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APPLICATIONS I>U PAPIER DANS L’ART DE LA CONSTRUCTION

Nous l'avons dit, les applications du papier dans l’industrie deviennent en dehors de sa destination régulière de jour en jour plus nombreuses et plus inattendues.

On fait aujourd’hui, des cheminées, des tuyaux, des tonneaux, des bouteilles, des chaussures, des bobines, des roues, etc... en papier. La plupart de ces innovations nous viennent d’Amérique.

Il y a quelques années on a construit à Breslau une cheminée en papier de 30 mètres de hauteur. Le mode de construction a été le suivant :

On a moulé une série de grands anneaux en pâte à papier, celle-ci étant additionnée d'une composition propre à rendre la cheminée incombustible. Ces anneaux ont été passés à la presse hydraulique, ensuite superposés les uns sur les autres et réunis au moyen de goujons en fer. Il est évident que cette application n’a d’intérêt qu’autant que la construction peut être beaucoup plus rapide et surtout plus économique.

Pour fabriquer les tuyaux de conduite de gaz par exemple on enroule sur un mandrin une longue bande de papier ayant pour largeur la longueur du tuyau <[ue l’on désire obtenir. Le papier passant dans un bain de bitume avant l'enroulement est ensuite comprimé.

Lorsqu'il s'agit de la confection des bouteilles on compose la pâte à papier de 10 parties de chiffons, 40 parties de paille et 50 parties de pâte de bois.

Chaque feuille de papier est imprégnée sur les deux faces d’une mixture composée de GO parties de sang frais dont on a extrait la fibrine, 35 parties de chaux pulvérulente et 5 parties de sulfate d’alumine.

On laisse sécher l'enduit, puis on redonne une seconde couche. Après quoi on prend une dizaine de feuilles que l’on comprime dans des moules chauffés pour former chaque moitié de bouteille. On les réunit enfin deux à deux; sous faction de la chaleur et de la compression, l'enduit devient inattaquable par les divers liquides alcooliques.

Le papier capitonné, destiné à l'emballage des objets fragiles, est composé avec du papier de paille très grossier, sur un côté duquel on a couché une couche uniforme de sciure de bois ou de liège en poudre.

Pour faire des bobines avec ce papier, on en coupe une bande d’une longueur suffisante ayant la largeur des bobines usuelles en bois, et on l’enroule autour d'une tige ronde d'un diamètre égal à celui du trou que la bobine doit avoir, suivant son axe. On retire ensuite la tige, et on colle une feuille de papier lin

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

autour du rouleau capitonné, soit pour le maintenir, soit pour obtenir une surface polie.

Ce nouveau genre de bobines, destinées à l’enroulage des soies écrues, pèsent moitié moins que les bobines faites avec du bois et, de plus, leur poids est très uniforme.

Dans ces derniers temps on a fabriqué des poulies de transmission en papier.

Ces poulies sont formées, comme les poulies en fer, d’un moyeu en fer et de bras en fer portant une armature sur laquelle repose la jante en papier. Cette armature, également en fer, maintient la jante pendant la fabrication en même temps qu’elle lui donne ensuite plus de solidité.

Le papier, d’une qualité spéciale et choisi après un grand nombre d’essais, est collé, enroulé et comprimé en une seule opération sur l’armature en fer, de sorte qu’il ne reste qu’à sécher la couronne et à la tremper ensuite dans un bain d’huile de lin et résine, convenablement préparé, pour donner au papier plus de résistance à l’humidité.

Ces poulies sont très légères, très économiques; elles sont destinées à remplacer rapidement les poulies entièrement métalliques dans tous les cas où la transmission n’exige pas une puissance considérable.

On a beaucoup parlé également depuis plusieurs années de roues en papier destinées au service des chemins de fer et qui ont été appliquées plus spécialement aux États-Unis.

Dans la roue de voiture en papier, le bandage est en acier et conique à l’intérieur, de sorte que le diamètre intérieur du creux de la roue est plus petit de 3 millimètres que le diamètre extérieur.

Le corps de la roue est un bloc de papier de paille formé de cercles de 0m,75 de diamètre, collés ensemble au moyen de colle ordinaire et consolidés par une pression hydraulique d’environ 300 tonnes. Ce bloc, après avoir séjourné près de quinze jours dans une sécherie, est dégrossi et tourné dans un tour ordinaire. On laisse, bien entendu, le diamètre du bloc de papier un peu trop grand pour qu’il s’ajuste parfaitement. Il est ensuite mis en place par une pression hydraulique de 400 tonnes, mais auparavant, on a chauffé le bandage à 100 degrés pour assurer un contact parfait après refroidissement.

Pendant que le bloc en papier est sur le tour, on perce au centre un trou convenable pour l’introduction d’un moyeu en fonte terminé d’un côté par une plaque à rebord. Les deux surfaces latérales de chaque roue sont couvertes de deux plaques de forte tôle.

Le moyeu est entré à force, lorsque ces plaques ont été posées. Le rebord maintient solidement en place la plaque extérieure. Seize rivets traversent le papier et maintiennent également les deux plaques. La plaque du moyeu livre passage à huit rivets qui affermissent le tout, de manière que le papier est parfaitement à l’abri de l’humidité. D’ailleurs ce dernier est peint avant d’être introduit dans la roue.

Des expériences récentes, faites en Allemagne, semblent démontrer que ces roues peuvent, dans certains cas, devenir la cause de déraillements toujours dangereux.

L’élasticité du papier étant plus grande et sa dilatibilité plus petite que celle

du métal pendant les changements de température, on espérait que l’emploi des roues en papier sur les chemins de fer augmenterait la sécurité de l’exploitation, qu’il diminuerait surtout l’usure des bandages et, enfin, que les véhicules rouleraient avec moins de bruit.

Mais, comme nous l’avons dit, plusieurs accidents survenus à la suite de l’emploi de ces roues en ont fait abandonner l’usage jusqu’à présent.

Enfin on fabrique en Angleterre des tapis en papier qui imitent parfaitement les divers bois dont on fait les parquets. Pour employer ces tapis, on nivelle d’abord le sol avec soin, on bouche les interstices avec du plâtre; on étend sur cette surface un premier lit de papier, puis le papier portant le dessin du parquet. Ce dernier est recouvert d’un vernis très dur qui supporte un long usage.

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