‹ Le PapierChapitre 47 sur 178 · VIOLET · texte numérisé non relu

VIOLET

Silice .

Alumine .

Soude .

Potasse .

Acide sulfurique .

Acide sulfureux .

Acide hyposulfureux .

Monosulfure de sodium ....

Soufre libre .

Généralement pour obtenir l’outremer bleu, on est forcé de passer par l’outremer vert, que l’on calcine ensuite avec ménagement à l’air libre.

L’emploi de l’outremer dans la coloration des pâtes oblige à certaines précautions que nous signalerons.

L’outremer est insoluble dans l’eau, il 11e fait que s’y diviser. Quelque fin qu’il soit, et souvent même par suite d’un excès de finesse, il se pelotonne pour ainsi dire, et forme de petites boules retenues extérieurement par le liquide et qui, ne se délayant pas dans la pile à cylindre, s’écrasent sur le papier. De là ces feuilles toutes parsemées qu’on appelle feuilles piquées.

Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de placer l’outremer dans un baquet puis après l’avoir arrosé d’eau, de le malaxer ou de le travailler avec une spatule jusqu’à ce que le tout ait formé une pâte homogène, sans grains ni grumeaux, et qu’on liquéfie successivement.

On verse ensuite dans un second bac en filtrant au travers d’une flanelle, ou mieux encore au travers d’un double sac, puis on ajoute de l’eau jusqu’à ce que cette dernière sorte claire.

O11 lave les sacs, puis après les avoir placés au-dessus de la pile, on répète l’opération en ayant soin de ne pas presser avec la main, afin de ne pas forcer la sortie des globules qui auraient pu résister aux opérations précédentes et qui restent dans le double sac où ils finissent par se délayer.

P A U L CH A R P ENTIER — LE P A P I E R

La pâte, spatulée immédiatement, s’imprègne également de couleur, prend une teinte uniforme bleu azur, et donne un papier sans marque ni piqûre.

Jaunes. — Les couleurs jaunes s’obtiennent soit avec des graines ou des extraits de bois colorants, soit avec des combinaisons minérales.

Dans le premier cas on peut faire des couleurs jaunes par la décoction prolongée des graines de Perse ou d’Avignon, des bois jaunes, de quercitron, de gaude, de fustel, de curcuma ou de rocou, dans l’eau pure ou aiguisée par de la soude, de la potasse ou des carbonates alcalins.

Graine de Perse. — La décoction de graine de Perse dans l’eau pure donne lieu à un jaune serin plus ou moins foncé, suivant la quantité de graine que l'on emploie.

Avec addition d’alun, cette couleur devient plus vive et plus intense.

Avec addition de carbonate alcalin, elle tourne à l’orangé.

Avec un mélange successif d’alun et de carbonate de soude, on obtient un précipité orangé très abondant, suspendu dans une eau saline incolore, lorsque la proportion de ces sels est de 190 grammes d’alun et 115 grammes de carbonate de soude pour 4 litres de liquide; ces quantités sont variables suivant le poids de la graine employée, et suivant l’intensité de la couleur que l’on veut obtenir.

Avec le chlorure d’étain et les mêmes carbonates alcalins, on obtient un précipité jaune serin très abondant.

Graine d'Avignon. — La graine d’Avignon bouillie dans l’eau donne naissance a un liquide coloré qui se comporte avec les réactifs comme la graine de Perse.

Avec le carbonate de soude et l’alun, ce liquide forme une espèce de gelée couleur orange foncé, si les proportions ne sont pas bien observées, et un précipité très abondant de flocons jaunes orangés, si l’alun et le carbonate de soude sont en proportions suffisantes pour précipiter toute la matière colorante de son eau de teinture.

Avec le chlorure d’étain et les carbonates alcalins, on obtient un précipité abondant jaune clair.

Bois jaune. — Le morus tincloria fournit par décoction un liquide coloré qui, traité successivement par les réactifs, donne :

Un léger précipité jaune floconneux avec les alcalis et surtout avec le carbonate de soude ;

Un léger précipité jaune orangé clair par le chlorure d’étain, devenant plus épais et blanc jaunâtre par addition de carbonate de soude;

Un abondant précipité couleur ocre jaune, parla colle de peau ou de poisson;

Un précipité abondant avec l’alun et le carbonate de soude.

Quercitron. — Le Quercus tincloria en poudre donne par décoction une liqueur d’un rouge jaunâtre que :

L’eau de chaux précipite en jaune brun ;

Le chlorure d’étain et le carbonate de soude précipitent en jaune verdâtre;

L’alun et le carbonate de soude précipitent en jaune rougeâtre mélangé d’un peu de vert.

ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE

Curcuma. — La racine du curcuma donne par ébullition, dans une eau alcaline, une couleur jaune rouge foncée, que l’on précipite facilement par les acides. L’alun et le chlorure d’étain précipitent en rouge brique.

Gaude. — La décoction de gaude, aussi concentrée que possible, forme avec l’alun et le carbonate de sonde un précipité abondant jaune verdâtre.

Avec le chlorure d’étain, un précipité jaune verdâtre abondant.

Avec l’acétate d’alumine, un précipité jaune clair très beau.

La potasse, la soude et l’ammoniaque produisent un bain jaune serin très beau.

Rocou. — Le rocou en poudre ou en pâte donne à l’alcool une couleur orangée magnifique. Une fois épuisé par ce liquide bouillant, le rocou cède facilement à l’eau alcaline le principe rouge brun qu’il contient, accompagné d’un peu de jaune.

Lorsque l’on a séparé la matière colorante orangée de la matière rouge, il est facile de la précipiter de l'alcool qui la tient en dissolution, soit par l’eau, soit par l’alun seul, soit par l’alun et le carbonate de soude. Ce dernier procédé donne une laque d’un ton plus clair.

Dans tous les cas, la laque de rocou est très riche et peut être employée pour remplacer la mine orange minérale.

Le rocou, ainsi traité par l’alcool, contient encore une substance colorante rouge marron, que l’on peut obtenir en faisant bouillir ce résidu dans de l’eau renfermant de la soude ou de la potasse jusqu’à épuisement. On précipite ensuite par un acide, l’acide chlorhydrique par exemple, et l’on en obtient une matière rouge marron que l’on peut sécher pour l’employer ensuite.

D’autres teintes jaunes sont obtenues de la façon suivante :

Jaune d'or. — On dissout 5 kilogrammes de sucre de plomb (.sous-acétate de plomb) dans 20 litres d'eau bouillante. Puis on ajoute 1 kilogramme de chromate acide de potasse et 2 kilogrammes de rouge de Venise.

Le tout est collé, puis additionné de 225 grammes orange A et 7 kilogrammes d’alun poreux.

Les quantités précédentes peuvent être utilement employées pour 160 kilogrammes de pâte renfermant 75 p. 100 de chiffons de pays bien blanchis, et 25 p. 100 de pâte de bois chimique.

Jaune paille. — On dissout 1.700 grammes de chromate acide de potasse dans 10 litres d’eau bouillante, puis on verse cette dissolution dans le bac à pâte. On ajoute ensuite 500 grammes de sucre de plomb en poudre, 60 grammes de bleu d’outremer et 7 kilogrammes d’alun poreux, puis on colle.

Ces proportions sont bonnes pour la coloration de 135 kilogrammes de pâte comprenant 75 p. 100 de chiffons de pays mélangés, et 25 p. 100 de mauvais chiffons.

Jaune paille clair. — Dans ce cas, pour 180 kilogrammes de pâte comprenant 50 p. 100 chiffons mélangés et 50 p. chiffons de rebut, on emploie les matières suivantes :

On dissout dans 10 litres d’eau bouillante 350 grammes de chromate acide de potasse, auquel on ajoute 750 grammes de sucre de plomb également dissous dans 10 litres d’eau. On verse dans le bac à pâte, puis on ajoute 9 kilogrammes d’alun, et l’on colle.

Jaune canaric. — Pour cette teinte on dissout 900 grammes de chromate acide de potasse dans 10 litres d’eau bouillante, auxquels on ajoute 2.750 grammes de sucre de plomb brun, dissous également dans 10 litres d’eau bouillante. On verse dans le bac à pâte, puis on ajoute 7 grammes de bleu soluble et

9 kilogrammes d’alun, et l’on colle.

Ces proportions sont convenables pour la coloration de 180 kilogrammes de pâte composée de 50 p. 100 de chiffons de pays mélangés avec 50 p. 100 de chiffons de rebut.

Le jaune canarie s’obtient encore en dissolvant dans une grande quantité d’eau 10 parties de chromate acide de potasse avec 22 parties d’acétate de plomb.

Pour avoir la nuance citron , on remplace l’acétate par le pyrolignite de plomb.

Le jaune bouton cCor s’obtient également en dissolvant dans l’eau chaude

10 parties de chromate acide de potasse auxquels on ajoute une dissolution renfermant 20 parties de pyrolignite de plomb.'

Pour le .jaune souci, les 10 parties dissoutes de chromate acide de potasse sont ramenées à l’état neutre par une addition de soude; on leur ajoute une dissolution très chaude renfermant 18 parties d’azotate de plomb.

Ces diverses teintes s’obtiennent facilement à la condition de verser le sel de plomb dans le chromate de potasse, de façon que la liqueur conserve toujours un petit excès de chrome.

Jaune orange I. — Pour obtenir cette couleur, on dissout 2.750 grammes de chromate acide de potasse dans 10 litres d’eau bouillante, puis on y ajoute une dissolution renfermant 5.500 grammes d’acétate de plomb. On verse dans le bac et l'on ajoute 1.150 grammes de mine-orange (minium particulier), 450 grammes de rouge de Venise et 9 kilogrammes d’alun, puis on colle.

Ces proportions doivent être employées pour 180 kilogrammes de pâte de même composition que les précédentes.

Jaune orange IL — Pour cette teinte, on devra dissoudre 5.500 grammes d’azotate de plomb dans 20 litres d’eau bouillante, y ajouter 3.500 grammes de chromate acide de potasse dissous également dans 20 litres d’eau, puis verser le tout dans le bac à pâte, avec 4.500 grammes de mine-orange et 1.500 grammes d’alun.

Cette composition conviendra bien pour 225 kilogrammes de pâte renfermant 50 p. 100 de rognures blanches, 45 p. 100 de paille blanchie et#5 p. 100 de pâte de bois.

Jaune orange chamois. — Dans ce cas, on peut dissoudre dans 10 litres d’eau bouillante 2.750 grammes de chromate acide de potasse auxquels on ajoute 3.750 grammes d’acétate de plomb dissous dans 10 litres d’eau bouillante.

ENCYCLOPEDIE CHIMIQUE

Le tout, versé dans le bac à pâte, est additionné de 6.375 grammes de rouge de Venise et de 9 kilogrammes d’alun.

On peut également employer un mélange comprenant 85 parties de sulfate de fer et 100 parties de cristaux de soude, auxquels on ajoute une dissolution de chlorure de chaux en quantité suffisante pour faire virer la couleur du vert au jaune.

Enfin, le dosage suivant peut être utilisé :

Sulfate de fer (vitriol vert'' . 1.000 grammes.

Rocou . . 350 —

Potasse . 2.250 —

Rouge et violet. — Comme pour les nuances jaunes, nous donnerons tout d’abord les laques obtenues à l’aide des substances végétales.

Ces laques, en général, sont lavées à grande eau, séchées à l’ombre dans un courant d’air sec, puis mises de côté pour servir quand on en a besoin.

La transformation en laques s’obtient ordinairement par le mélange des couleurs avec le blanc français; elles ont l’avantage, souvent très important, d’être inoffensives et non toxiques.

Bois d'Inde. — La décoction de bois d’Inde est d’un beau rouge sang. L’acide sulfurique la fait passer au rouge carmin et produit un léger précipité de cette nuance.

L’acide azotique en petite quantité produit un précipité orangé vif; en plus grande quantité, il donne une couleur carminée.

Le chlorure d’étain précipite en violet.

L’alun et le carbonate de soude dans la proportion de 20 grammes pour le premier et 24 grammes pour le second, produisent une laque violette très abondante.

Fernambouc. — La décoction concentrée de fernambouc donne lieu à des laques dont les teintes varient avec les réactifs.

L’alun et le carbonate de soude forment un précipité d’un beau rouge un peu violacé.

Le chlorure d’étain donne lieu à un rouge foncé très vif.

La solution d’étain dans l'acide sulfurique forme un précipité semblable au précédent, mais encore plus vif.

Ces laques, combinées au blanc français dans des proportions variables, produisent des rouges et des roses très riches.

Les eaux de filtration du fernambouc, traitées par l’alun et le carbonate de soude lorsqu’elles sont encore colorées, donnent un très beau précipité lilas clair avec le chlorure d’étain et le carbonate de soude.

Bois de Brésil. — Les bois de Brésil donnent par décoction un liquide très coloré et d’un beau rouge.

Traités par l’alun et le carbonate de soude, ils laissent déposer un abondant précipité d’un très beau rouge violet.

Santal. — Le bois de santal cède assez facilement sa matière colorante à l’eau aiguisée de soude ou de potasse; aussi peut -elle être facilement séparée

au moyen d’un acide. Cette matière, plus légère que l’eau, vient à la surface sous forme de flocons dont le rouge est un peu sombre et tire sur le marron.

Cochenille. — Pour la préparation du carmin de cochenille, on peut employer l’une des méthodes suivantes :

On fait bouillir pendant environ trente minutes :

Cochenille naturelle

Soude .

Eau .

1 kilogramme.

160 grammes.

39 kilogrammes.

Puis on ajoute 50 grammes d’alun pur et 10 grammes de crème de tartre.

L’agitation fait virer la couleur du mélange qui, d’abord violet, devient rose, puis rouge très vif.

On décante ensuite la liqueur, puis on lui ajoute quatre blancs d’œufs battus. Le carmin flotte alors en flocons; sinon on chauffe. Après décantation et dessiccation, on obtient 30 grammes de carmin.

La liqueur décantée est de nouveau chauffée à l’ébullition, additionnée de blancs d’œufs comme précédemment; elle donne dans les mômes conditions environ 25 grammes de carmin de seconde qualité.

On peut aussi traiter 1 kilogramme de cochenille par 20 kilogrammes d’eau légèrement alcaline. Après trois décantations fournissant 60 kilogrammes de liquide, on précipite avec. 830 grammes de bichlorure d’étain cristallisé, on laisse reposer pusieurs jours la liqueur qui est décantée, et le précipité coloré est soumis à des lavages répétés.

La couleur rouge carmin peut aussi s’obtenir avec 2.500 grammes d’alun et 650 grammes de safranine.

Un rouge carmin plus solide avec 4.500 grammes d’alun, 10 kilogrammes de fernambouc et 350 grammes de safranine.

Le rouge cramoisi avec 2.250 grammes d’alun et 570 grammes de fuchsine.

Le rouge cramoisi très solide avec 3.500 grammes d’alun, 9 kilogrammes de fernambouc et 300 grammes de fuchsine.

Pour le rose pur, on ajoute à 400 grammes de safran 230 grammes d’acide tartrique ou citrique.

Vert. — Cette couleur s’obtient tout naturellement en mélangeant le bleu et le jaune.

Le vert feuille se fabrique au moyen du mélange suivant :

Sulfate d’alumine . 3.500 grammes.

Bois de Cuba . 7.000 —

Extrait d’indigo . 3.500 —

Vert méthyle jaunâtre . 60 —

Acide picrique . ; . 50 —

Pour le vert olive foncé :

Alan . 3.000 grammes.

Carmin d’indigo . 430 —

Acide sulfurique . 120 —

Sulfate de cuivre . 623 —

Chromate rouge de potasse . 623 —

Cachou . 8 —

Quercitron . 10 —

Le tout est chauffé à 50 degrés.

Vert foncé pour emballage :

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