ALFA
L’alfa désigné souvent sous le nom de sparte (. stipa . tenacissima , Ampelodasmos tenax) est connu en Espagne sous le nom A’Atocha , nom qui s’applique à la plante vivante, tandis que les feuilles, partie de la plante mise en œuvre par l’industrie s’appelle esparto , d’où vient le mot espartero (ouvrier en sparte).
Cette plante de la famille des graminées peut atteindre une hauteur de 1 mètre. Elle se présente en touffes chevelues portées par une souche vivace qui dépasse à peine le niveau du sol. Les tiges sont grêles, articulées séparément sur la souche. Elles sont plates, longues, très étroites, dures et prennent la forme cylindrique du jonc vers l’époque de la maturité.
Les principaux lieux de production de l’alfa sont : l'Espagne, l’Attique et le nord de l’Afrique. Les terrains siliceux ferrugineux et secs, les moins propres à la culture en général, lui conviennent parfaitement.
Une culture régulière améliore les conditions de qualité et de quantité des feuilles; mais abandonnée à elle-même la plante ne meurt pas.
La souche vivace sur laquelle des feuilles mûres sont restées n’en produit pas moins de nouvelles feuilles, et il n’est pas rare de rencontrer sur la même souche des pousses de trois années successives. Cultivée ou non, cette plante par sa vigoureuse constitution doit être classée au rang des végétaux auxquels l’industrie peut demander une matière première d’une récolte assurée.
En Algérie et notamment dans la province d’Oran, l’alfa alterne avec le palmier nain, le lentisque, l’asphodèle et la scille sur tous les sols qui n’ont pas été défrichés.
Lorsque le sol est à base calcaire, c’est le palmier nain et l’asphodèle qui dominent. Sur les terrains pierreux, dans lesquels la silice et le fer remplacent l’alumine et la chaux, l’alfa croît en touffes pressées, vigoureuses depuis la plaine jusqu’aux crêtes, à l’exclusion toutefois des points culminants des chaînes de montagnes.
On estime que la moitié des Hauts-Plateaux, soit environ 5 millions d’hectares est peuplée exclusivement en alfa.
Un arrêté du gouverneur général de l’Algérie, pris le 14 décembre 1888, a réglé les conditions de l’exploitation de la vente et de l’exportation de l’alfa.
D’après cet arrêté, la cueillette de l’alfa et toutes les opérations relatives à l'achat de ce textile sont soumises à une période d’interdiction dont la durée est fixée à quatre mois. Pour le Tell, cette période d’interdiction dure du
16 janvier au 16 mai. Pour les Hauts-Plateaux elle commence le 1er mars et prend fin le 1er juillet.
L’industrie actuelle utilise l’alfa pour le tissage, la sparterie et surtout pour la fabrication du papier.
Dans le département d’Oran qui fait le commerce le plus considérable de ce textile, sur 378.850 tonnes exportées pendant la période de 1881 à 1885, 9.000 tonnes étaient destinées à la sparterie, 4.000 tonnes au lissage et 365.850 tonnes à la fabrication du papier.
Les prix moyens au mois de février 1886 étaient de 8 à 10 francs les 100 kilogrammes rendus à quai en balles pressées pour l’alfa de sparterie et de 8 à 10 francs pour l’alfa de tissage et de sparterie.
La valeur brute de l’alfa sur pied est très faible, et la presque totalité du prix représente les salaires de la récolte de la manipulation et du transport.
Les tableaux suivants donnent les chiffres d’exportation pour la période 1882-1887 :