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ESSAIS DES KAOLINS ET DES ARGILES

Les kaolins sont des argiles pures qui proviennent de la décomposition du feldspath à base de potasse (silicate double d’alumine et de potasse KO Al2036Si02). Ces feldspath, sous l’influence prolongée de l’eau, se dédoublent en silicate de potasse soluble, en silice et en silicate d’alumine.

Les argiles ordinaires contiennent, outre la silice et l’alumine, de petites quantités d’oxydes de fer ou de manganèse ainsi que delà chaux et des alcalis; elles sont aussi mélangées souvent avec du sable ou du calcaire.

En général, le kaolin employé dans la fabrication du papier doit être débarrassé des grains de sable qu’il renferme; on y parvient par des lavages succès-

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

sifs. On peut ainsi déterminer la quantité de silice pulvérulente contenue dans un échantillon, mais il est aussi très souvent utile de connaître les proportions des autres matières qu’il renferme, notamment l’alumine et le fer.

On commence par prendre environ 4 grammes de l’argile à essayer que l’on dessèche à 120 degrés. La différence de poids indique l’humidité contenue; le résidu pesé est traité par l’acide sulfurique, puis par l’acide chlorhydrique, et la liqueur est étendue d’eau de façon à former 300 centimètres cubes. On en forme trois parts de 100 centimètres cubes chacune.

Sur 100 centimètres cubes, on dose par l’ammoniaque l’alumine et le sesquioxyde de fer réunis. Dans le liquide filtré, on précipite la chaux par l'oxalate d’ammoniaque, puis la magnésie par le phosphate de soude.

Dans une seconde part de 100 centimètres cubes, on dose le fer total par notre méthode de dosage du fer basée sur l’emploi des sulfocyanures alcalins, puis en retranchant le poids du sesquioxyde correspondant du poids total trouvé plus haut comprenant ce dernier avec l’alumine, on a la proportion d’alumine contenue.

Une troisième part de 100 centimètres cubes est additionnée de baryte caustique. La liqueur filtrée est traitée par le carbonate d’ammoniaque, filtrée à nouveau, puis évaporée à sec. Le résidu est calciné et repris ensuite par l’eau distillée après une nouvelle addition de carbonate d’ammoniaque, enfin séché, calciné et pesé. On a la somme des chlorures alcalins dans lesquels on dose le chlore par notre méthode aux sulfocyanures. On en déduit le poids du potassium et du sodium renfermé dans l’échantillon.

Enfin 1 gramme de matière est désagrégé par 5 grammes de carbonate de potasse mélangé de carbonate de soude, dans un creuset de platine chauffé d’abord avec précaution, puis ensuite très fortement.

Après une heure de fusion, lorsque la masse est tranquille, on retire le creuset et on le laisse refroidir rapidement. La masse fondue, réunie en culot, se détache facilement; on la fait digérer pendant environ une demi-heure dans 100 centimètres cubes d’eau, puis on ajoute par petites portions de l’acide chlorhydrique en excès; le creuset est retiré et lavé.

L’évaporation se fait ensuite au bain-marie jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs acides. On humecte alors la masse refroidie avec de l’acide chlorhydrique, puis on chauffe pendant une heure au bain-marie, on étend d’eau bouillante, on décante et l’on filtre. On obtient ainsi un dépôt de silice, qui est repris à deux ou trois reprises par une ou deux gouttes d’acide chlorhydrique chaud, puis lavé, séché et calciné, on a ainsi la silice totale.

On reprend alors 1 gramme d’argile, que l’on additionne d’acide sulfurique concentré et que l’on chauffe ainsi à 230 degrés, pendant environ douze heures, dans une petite capsule de platine. La matière est ensuite diluée, filtrée, et le précipité est lavé, puis traité sur le filtre par une dissolution presque bouillante de carbonate de soude renfermant une petite quantité de soude caustique, jusqu’à ce que le liquide filtré ne précipite plus par le chlorhydrate d’ammoniaque.

Le résidu est enfin lavé, séché et calciné; il représente le quartz et le sable

feldspathique. On le pèse, puis on le désagrège parle carbonate alcalin mixte, de potasse et soude, et l’on dose la silice et l’ensemble de l’alumine et du sesquioxyde de fer. On a ainsi la silice renfermée à l’état de feldspath. Ce qui reste de silice insoluble constitue le quartz. En retranchant de la silice totale le quartz, on obtient la silice argileuse.

Nous donnons ci-après quelques compositions de kaolins, à titre de renseignement :

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