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LAVAGE

On a pendant longtemps, après leur passage au blutoir, exposé les chiffons dans des caves où on les arrosait de temps à autre. Leur température s’élevait progressivement, et dans leur masse se développait une sorte de fermentation due au pourrissage et qui durait trois semaines.

Cette pratique avait pour but d’agir sur les fibres des tissus et de disposer les chiffons à mieux se diviser par la suite; mais cette fermentation, lorsqu’elle n’était pas modérée à temps, avait l’inconvénient d’altérer la pâte et de rendre le papier moins nerveux.

On remplace aujourd’hui cette opération par un lessivage méthodique. Mais auparavant, dans beaucoup de cas, on commence [par soumettre les chiffons à un lavage énergique.

Les procédés de lavage sont au nombre de quatre :

lu Le lavage au châssis;

2° Le lavage aux tambours laveurs;

3° Le lavage à l’intérieur d'un tambour;

4° Le lavage par plan incliné.

Le premier système a l’inconvénient de produire un très grand déchet.

Le second procédé, généralement employé, donne peu de déchet, mais il n’est pas praticable avec les succédanés. Le tambour laveur, qui sert dans ce cas, .est une sorte de blutoir plongé dans l’eau, ou encore une grande pile eu bois dont le cylindre est garni d’une vingtaine de lames en bois.

Dans ce lavage, les chiffons se dépouillent d’une partie de leur crasse et des matières étrangères qui avaient échappé au blutage.

L’eau qui arrive sous pression à la partie inférieure du tambour détermine une grande agitation qui contribue à maintenir les chiffons constamment en

ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE

suspension. Les impuretés sont entraînées par l’eau qui s’écoule à la partie supérieure en passant au travers cl’une toile métallique qui s’oppose aux pertes de filaments qui pourraient se produire par entraînement. Cette opération, très simple, est aussi très utile en ce sens qu’elle rend plus facile le lessivage qui va suivre.

Le troisième procédé nécessite l’emploi d’un tambour tournant que recouvre une toile métallique. Ce tambour est en partie plongé dans l’eau; il reçoit les matières à son intérieur par charges successives, et peut être également appliqué au lavage des pâtes. Nous aurons à y revenir un peu plus loin.

La toile de ce tambour s’use assez rapidement, et en outre s’oblitère assez facilement, ce qui rend son nettoyage très difficile.

Le quatrième procédé qui utilise le plan incliné est le plus simple, le moins dispendieux, et donne très peu de déchets.

Dans ce dernier cas on établit une grande pile pouvant contenir environ 1.000 kilogrammes de matière; à l’intérieur se trouve une roue à augets qui élève la matière au niveau supérieur d’un châssis incliné à 45 degrés; elle le parcourt avant de circuler dans la pile. Cet appareil, ainsi que les précédents, peut s’appliquer également au lavage des pâtes, comme nous le verrons bientôt.

Enfin, nous dirons quelques mots d’un laveur perfectionné dû. à Ralph et qui a pour objet d’assurer un nettoyage plus rapide des chiffons en exécutant, si l’on veut, en même temps, le lavage et le lessivage.

L’appareil consiste en une cage cylindrique dont la paroi extérieure est formée, soit par une plaque perforée, soit par une toile métallique soutenue par des montants verticaux. A l’intérieur, cette cage est pourvue de côtes verticales dirigées de la circonférence vers le centre, montées sur un arbre vertical et formant ainsi des palettes auxquelles on peut imprimer un rapide mouvement de rotation.

Ce mouvement a pour elfet de précipiter l’eau au milieu des chiffons qui sont ainsi rapidement agités.

La cage est placée dans une caisse de forme circulaire munie d'un couvercle. Dans un espace annulaire laissé libre autour d’elle, on peut faire passer un jet de vapeur qui amène le liquide à l’ébullition.

Au fond de la caisse extérieure et sous la cage se trouve une dépression qui reçoit les sédiments abandonnés par les chiffons. La force centrifuge produit du dedans au dehors de la cage un fort courant qui entraîne les ordures et les impuretés sans que les chiffons ou fibres puissent s’échapper.

L’opération se conduit de la façon suivante :

La caisse est d’abord à peu près complètement remplie d’eau, puis on charge les chiffons dans la cage et l’on place celle-ci dans la caisse. Le jet de vapeur amène le liquide à l’ébullition, puis on met l’agitateur en mouvement. Une grande partie des impuretés ne tardent pas à se dissoudre, et le dépôt formé à la partie inférieure de la caisse peut être extrait sous forme de limon.

On remplit ensuite la caisse à nouveau d’eau pure que l’on fait bouillir, puis on ajoute les alcalis. On peut alors procéder au lessivage.

Une machine pouvant laver à la fois 250 kilogrammes de chiffons doit avoir

une cage de 2 mètres de diamètre sur environ 1 mètre de profondeur, de façon à contenir 3.000 litres de liquide.

Pour les papiers fins, il est nécessaire de laver les chiffons à l’eau chaude, et s'il est possible après avoir enlevé la poussière. Cette opération se fait mieux dans des cylindres laveurs qui doivent être fixés au-dessus des cuves afin de permettre de les vider dans ces dernières.

A défaut d’une telle disposition, on peut en créer une semblable dans la chaudière même, qui permettrait alors de laver à l'avance les chiffons en adaptant quatre robinets à passoires de 100 millimètres environ à la périphérie de l’espace intermédiaire des tamis, et par lesquels coulerait par intervalle l’eau chargée d’impuretés pendant le brassage.

Afin d’empêcher les éclaboussures d'eau sale dans l’atelier, on se sert d’un écran assez élevé en bois, ou en fer-blanc, muni d’une rigole.

L’effet de ce lavage est de rendre les chiffons plus propres, leur cuisson est ensuite de beaucoup accélérée, en outre ils sont moins réfractaires à l’action du chlorure de chaux. Mais, dans tous les cas, il est bon d’envoyer toutes les eaux de lavage dans une citerne où l’on recueille les parties filamenteuses entraînées.

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