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PAPIER DE CB I IXE

Les Chinois ont commencé par écrire sur de très minces tablettes de bambou que l’on faisait ensuite sécher au feu.

Plus tard, dit Stanislas Julien, on fit usage de pièces de soie d'une espèce particulière; enfin un inventeur célèbre en Chine, Tsaï-lun, remplaça les tablettes de bambou, lourdes et incommodes, par diverses espèces de papier. Il se servait d’écorces d’arbre, de fils de chanvre, de vieilles toiles, de filets dépêché qu’il soumettait à une longue ébullition dans l’eau. Il broyait ensuite ces matières jusqu’à ce que, désagrégées par l'action du pilon, elles fussent réduites en une bouillie épaisse qui formait la pâte à papier.

Les résultats de cette mémorable invention furent présentés à l’empereur régnant en Chine vers l’an 153 de notre ère. Depuis, l’usage du papier re répandit rapidement en Chine.

Les matières employées pour la fabrication du papier dans les diverses provinces de la Chine sont, d’après les textes chinois : le chanvre, les jeunes pousses de bambou, l’écorce de mûrier, le rotin, les algues marines, la paille de riz, les cocons de vers à soie et enfin comme au Japon l’écorce du mûrier.

Tout le papier de bambou consommé en Chine se produit dans les provinces méridionales.

D’après Stanislas Julien, quand les jeunes pousses commencent à paraître, on visite toutes les plantations, et l’on choisit de préférence les arbustes qui sont à la veille de donner des branches et des feuilles.

Vers le o juin, les bambous sont abattus, on en coupe les tiges que l’on jette immédiatement dans un bassin creusé dans le sol et rempli d’eau. On a soin d’empêcher que ce réservoir ne se tarisse, en l'alimentant constamment avec l'eau des ruisseaux environnants que l’on y dirige à l’aide de tuyaux de bambou. Quand les fragments de bambou ont trempé plus de cent jours, on les bat avec un maillet, et l’on enlève l’écorce verte qui couvre le bois dans toute son étendue. Au-dessous de l'écorce on trouve une matière filamenteuse qui ressemble à celle de ÏUrlica nivea.

Ces morceaux de bambou ainsi préparés sont chauffés dans une cuve en bois, remplie d’eau additionné de chaux éteinte. Cette cuve de bois ne reçoit pas directement la chaleur du foyer. On la place dans une cuve en métal qui a 70 centi-

mètres de diamètre. Cette dernière cuve est encastrée dans un mur circulaire en

maçonnerie.

On entretient ordinairement le feu pendant huit jours et huit nuits; quand ce temps est écoulé, on découvre la cuve et l’on en retire les filaments de bambou qui sont soigneusement lavés à l’eau.

Le fond et les parois intérieures du bassin sont garnis de planches de bois parfaitement ajustées, afin que la terre molle ne se môle pas à l’eau, et ne puisse pas la salir.

Les filaments de bambou, après avoir été soumis à faction de la chaux éteinte et de l’eau bouillante, sont plongés dans une lessive de cendres de bois et sont ensuite placés dans une chaudière et recouverts d’une couche de cendres de paille de riz d’un pouce d’épaisseur. On remplit cette chaudière d’eau, on fait bouillir le liquide, et après cette opération, les filaments ligneux sont plongés de nouveau dans une lessive de cendres de bois, et ainsi de suite pendant une dizaine dejours.

Après avoir subi cette série d’opérations, les filaments de bambou commencent à se pourrir, ils répandent alors une mauvaise odeur. On les soumet ensuite à faction de pilons qui agissent dans de grands mortiers.

Quand la matière a été désagrégée de manière à former une bouillie consistante, on la verse dans une auge en bois dont la grandeur varie suivant la forme et la dimension du papier que l’on veut produire. On y jette une petite quantité d’eau qui s’élève un peu au-dessus de la pâte, puis on mélange enfin une certaine substance liquide, produisant probablement du chlore, et qui a pour propriété de blanchir la pâte.

Les formes destinées à lever les feuilles de papier sont faites au moyen de filaments de bambou, gros comme des fils de soie et tressés en une sorte de tissu qui se monte sur un cadre en bois formé de barres légères, assemblées en rectangles. L’ouvrier prend la forme des deux mains, il la plonge dans la pâte, et la retire après un temps variable, suivant l’épaisseur qu’il veut donner à la feuille de papier.

Les ouvriers habiles savent ainsi produire à volonté des feuilles minces ou épaisses. L’eau mélangée à la pâte de bambou adhérente au tissu de bois s’échappe par les quatre côtés du cadre et retombe dans la cuve. L’ouvrier fait alors tomber la feuille de papier sur une table où l’on superpose ainsi peu à peu, un millier de feuilles semblables. On place sur le tas ainsi formé une planche que l’on serre contre la table avec une corde passée dans des traverses de bois; le papier se trouve vigoureusement pressé, il achève de s’égoutter.

11 ne reste plus ensuite qu’à enlever les cordes, à retirer les feuilles une à une à l’aide d’une pince en cuivre et à les soumettre à la dessiccation.

Cette dessiccation s’opère dans un four formé de deux murs parallèles en briques, de manière à simuler une sorte de ruelle dans laquelle est percée à la partie supérieure une petite ouverture. On y entasse des combustibles qui sont enflammés et répandent une chaleur uniforme dans le four tout entier.

A l’aide d’une brosse on applique alors extérieurement les feuilles de papier qui se sèchent rapidement et qui sont aussitôt mises en rames.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Les Chinois emploient aussi pour fabriquer le papier l’écorce du mûrier (. Broussanetia ). D’après Julien, les écorces de cet arbre sont mélangées avec 40 0/0 d’écorce de bambou, puis on fait bouillir le tout dans un lait de chaux jusqu’à ce que la désagrégation de la matière soit bien opérée. On y ajoute quelquefois du chaume de riz.

Ce papier se nomme, en Chine, papier de soie, parce que lorsqu'il est déchiré, on voit apparaître des fibres blanches analogues à celles de cette dernière substance.

Les feuilles de papier de grandes dimensions destinées à la peinture sont collés avec de l’alun. Cette opération a pour but d’empêcher les poils de papier de se hérisser et de gêner le peintre dans son travail.

En général, le papier, en Chine, est collé de diverses façons, suivant l'usage auquel il est destiné. Quelques papiers d'écorces d’arbres ou de plantes résineuses sont souvent collés naturellement sans qu'il soit nécessaire d’y procéder à nouveau.

L'un des procédés de collage employé en Chine est le suivant : On fait tremper dans de l’eau du riz gélatineux pendant toute une journée, puis on l'écrase en ajoutant une nouvelle quantité d’eau. Le liquide sirupeux ainsi obtenu est passé sur un filtre de soie, puis additionné de farine de pois oléagineux qui renferment jusqu'à 16 0/0 d’huile.

Le mélange, brossé avec soin, est chauffé jusqu’à l'ébullition. On y ajoute alors une petite quantité de cire jaune et d'alun, et on laisse refroidir. La colle est alors prête pour l’emploi; on l’étend sur le papier à l’aide d’un pinceau et on laisse sécher à l'ombre.

Dans certains cas, on se sert de gélatine et d’alun. Pour cela on pile des gousses noires de févier de la Chine ( Mimosa fera), on les fait tremper dans l’eau pendant vingt-quatre heures, et on les soumet à l’ébullition. Le liquide obtenu est filtré et passé sur les feuilles de papier que l'on fait sécher à l'air. Il ne reste plus qu’à y verser une couche d’alun; elles peuvent alors recevoir les matières colorantes.

Comme au Japon, le papier sert à une foule d'usages. Les papiers employés à la fabrication des cartes de visite, et des lanternes, sont préparés en y appliquant diverses couleurs avec lesquelles on mélange une solution d’alun et de gélatine.

Dans certains cas on est obligé de superposer les couches de couleurs broyées à l’eau; chaque opération est alors suivie d'un alunage. Ce travail est fort minutieux et la valeur du papier peint en est augmentée d’autant.

Les matières colorantes employées sont très diverses; nous pouvons citer: le cinabre, la céruse, le minium, les décoctions de bois, de plantes et de différentes fleurs telles que : le safran et le percefeuille mélangés, les fleurs du Saphora Japonica grillées, l’indigo, les fleurs de carthame, le campôche, l’écorce de gland, les fleurs de mauves, etc...

Enfin les Chinois fabriquent encore une grande variétés de papiers parmi lesquels nous citerons :

Le papier de Corée , fait avec des cocons de vers à soie.

Le papier Coréen, dont la basse est l’écorce de pin.

Le papier de rotins.

Le papier d'algues marines.

Le papier blanc de toile de chanvre, employé pour les actes officiels.

Le papier jaune de chanvre.

L a papier de vingt pieds de long , épais comme plusieurs double de soie.

Le papier présentant par transparence l’image d'un dieu indien.

Le papier connu sous le nom de papier de riz , qui n’est pas un papier et qui ne contient pas de riz. La substance qui le compose est en réalité la moelle des tiges de VAralia papyrifera, plante de la famille du lierre. Cette plante ne se trouve que dans les forets marécageuses de l’ile de Formose, et les tiges en sont expédiées en grande quantité en Chine où ont leur fait subir les manipulations convenables.

A l’aide de grands couteaux bien affûtés, on découpe la moelle, soit radialement pour les petites feuilles, soit en forme de spirale pour les grandes dimensions, en tranches très minces, que l’on égalise ensuite par une forte pression.

La moelle ainsi découpée est constituée par un tissu parenchymateux très homogène qui a la plus grande analogie avec la moelle du sureau. La surface poreuse et d’un mat brillant qu’offre cette substance, fait rechercher cette dernière, improprement appelée papier de riz, pour les peintures à l’aquarelle, dont la vogue en Chine est si grande. En Europe, cette matière sert dans la fabrication des fleurs artificielles.

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