MATIERES COLORANTES
Les matières colorantes employées dans l’industrie du papier peuvent se diviser en trois grandes classes :
1* Les matières colorantes d’origine végétale ou animale;
2° Les matières colorantes d’origine minérale;
3° Les matières colorantes artificielles.
Dans la première catégorie, les principales sont :
Couleurs violettes et noires .
Campêche (tige de l’hematoxylon campecliianum).
Orseille (lichens des genres rocella, lecanora).
Garance (racine du rubia tinctorum).
Couleur bleue.
Indigo (feuille des indigofera).
Couleur verte.
Yert de Chine (feuille d’une variété de nerpruns).
Couleurs jaunes et brunes.
Quercitron (écorce du chêne quercitron).
Graine de Perse (baies desséchées de divers nerpruns).
Fustet (partie ligneuse du rhus cotinus).
Bois jaune (bois du morus tinctoria).
Gaude (tiges du réséda luteola).
Cachou (extrait des tiges de l’acacia catéchu).
Rocou (chair des fruits du bixa orellana).
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Couleurs rouges.
Bois de Brésil (cœsalpina crista).
Santal (plerocarpus santalinus).
Garance (racine do rubia tinctorium).
Couleur rouge d'origine animale.
Cochenille.
En général les bois de teinture sont vendus à l’état râpé ou effilé. Les fraudes se reconnaissent en prenant la densité des échantillons. Généralement le bois colorant, qui est plus dense, tombe au fond de l’eau.
Ces matières colorantes ont la propriété de se combiner avec la plupart des oxydes métalliques. C’est sur cette propriété qu’est fondée la préparation des laques qui sont des combinaisons insolubles des différentes matières colorantes avec l’alumine, l’oxyde d’étain, etc.
Une même matière colorante donne naissance, avec les différents oxydes, à des colorations diverses. Ainsi la garance donne, avec l’alumine, des roses ou des rouges, avec l’oxyde de fer des violets ou des noirs, avec le mélange des deux oxydes des bruns, etc. Ces laques servent surtout dans l’impression des papiers peints.
Cette propriété permet aussi, dans beaucoup de cas, de se procurer les matières colorantes à l’état de pureté. Pour cela, l’extrait, obtenu en épuisant par l’eau la substance contenant le principe coloré, est agité avec de l’oxyde de plomb; cet oxyde s’unit à la matière colorante en formant un composé insoluble dans l’eau, par suite facile à laver et à séparer des substances étrangères. En traitant par l'acide sulfhydrique le produit insoluble, on donne naissance à du sulfure de plomb; en même temps, on réduit généralement la matière colorante qui, par évaporation, pourra être séparée, mais à d’état incolore; seulement, sous l’influence de l’oxygène ou des corps oxydants, elle reproduira la substance tinctoriale.
Essai des principes colorants des lichens. — On fait macérer 100 grammes de lichen avec une lessive étendue de soude. En répétant deux fois ce traitement on enlève au lichen tous ses principes colorants. On ajoute ensuite à la solution une liqueur titrée d’hypochlorite de soude. Par l’addition de l’hypochlorite, il se produit une coloration rouge qui disparaît après une ou deux minutes.
Une nouvelle addition d’hypochlorite produit une nouvelle coloration, et ainsi de suite, tant que la liqueur renferme des principes colorants. On titre l’hypochlorite de soude avec de Porcine pure.