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diamètre de 1 millimètre assemblées parallèlement au moyen de dix cordons de soie qui forment autant de lignes transversales également espacées. Cette natte est donc entièrement flexible dans un sens et peut même être roulée sans danger.
La préparation de ces minces baguettes et leur assemblage, c’est-à-dire la fabrication des nattes est une opération très délicate. C’est une certaine partie de la noblesse, qui de temps immémorial a monopolisé cette fabrication.
Les dimensions de ces nattes sont variées ; elles correspondent aux dimensions mêmes du papier que l’on veut fabriquer, et se placent sur des châssis munis de rebords destinés à maintenir la pâte à papier.
Toutes choses étant prêtes, l’opérateur, s'asseoit en face de la cuve et remue vigoureusement la pâte liquide pendant quelques secondes. Plaçant ensuite une natte sur son châssis, et saisissant celui-ci par les extrémités, il le plonge dans la cuve, puis il le retire en ramenant avec la natte une certaine quantité de pâte dont l’épaisseur est déterminée par la hauteur du rebord du châssis, et dont l’eau s’écoule rapidement au travers des interstices de la natte, en laissant sur celle-ci une mince pellicule. Pendant cet écoulement, on tape de petits coups contre le châssis dans les deux sens, afin de favoriser une répartition égale de la pâte.
A moins qu’il ne s’agisse de produire un papier très mince, dit Usui Garni , la natte doit être plongée de nouveau dans la cuve. On l'y plonge jusqu’à quatre et cinq fois, quand on veut obtenir un papier épais. Entre chaque immersion, il faut laisser égoutter pendant quelques secondes, et à cet effet on pose chaque fois la natte et son châssis sur deux bâtons placés en travers de la cuve.
Quand la feuille de papier, suffisamment égouttée, a atteint l’épaisseur voulue, on enlève la natte du châssis, et on la presse à côté de la cuve pour laisser égoutter encore: en même temps on met une autre natte sur le châssis et on recommence l’opération pour une seconde feuille. Pendant qu’on laisse égoutter celle-ci pour la première fois, on reprend la première natte et la feuille qui y adhère, puis la retournant sens dessus dessous, on la pose sur la pile de feuilles encore humides, précédemment faites, en ayant soin d’interposer près des bords un simple brin de paille destiné à faciliter une séparation ultérieure.
Natte et feuille restent en cet état sur la pile, tandis que la seconde feuille en préparation reçoit une nouvelle immersion dans la cuve; mais aussitôt que cette immersion est faite, et pendant que la natte retirée du châssis est dressée comme la précédente pour égoutter encore, on revient alors vers la pile de feuilles humides où a été déposée sens dessus dessous la précédente natte avec sa feuille, puis on enlève cette natte en la roulant lentement de manière à éviter de déchirer la feuille adhérente et qui reste déposée sur les autres. Une fois la natte libre, on la déroule, et on la place immédiatement sur le châssis pour continuer la fabrication.
Pour faire du papier d’épaisseur moyenne, on comprend que deux nattes alternantes suffisent à l’opération, mais lorsqu’il s’agit de papier plus épais, il faut un plus grand nombre de nattes si l’on ne veut pas travailler dans des conditions défavorables.
Lorsque le nombre de feuilles humides réunies en piles atteint cinq ou six
cents, ce qui représente une journée de travail, on met cette pile de côté, puis on la charge avec de lourdes pierres et on la laisse ainsi sécher pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que les feuilles soient assez fermes pour être séparées.
Pour le séchage définitif, on choisit un jour clair et brillant. Chaque feuille est alors enlevée de la pile au moyen des pailles interposées, et passée à la brosse douce sur une table bien plane et bien lisse. Cette dernière opération demande beaucoup de soin et de patience.
Les feuilles enlevées des planches sont parfaitement lisses; il ne leur reste plus qu’à être rognées de dimension pour être mises en paquet et livrées au commerce. Pour les rogner, on les étend sur une planche, puis au moyen d’un large couteau bien tranchant qu'on promène en dessous, on coupe les bords qui dépassent.
Les rognures et les feuilles gâtées retournent à la fabrication. On les transforme en pâte au moyen d’un lessivage et on en fait un papier dont la qualité est supérieure à celui qui provient directement de l’écorce.
Les Japonais fabriquent de nombreuses variétés de papier de fantaisie, au nombre desquelles on cite comme Lune des plus jolies, celle que l’on désigne sous le nom demi paper. C’est un papier à tissu très mince sur lequel des dessins rappelant la dentelle et imprimés avec de l’encre blanche opaque, font l’effet d’un filigrane très compliqué. Collé sur verre, il donne à ce dernier l’aspect du verre gravé.
Les papiers pour éventails; ceux pour écrire les poésies et même les papiers de tenture, sont souvent décorés par de belles peintures faites à la main ou imprimées. Les dessins en sont toujours artistiques. Le papier de tenture le plus en usage est complètement blanc avec un dessin imprimé au blanc de perle. Ce genre de papier est toujours en feuille de petite dimension.
Le papier imitation de cuir est fait avec une spécialité dite Tosaseuka garni dont on réunit plusieurs épaisseurs pour obtenir le degré de solidité voulue.
Les feuilles intérieures sont imprégnées d'une huile spéciale qui communique à l’ensemble la flexibilité indispensable. L’aspect de maroquin que l’on donne à la surface est obtenu par la pression au moyen d’une planche en bois gravée, et pour terminer, on passe une couche de vernis de laque.
La fabrication du papier de crêpe est aussi fort importante au Japon. On prend pour cela du papier japonais ordinaire portant quelques dessins imprimés en couleur; on l'humecte et on l’étend en pile sur une large table de bois, en ayant soin que les bords de deux feuilles consécutives ne soient pas parallèles. Puis on dispose par alternance avec ces feuilles, des morceaux de papier blanc ordinaire que l’on place entre les côtés, en regard des feuilles coloriées. On y ajoute enfin une sorte de papier épais, dit Takanaga .
L’ensemble de la pile est alors étroitement roulé sur un bâton bien lisse et recouvert d'une longue bande de toile humide enroulée diagonalement et fortement serrée; puis on porte le tout à la presse où on lui fait subir longitudinalement une pression énergique. La presse est munie de deux trous par lesquels on fait passer les extrémités du bâton qui n’ont pas besoin d’être pressées.
Le papier Takanaga est composé de plusieurs feuilles de papier épais ordinaire, réunies avec de la colle de riz et qui, au préalable, ayant été plissées bien
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
régulièrement, impriment sous l’action de la presse, leurs plis sur les feuilles coloriées entre lesquelles elles ont été placées.
Après cette première compression, on retire le rouleau de la presse, on déroule et on sépare les feuilles. Le papier Takanaga est lissé, et on recompose la pile comme auparavant, en ayant soin toutefois, de disposer les plis de manière à faire un angle avec ceux que la pression a déjà produits. On roule de nouveau autour du bâton, puis on repasse à la presse et ainsi de suite. La même opération se renouvelle sept fois, après quoi, on fait sécher les feuilles qui présentent l’aspect crêpé, que l’on cherchait à obtenir.