FABRICATION DU PAPIER ORDINAIRE DE CHIFFONS
Le papier se fabrique aujourd’hui comme il y a vingt-cinq ans*; certains perfectionnements de détail sont venus, il est vrai, rendre plus économiques divers points de la fabrication, mais en réalité aucune matière nouvelle n’a été ni proposée, ni employée depuis de nombreuses années. Les fabrications spéciales basées sur l’emploi des pâtes de bois et de paille se sont beaucoup développées, mais les opérations ordinaires de la papeterie sont toujours les mômes.
La préparation des chiffons se fait de la même manière; on lessive, on blanchit à peu de chose près toujours de la môme façon, la machine a fait peu de progrès, le rendement n’a pas augmenté, le papier n’est ni plus beau, ni meilleur, ni mieux collé, et cependant, dit Barreswill, on peut affirmer qu’une véritable révolution s’est accomplie dans l’art de fabriquer le papier.
Ce qui était l’exception est devenu la règle. Aujourd’hui les chiffons sont partout récoltés avec soin, triés et délissés avec attention. L’époussetage, le lessivage et le blanchiment se font partout méthodiquement, et comme le pratiquaient seuls il y a quelques années un petit nombre de fabricants.
Dans toutes les manufactures, on est au courant des difficultés de collage, on connaît les procédés de coloration; dans toutes on sait employer le kaolin et le sulfate de chaux.
Aujourd’hui les fabricants sont persuadés que l’avenir de la papeterie réside dans ces deux faits : diminuer les frais généraux, augmenter la production.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
Tous cherchent à éviter les chômages, presque tous font intervenir la vapeur dans la fabrication. Tous comprennent que, pour faire de bon papier à bon marché, il faut non seulement tirer des matières premières le meilleur parti possible, mais aussi faire produire beaucoup aux machines, et pour cela s outiller de façon à fabriquer beaucoup de pâte.
Le chiffon est aujourd’hui encore la hase fondamentale de l’industrie du papier, aussi commencerons-nous cette étude par la description des opérations que l’on doit faire subir à cette matière première pour opérer sa transformation en papier.
On peut classer ainsi ces diverses opérations :
1° Triage ;
2° Délissage, coupage
3° Blutage;
4° Lavage et lessivage;
3° Effilochage, défilage
6° Égouttage, pressage;
7° Blanchiment;
8° Composition des pâtes;
9° Affinage ou raffinage;
1C° Collage;
11° Coloration;
12° Travail spécial de la machine;
13° Apprêtage du papier, coupage, glaçage, satinage, réglage, etc.