‹ Le PapierChapitre 12 sur 178 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

France . . .

Angleterre. . .

Espagne. . . .

Portugal. . . .

Belgique. . . .

Autres pays . .

tonnes

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Totaux . .

En Tunisie on ne trouve l’alfa que dans la région méridionale, au sud d’une ligne qui, partant de Guelaàt es 'Senam sur la frontière d’Algérie, passe par Tala, Shiba, l’Oued el Hathob, le Djebel Trozza, pour se diriger ensuite ver .s le sud en suivant le bord de la vaste plaine qui s’étend de Kairouan à Gabès.

E N C Y C 1 0 P E I) I E G H I Al I Q U E

Au sud des Choit, l’alfa existe dans le Djebel Tebaga en quantité assez considérable pour donner lieu à une exploitation régulière et sur les pentes méridionales des montagnes.

Dans la partie centrale de la Tunisie, cette plante croît par touffes isolées aux Ouled Aoun et aux Ouled Aïar dans la forêt de la Kessera, dans la région de l’Ousselet, au Djebel Kliordj, dans les environs de la Sebklia Sidi El Hanï et dans la forêt de Cliebba.

Au nord on trouve l’alfa dans les montagnes de l’Enfida, au sud de Zaghouan, dans les massifs du Djouggar et de Bon Arada. Il est assez abondant dans les environs de Teboursouk, mais assez rare dans la région du Ivef.

Au nord de la Medjerda l’alfa pousse par touffes isolées sur le sommet des montagnes élevées, mais la quantité est trop faible pour donner lieu à. une exploitation.

La contrée la plus riche en alfa se trouve au sud de la forêt de Fériana et dans les environs de Sbéïthla. 11 y couvre toute la surface du sol et les touffes sont serrées les unes contre les autres. Il ,est là dans sa véritable station à 800 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. L’alfa de Fériana est le plus estimé sur le marché de Sfax à cause de sa longueur, et s’y vend à cause de cela, 3 francs de plus les 100 kilogrammes.

L’étendue des terrains producteurs d’alfa est en Tunisie d’environ 1.500.000 hectares, dont la production ne peut pas être évaluée à moins de 300.000 tonnes. Une partie est consommée en Tunisie par les indigènes qui se servent de l’alfa pour la nourriture de leurs bestiaux et pour couvrir leurs habitations. Mais il reste disponible pour l’exportation environ les quatre cinquièmes de la production totale.

L’exploitation de cette plan le est libre et pratiquée par les indigènes qui l’apportent sur les marchés et dans les ports d’embarquement. Tous les transports d’alfa se font encore aujourd’hui à dos de chameau et quelquefois

de mulet.

Par suite de la liberté d’exploitation, les indigènes récoltent l’alfa en toute saison. La cueillette se ralentit cependant à l’époque des labours et de la moisson. Ces deux époques ne coïncident pas toujours avec la période la plus active de la végétation de l’alfa, pendant laquelle la récolte est la plus considérable de l’année.

L’alfa entre en sève vers le milieu de février ou dans le courant de mars, suivant l’altitude. La végétation commence par les feuilles anciennes. Les feuilles nouvelles sortent de leurs gaines; elles sont d’abord d’un vert clair, courtes, tendres, puis se durcissent en grandissant et arrivent à leur développement complet dans le courant de l’été. Elles restent sur pied toute l’année sans subir d’altération. A la fin de l’hiver suivant, elles s’infléchissent, commencent à se décomposer par leur extrémité, sèchent et tombent lorsque la décomposition est plus avancée.

A l’état sauvage, une touffe d’alfa se présente avec des feuilles desséchées sur pied, des feuilles parvenues à maturité et encore pleines de verdeur, enfin, de jeunes pousses tendres non encore enroulées sur elles-mêmes.

En considérant la plante dans cet état, on pourrait admettre que la récolte

peut être faite en tout temps, attendu qu’à une époque quelconque de l’année, il y a sur la touffe des brins convenables pour la papeterie.

L’arrachement de l'alfa, quand l’exploitation a lieu au printemps, apporte un trouble considérable dans sa végétation. La touffe éprouve des ébranlements qui disloquent les rhyzomes et déchirent les gaines gonflées de scve. Les feuilles prennent moins de longueur et les rhyzomes ainsi déchirés sont perdus pour la reproduction. C’est pour ce motif que l’exploitation de l'alfa est interdite en Algérie pendant toute la période active de sa végétation.

Mais si l’alfa est soumis à une exploitation raisonnée et régulière, les choses changent. Si l’on a pris, comme en Espagne, le soin d’arracher tous les brins secs morts sur pied, si l’on a récolté tous les brins parvenus à maturité, si on n'a laissé que les jeunes pousses, alors la plante est en pleine culture et la récolte devient annuelle; elle doit se faire à époque fixe.

Au point de vue de la papeterie, l’analyse chimique éclaire la question. La feuille mûre a fixé dans ses éléments constitutifs, de la silice et du fer très difficilement attaquables par les agents chimiques. La cuisson, le blanchiment, la conversion en fibres ne peuvent être obtenus qu’au détriment de la quantité et de la qualité de la pâte.

La feuille, verte encore, quoique arrivée à son complet développement, est plus facile à cuire. Les fibres se désagrègent sous l’influence d’agents moins énergiques; la silice et le fer qui fixent les matières colorantes jaune et rouge dans la fibre s’éliminent, pour ainsi dire, en même temps que la gomme-résine qui soude les fibres entre elles. Les collets analogues aux nœuds de la paille des céréales sont encore assez tendres pour ne pas exiger que la cuisson ait été trop prolongée et par conséquent compromettante pour les feuilles.

On doit donc conclure que la récolte doit être faite en vert, mais aussi près que possible de la maturité sans attendre cette dernière. La feuille, en effet, lorsqu’elle est trop verte produit des fibres translucides, et par suite, un papier analogue au papier dit végétal; d’autre part, le déchet est d’autant plus grand

que la feuille est moins mûre.

La cueillette de l’alfa doit être faite à la main. La faucille doit être absolument bannie; elle laisse sur la touffe des tronçons de feuilles qui obstruent les collets reproducteurs et compromet ainsi les récoltes suivantes.

L ouvrier tient à la main gauche un bâton de 2 à 3 centimètres de diamètre et de 40 centimètres de long. De la main droite, il saisit une poignée dalla, il l’enroule sur son bâton par un tour de main, il tire en même temps sur le bâton de la main gauche et sur la poignée de feuilles qu’il n’a pas quittée de la main droite; toutes les feuilles se détachent ensemble de la souche par le collet articulé. La main droite porte cette poignée sous le bras gauche; les deux mains sont libres. L ouvrier fait ainsi deux, trois ou quatre poignées suivant sa force, et celles-ci réunies sous le bras, constituent une manada qui est liée immédiatement par l’ouvrier lui-même. Les bo ti lions sont disposés sur place pour le séchage qui s’effectue en une huitaine de jours.

En pratique, on peut compter qu’un bon ouvrier peut récolter 100 kilogrammes d alla vert par journée de travail, ce qui correspond à 60 kilogrammes d’alfa sec.

28 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Les botillons desséchés dans les champs sont réunis en bottes, puis transportés au port d’embarquement.

Le volume de l’alfa dans cet état est considérable et il forme ainsi une marchandise fort encombrante pour les navires, bien que sa densité réelle soit assez élevée. Pour remédier à cet inconvénient, on soumet souvent l’alfa avant son embarquement à une forte pression.

On peut établir ainsi le prix de revient approximatif de l’alfa récolté, puis transporté d’Afrique au port du Havre, par exemple :

FRANCS

Piécolte à raison de 60 kilogrammes d’alfa sec par jour de travail

payée 2 francs, soit pour 100 kilogrammes . 3,30

Séchage sur le champ et transport à la route . . 0,75

Transport de la route au port . 1,00

Pressage et mise en halles cerclées a 4.000 kilogrammes par

jour et par presse . 0,50

Cercles en feuillards . . . 1,50

Transport des presses au navires . 0,30

Main-d’œuvre. Loyer. Entretien du matériel . . . . 0,50

Fret du port d’embarquement au port d’arrivée . 4,50

Assurance maritime . . . 0,30

Bénéfice et intérêt du capital . . 1,35

Coût des 100 kilogrammes d’alfa au Havre . 14,00

Une autre graminée, le sparte croît surtout dans les terrains sablonneux. Elle ne présente pas les qualités de l’alfa et n’est pas susceptible d’être affectée aux mêmes usages.

Les habitants du sud de la Tunisie qui désignent l’alfa sous le nom berbère d’Ari, réservent le nom d’alfa pour le sparte dont le nom véritable est sennagh et que l’on nomme quelquefois alfa mahboula.

La presque totalité de l’alfa produite en Tunisie est exportée en Angleterre. La France n’en achète chaque année qu’une très faible quantité.

Le prix de l’alfa en Angleterre est actuellement d’environ 13 à 14 francs les 100 kilogrammes; on voit que dans ces conditions l’exploitation ne peut être avantageuse, aussi le commerce de cette matière première traverse-t-il en ce moment une crise fâcheuse.

Quant aux opérations que l’on doit faire subir à l’alfa pour le transformer en papier, nous nous en occuperons spécialement lorsque nous traiterons de la fabrication.

AMASOiMA IMGITATA

On peut employer utilement les fibres du Baobab ( adansonia digitata) à la fabrication du papier. On obtient d’abord, par une sorte de teillage, l’écorce intérieure, qui est ensuite mise à sécher, puis désagrégée dans un mécanisme à rouleaux, de façon à enlever la plus grande partie de la gomme et de la sève.

La fibre produite par ce traitement est ensuite purifiée par des lavages à leau, puis soumise à l’action d’une solution alcaline, et finalement blanchie à l’hypochlorite de chaux.

On emploie ces libres dans la fabrication du papier, soit seules, soit mélangées avec d’autres matières.

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