, on doit les imprimer successivement en laissant bien sécher la feuille entre chaque application. On voit donc que l’impression à la main exige beaucoup de soins et d’habileté de la part de l’ouvrier.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Dans l’impression mécanique on emploie des machines mues à la main ou par la vapeur.
Cette impression au rouleau est due à Zuber qui l’a introduite à Mulhouse en 1827. Cet industriel a de plus imaginé l’auge à compartiments remplis de couleurs parfaitement dégradées qui permettent d’exécuter les teintes droites ou courbes, fondues insensiblement les unes dans les autres et que l’on obtenait seulement auparavant par l’application successive de couleurs au pinceau ou de teintes plates superposées.
Dès 1840, Zuber arrivait à imprimer au rouleau et pour ainsi dire au sortir des cuves de fabrication, des papiers recouverts sur les deux faces d’un dessin microscopique en encre jdélébile qui furent à cet époque très employés pour les papiers de sûreté.
Fig. 137.
Quoiqu’il en soit ces machines comprennent des cylindres tournant autour d’un axe horizontal de façon à entraîner entre eux la feuille de papier. L'un de ces cylindres MM, figure 137, porte à sa surface des dessins en relief; c’est le rouleau imprimeur. L’autre, garni de molleton, sert à appuyer la feuille de papier sur le rouleau imprimeur. Ce dernier est à chaque instant chargé de couleur par un drap sans fin NN mis en mouvement par les rouleaux 00 et passant dans le réservoir à couleur Q.
Si le dessin que l’on veut reproduire sur le papier comprend six couleurs, la machine aura six paires de rouleaux qui imprimeront chacune une couleur séparée.
Le réglage de la machine ou rentrure estime opération difficile. Elle consiste à disposer tous les rouleaux de façon que chacun d’eux vienne bien déposer la couleur à la place fixée à l’avance. Ce réglage est assez long.
L’ensemble d'une de ces machines est représenté figures 138, 139, 140, 141.
MM est le bâti de la machine. N est le cylindre dépréssion garni de molleton sur lequel passe le papier O après avoir été imprimé.
P est le rouleau gravé qui reçoit la couleur dont est chargé un drap sans fin Q tendu par les rouleaux m, n , o. Il plonge dans la couleur que contient l'auge R.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Ce rouleau imprime la couleur sur le papier au fur et à mesure de son passage sous le cylindre N.
Le papier est placé dans une auge S d’où il se développe successivement pour passer sur une table inclinée T et de là sur une planche mobile p dont la position est réglée par une vis q. Au sortir de la machine, le papier est reçu par deux rouleaux rr attachés à un levier U destiné à presser le cylindre N sur le rouleau gravé P.
L’un des rouleaux de tension m repose par son tourillon sur un montant Y muni de crans, au moyen desquels on peut le lever ou l’abaisser afin d’opérer une tension plus ou moins forte du drap sans fin. Une planchette r réglée par une vis s contribue à augmenter cette tension.
W est un châssis portant une série de brosses 1 1 qui, en appuyant contre le papier y tracent des rayures. Les deux bras uu formant les montants du châssis sont fourchus par le bas et embrassent des vis à oreilles vv destinées à les faire appuyer fortement contre le bâtis. On peut ainsi monter ou baisser à volonté ce châssis.
Z est un levier coudé portant le rouleau O. Son extrémité entaillée de crans, s’appuie sur le bord de l’auge R et permet de faire plonger le drap sans fin plus ou moins profondément dans la couleur.
Le mouvement est donné au mécanisme par une manivelle A montée sur un arbre B portant une roue dentée G qui engrène avec la roue D, laquelle fait tourner le rouleau n et par conséquent le drap sans fin. Cette roue D commande une troisième roue dentée E fixée sur l’arbre du cylindre gravé P.
Le même système d’engrenage se répète de l’autre côté de la machine.
Nous donnons figures 142, 143, 144, 145, 14G une machine plus récente destinée également à l’impression des papiers peints.
Le papier rassemblé sous forme d’un rouleau m est guidé par les rouleaux, n, o, p, avant de passer sur un rouleau feutré, q puis de là sur le rouleau imprimeur r.
La couleur est placée dans le réservoir s, et le papier passe sur le rouleau t tandis que la couleur se trouve également distribuée sur sa surface.
X Courtier
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Le papier en quittant le rouleau m passe successivement, en dessous et en dessus des rouleaux n et o, puis entre les cylindres p et q, et de là sur le rouleau t. Au moyen du cylindre feutré q, la couleur est répartie sur le papier tandis que les brosses mobiles è't les brosses fixes II, kk, la distribuent également.
Les figures 143, 144 représentent les dispositions adoptées pour donner le mouvement aux brosses. Le papier vient s’enrouler sur le cylindre t qui est conduit par une commande directe. Les roues d’angle b b mènent deux manivelles auxquelles sont reliés les porte-brosses qui reçoivent ainsi un mouvement
alternatif. Ces brosses sont montées de manière à pouvoir tourner autour du cylindre, et à une distance maintenue constante, de manière à agir sur toute la surface du papier également tendu sur le cylindre. De là le papier passe sur les cylindres séclieurs et enrouleurs.
Pendant l’opération, le papier est placé à la main sur le rouleau guide c, et, aussitôt que l’un des tasseaux de la chaîne inclinée entraîne l’une des barres de bois placées dans la caisse d, le papier est posé sur cette barre et se trouve entraîné par la chaîne. Arrivée au sommet du plan incliné, la barre passe avec le papier sur une chaîne à peu près horizontale à mouvement lent, qui s’avance de
15 centimètres environ pendant le temps nécessaire à l’ascension d'une barre sur la chaîne inclinée. Il s'ensuit que le papier pend en festons.
Le papier passe ensuite dans l’appareil lamineur de la figure 145 où les barres tombent dans la caisse p et de là il se rend entre deux cylindres, e, fx jusqu’au dernier cylindre où il s’enroule aussi rapidement qu’il se déroule sur le premier cylindre avant l’impression.
La figure 147 représente une machine toute récente à imprimer les papiers peints avec vingt-quatre couleurs, pour grands dessins.
Au centre se trouve un gros cylindre qui à l’aide d’un grand engrenage donne le mouvement à 24 petits pignons conduisant eux-mêmes les 24 rouleaux
imprimeurs qui sont gravés. On voit facilement à l’aspect de la figure comment ces rouleaux sont alimentés de couleurs par des feutres venant eux-mêmes prendre ces couleers dans les auges qui les renferment. La pièce de papier, en se déroulant passe entre les rouleaux gravés et le cylindre qui sert de table, puis elle est pliée mécaniquement et portée sur des baguettes d’un séchoir automobile.
Pour l’impression de papiers rayés on emploie souvent le procédé dit au tire-ligne .
Le réservoir à couleur, dans ce cas, est une boîte triangulaire A, figure 148, percée suivant une de ses arêtes d’autant de trous qu’il doit y avoir de raies. La boîte, dont la longueur est égale à la largeur du papier, contient d’ailleurs
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
des compartiments remplis de différentes couleurs, et repose par son arête percée de trous sur une table ayant environ 10 mètres de longueur.
Supposons qu’entre cette arête et la table nous fassions glisser la feuille de
papier, chaque trou laissera de la couleur et toutes les raies] seront imprimées à la fois sur la largeur
h É Le rouleau de papier à imprimer est disposé en R, à l’extrémité de la table
et derrière la boîte. Dès que son extrémité a été engagée sous la boîte on la saisit, et suivant sa largeur entre deux baguettes de bois C qui forment pince et auxquelles est attachée une corde m qui passe sur une poulie de renvoi située à
l’autre extrémité de la table. Tl est évident qu’en enroulant cette corde sur le cylindre que fait mouvoir la manivelle D, on fera progresser la feuille de papier qui se déroulera au fur et à mesure.