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BLANCHIMENT AU CHLORE LIQUIDE OU PAH LES HYPOCIILORITES

Nous avons dit qu’en principe il fallait donner la préférence aux hypoclilorites dissous ou au chlore liquide, comme on dit industriellement.

On emploie plus spécialement l’hypochlorite, ou vulgairement chlorure de chaux, qui est un mélange d’hypochlorite de chaux, de chlorure de calcium et de chaux.

Ce sel s’obtient en faisant passer un courant de chlore sur de la chaux

éteinte disposée par couches minces sur des tablettes placées le long des murs d'une chambre en maçonnerie.

La chaux se transforme, sans changer d’aspect, en un mélange d’hypochlorite et de chlorure de calcium :

2 Cl + 2 CaO = CaO CIO + Ca CL

L’excès de chaux que l’on laisse à dessein dans le produit a pour effet de faciliter la conservation du chlorure de chaux en empêchant l’acide carbonique de l'air de réagir sur l’hypochlorite.

Le chlorure de chaux ainsi préparé est une matière pulvérulente, blanche d'une saveur âcre et répandant l’odeur de l’acide hypochloreux. Il se dissout facilement dans l’eau en laissant un résidu blanc, qui est la chaux en excès.

C’est cette dissolution qui est employée dans le traitement qui nous occupe.

Fig. 31.

Le blanchiment, à l’aide de cette dissolution, s’opère soit dans les piles défileuses , soit beaucoup mieux dans des piles spéciales appelées blanchisseuses , représentées figure 31, et qui ressemblent beaucoup à celles que nous avons déjà décrites.

La construction de ces engins est plus légère, la force nécessaire pour les mettre en mouvement ne dépasse pas un cheval vapeur.

M. Bourdiliat insiste sur le soin que l’on doit apporter dans la préparation de la dissolution. Différentes méthodes sont usitées.

Le chlorure de chaux, soluble dans le quart de son poids d’eau à la température de 15 degrés, et en toutes proportions à 50 degrés, peut se dissoudre simplement en faisant arriver une gerbe d’eau sur un tamis qui en contient de 2 à 3 kilogrammes que l’on écrase avec une pelle.

Ce moyen primitif est généralement remplacé par un tonneau en cuivre percé de trous sur son contour, et qui tourne horizontalement sur un axe. Dans ce

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tonneau, on met le chlorure et des morceaux de plomb. On fait tourner, puis on ouvre un robinet qui introduit, par le moyen d’un tube horizontal percé de trous, de l’eau qui, passant dans l'intérieur du tonneau, dissout en s’échappant le chlorure qui est reçu dans un réservoir. On remonte la dissolution à l’aide d’une pompe, si le réservoir est à la partie supérieure.

Un tamis retient les ordures qui auraient pu passer par les trous du tonneau.

Les morceaux de plomb, entraînés par instants dans le mouvement de rotation, retombent sur le chlorure, l’écrasent et le préparent à se dissoudre facilement.

Si l’on ne peut employer ce mode de dissolution, M. Bourdiliat indique le moyen suivant :

On prend quatre réservoirs, dont la capacité est calculée suivant les besoins de la fabrique. On les munit d’un robinet en plomb placé à 20 centimètres du fond. Chaque réservoir porte un numéro d’ordre.

La dose journalière est introduite dans un seul, les trois autres sont remplis d’eau pour laver et dissoudre les dépôts des jours précédents. A chaque dissolution, on change le réservoir qui doit recevoir la dose.

Quand les quatre dissolutions sont tirées à clair, on ouvre à la fois les quatre robinets dont elles sont munies, et le tout est envoyé dans un seul dépôt duquel on les retire pour les besoins du blanchiment.

De cette façon, on est à peu près certain d’avoir toujours le chlorure au même titre, en même temps que l’on épuise par les trois relavages que subit chaque réservoir les dépôts qui s’y forment.

M. Orioli a cherché à perfectionner les procédés de dissolution du chlorure de chaux par l’emploi d'un petit appareil ingénieux nommé chloro-extracteur.

Cet appareil offre l’avantage de triturer le chlorure de chaux au fur et à mesure de son emploi; il en résulte une sensible économie de réactif.

La quantité de chlorure employée est variable suivant la qualité des chiffons. Pour les chiffons blancs, on n’a besoin que de 2 à 3 p. 100 de sel; pour les chiffons plus sales ou colorés, la dose peut atteindre 10 p. 100.

Lorsque la pile blanchisseuse est prête et chargée, on y ajoute le bain décolorant, puis le tout est énergiquement agité par la rotation du cylindre aidée d’un spatulage.

L’acide carbonique renfermé dans l’eau et dans l’air qui intervient décompose l’hypochlorite ; il se forme du carbonate de chaux et le chlore, en agissant, se transforme en acide chlorhydrique.

Souvent on facilite le dégagement du chlore par une addition d’acide sulfurique que l’on étend d’eau pour ne pas rendre l’action trop vive.

Il y a trente ans, M. Orioli a proposé l’emploi de l’hypochlorite d’alumine, qui offre l’avantage de blanchir en perdant son oxygène, par sa transformation en chlorure d’aluminium.

Le chlorure d’aluminium qui se forme dans cette opération étant un sel antiseptique, préserve les pâtes delà fermentation que leur fait subir le concours de l’air et de l’humidité.

On peut alors préparer des pâtes blanchies longtemps à l’avance, faisant

ainsi provision l’hiver pour l’été, saison où le manque d’eau paralyse souvent la fabrication.

Pour atteindre ce but, il suffit de ne pas laver immédiatement les pâtes blanchies, mais bien de les conserver en tas dans des caisses appropriées à cet usage.

Lorsque, plusieurs mois après, on veut employer ces pâtes, il suffit de les laver pendant une demi-heure pour éliminer la matière colorante devenue soluble par l’action du blanchiment.

La dose d’hypochlorite d’alumine nécessaire pour le blanchiment des pâtes de papier est variable suivant la couleur que l’on veut attaquer, la nature de la pâte et la rapidité que l’on veut donner à l’opération. De 3 à 5 p. 100 d’hypocblorite d’alumine suffisent généralement.

Ce procédé n’exige pas d’appareils spéciaux, on peut employer les piles ordinaires. Les émanations incommodes sont pour ainsi dire complètement évitées.

Malheureusement, ce sel est trop cher pour être utilement employé dans les fabrications ordinaires; il doit être réservé pour les papiers fins.

Didot, pour accélérer la décomposition de l’hypochlorite de chaux, a proposé de remplacer le courant en quelque sorte naturel d’acide carbonique par un courant artificiel du même gaz.

On peut utiliser dans ce but l’acide carbonique produit par la combustion des foyers de la fabrique, ou aussi fabriquer l’acide carbonique de toutes pièces au moyen de l’acide chlorhydrique et du calcaire ; un ventilateur ou un aspirateur fait barboter le gaz dans la dissolution de l’hypochlorite, mais ce procédé est coûteux.

Le système de blanchiment «dans lequel on utilise les hypochlorites n’est point parfait, loin de là ; plusieurs points défectueux sont à signaler.

En premier lieu, il y a perte d’acide hypochloreux qui s’échappe de la masse, grâce à l’action plus ou moins énergique de la décomposition de l’hypochlorite.

Il faut ajouter que l’acide minéral que l’on ajoute souvent pour faciliter l’action altère plus ou moins les fibres de la pâte.

Enfin, la chaux elle-même possède une action destructive plus ou moins lente; des sels insolubles se forment qui s’incrustent dans les pores des fibres, et qu’aucun lavage ne peut enlever en totalité.

Les hypochlorites alcalins présentent, eux aussi, certains inconvénients.

Faibles ou concentrés, relativement à leur pouvoir décolorant, ils sont toujours très alcalins, par suite trop corrosifs et blanchissent difficilement sans l’aide d’un acide qui active là réaction et neutralise l’excès d’alcali.

Résultant d’une fabrication longue, et même dangereuse lorsqu’il s’agit d’un produit concentré, le prix de revient en est forcément élevé; il est difficile de donner au produit une force chlorométrique dépassant 35 à 30 degrés Baumé, ce qui laisse un tiers environ de base en excès. Au delà de cette limite, la saturation devient difficile; un échauffement de la matière, malgré le refroidissement qu’on lui fait subir, devient inévitable ; sa décomposition plus ou moins rapide en est la conséquence

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Le produit d’ailleurs est des plus instables, perdant très rapidement la plus grande partie de son pouvoir décolorant; il est très caustique et difficilement transportable pendant la saison d’été.

Les hypochlorites alcalins peuvent se fabriquer de deux façons :

1° En saturant une lessive alcaline par un courant de chlore gazeux;

2° Par la double décomposition de la dissolution de chlorure de chaux unie à celle d’un carbonate alcalin.

Dans le premier cas, l’opération industrielle dure vingt-quatre heures. La base doit se trouver en fort excès dans la dissolution, car autrement la décomposition aurait certainement lieu.

Dans le premier cas, si l’on opère sur un sel de potasse, on a pour formule du produit :

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