‹ Le PapierChapitre 75 sur 178 · MACHINE A PAPIER DE PAILLE · texte numérisé non relu

MACHINE A PAPIER DE PAILLE

La machine employée dans cette fabrication spéciale diffère en partie de celles que nous avons décrites pour le papier ordinaire.

Une de ces machines employées dans le Limousin est représentée figures 121 et 122.

Les opérations comprennent :

La formation de la feuille.

L’égouttage.

Le séchage.

La formation de la feuille se produit sur un cylindre P appelé forme ronde. Une série de presses ou cylindres produit ensuite l’égouttage, et finalement la feuille est séchée par une sécherie à vapeur.

Dans la machine qui nous occupe, la table de fabrication dont nous avons vu précédemment le fonctionnement lorsqu’il s’agissait de fabriquer des papiers fins, serait ici trop compliquée et trop coûteuse. Pour la confection des papiers

PAUL C II A R P E N T 1 E Ti — LE PAPIER

grossiers, on l’a remplacée par la forme ronde et cette substitution remonte déjà à une époque assez reculée.

Cette forme ou cylindre P possède à sa circonférence une série de barres en

fer, qui supportent une grande quantité de cercles en cuivre nommés pontuseaux «

qui sont enveloppés par une toile métallique.

Une cuve en bois ou en métal O reçoit le cylindre P qui s’y trouve presque complètement plongé.

A l’avant de la cuve dont le fond est disposé de façon à faciliter l’écoulement de la pâte, se trouve un épurateur I.

La pâte arrive dans la cuve puis traverse l’épurateur, et parvient à la forme P.

De gros tuyaux II font communiquer la forme avec la caisse N qui se trouve placée en tète de la machine. Dans cette caisse une roue à tympan puise de l’eau qui va s’écouler devant l’épurateur I. La pâte est entraînée par ce courant, elle se dépose sur la toile métallique du cylindre P. Pendant ce temps l’eau qui l’a amenée arrive dans la forme et retourne à la roue à tympan pour se mélanger avec une nouvelle portion de pâte fraîche qui arrive du cuvier agitateur A.

En ramenant ainsi de l'eau filtrée par les toiles métalliques, on utilise les parcelles de pâte entraînées, et la pâte qui vient des cuviers A est en môme temps éclaircie par cette eau. La circulation dans l’épurateur est ainsi facilitée.

Certaines machines récentes, ont en outre sous la forme et sur les côtés, des agitateurs dont les palettes en tournant empêchent les fibres de se déposer avec les matières lourdes.

Un rouleau T en bois enveloppé de feutre enlève à la partie supérieure la pâte que le courant de liquide a déposée sur le cylindre P.

La toile métallique retient difficilement la pâte, elle l’abandonne donc à l’action du feutre sans fin en laine S qui vient des presses pour s’enrouler autour du rouleau T en le faisant tourner lentement; ce rouleau T communique luimême le mouvement au cylindre P; ce dernier se recouvre donc de pâte constamment. Cette opération constitue la formation d’une feuille de papier sans fin qui est entraînée par le feutre sous les presses destinées à l'essorer.

Il y a généralement deux paires de presses qui comprennent chacune deux cylindres V V' disposés dans des cages J.

Les premières presses nommées presses humides reçoivent la feuille de papier amenée par le feutreS; ce dernier après avoir abandonné le feuille à sa sortie des presses, revient vers la cuve conduit par des rouleaux en bois U. Il continue ensuite à enlever constamment la couche de pâte que le cylindre P ramène de la cuve à chaque rotation.

Après cette première pression, la feuille de papier est assez résistante pour pouvoir être décollée du cylindre supérieur, elle est alors conduite sur le feutre de la seconde presse V'.

Enfin la feuille conduite par les rouleaux en cuivre XX' arrive à la sécheric.

On voit sur la figure 122 le détail de la transmission qui donne le mouvement aux presses Y V' ainsi qu’à la sécherie A A.

Des volants de manœuvre servent à régler la pression des cylindres au moyen de vis appuyant sur les coulisseaux des cylindres supérieurs. Les nœuds ou les impuretés de la pâte produisent souvent des trous sur la fonte polie; on

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

évite cet inconvénient en garnissant le cylindre inférieur des presses, avec deux enveloppes en caoutchouc, qui ont en outre l’avantage de préserver les feutres.

Il est très important d’exercer sur la feuille une pression très régulière pour éviter des retraits qui se produiraient ensuite à la sécherie par suite d’inégalités dans la distribution de l’humidité à l’intérieur de la feuille de papier.

Un petit intervalle permettant et facilitant la surveillance sépare les presses de la sécherie. Cette dernière comprend une série de cylindres A A qu’un courant de vapeur chauffe entièrement. Des feutres S' S" qui doivent faire circuler la feuille de papier s’enroulent successivement sur ces cylindres.

La machine que nous représentons possède deux batteries de sécheurs: chaque batterie comprend trois cylindres. Des rouleaux en fonte U' conduisent le feutre d’un cylindre à l’autre. Ce feutre en avançant entraîne le papier et l’abandonne au dernier cylindre pour retourner en tète de la batterie en passant sous les sécheurs: ce feutre est soutenu pendant ce parcours par d’autres rouleaux en fonte qui servent aussi à le tendre.

Des robinets E servent à régler l’introduction de la vapeur dans chaque sécheur, l’eau condensée s’échappe par l’extrémité opposée.

La sécherie est terminée par une bobine Z sur laquelle la feuille de papier s’enroule d’une façon continue, elle est ensuite livrée aux coupeuses ordinaires.

La vitesse de l’arbre de couche qui commande la machine à papier varie entre 60 et 80 tours par minute. Quant aux presses et aux sécheurs leur vitesse doit pouvoir être constamment variée, car elle dépend de, l’épaisseur et de la qualité du papier que l’on fabrique ; cette vitesse tangentielle est ordinairement comprise entre 15 et 30 mètres par minute.

La machine qui nous occupe peut produire environ 15 mètres de papier par minute en épaisseur moyenne, et en papier fin 30 mètres. Elle peut absorber une force comprise entre 8 et 10 chevaux-vapeur.

En général, dans les usines marchant complètement à la vapeur on brûle de 70 à 100 kilogrammes de charbon par 100 kilogrammes de papier fabriqué.

On peut estimer comme suit les frais d’installation d’une fabrique de papier de paille produisant 100 kilogrammes de papier à l’heure, et mue par une force hydraulique capable de faire mouvoir tous les appareils mécaniques:

FRANCS

Une ou plusieurs turbines d’une puissance totale de 70 che¬

vaux, environ . 11.000

Générateur de vapeur . 8.000

% Pompe d’alimentation . .' . 2 000

Hache-paille . 1.000

G paires de meules . 8.000

3 piles raffmeuses . 0.000

Machine à papier pouvant fabriquer une feuille de 1"‘,50 de

large pesant en moyenne 80 grammes au mètre carré. . . . 30.000

Coupeuse en long et en travers . 3.000

Presses à percussion pour serrer le papier. . ... 3.000

Bâtiments, etc . 82.000

Page 1