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PAPIER INCOMBUSTIBLE

Depuis longtemps on cherche le moyen de rendre le papier incombustible. On n’y est pas encore complètement arrivé. Toutefois certaines préparations ont l’avantage de rendre le papier à peu près ininflammable.

Certains papiers, fabriqués avec de l’amiante, sont incombustibles ou à peu près.

Pour les préparer, on lave de l'amiante dans une dissolution d’hypermanganate de potasse, puis on la blanchit à l'acide sulfureux. On mélange 5 parties de fibre de bois broyée ou finement divisées avec 95 parties d’amiante. Les deux matières sont mêlées avec de l’eau chargée de colle et de borax dans un moulin où elles sont converties, par un pétrissage prolongé, en une pâte qui donne un papier fin, à surface unie, et que l’on peut rendre, par le cylindrage propre

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à recevoir l’écriture et l’impression. Ce papier a la propriété de résister à la chaleur rouge.

Si l’on veut en outre préparer des encres pouvant résister au feu, on emploie un mélange de chlorure de platine et d’huile de lavande.

Pour l’encre d’imprimerie, on ajoute du noir de fumée et du vernis; pour l’encre à écrire, on emploie un mélange d’encre de chine et de gomme arabique. On obtient de bons résultats en employant 10 parties de chlorure de platine sec, 25 parties d’huile de lavande et 30 parties de vernis.

Le chlorure de platine est chauffé dans une capsule en porcelaine jusqu’à ce qu’il soit parfaitement sec, puis on ajoute de l’huile de lavande et l’on fait chauffer le mélange jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs. On ajoute à la masse noire, goudronneuse, ainsi obtenue, du noir de fumée et du vernis par petites portions.

Lorsque l’on brûle le papier imprimé avec cet encre, le sel de platine est réduit à l’état métallique; il reste finalement une croûte brunâtre.

Une autre encre noire incombustible peut se fabriquer en broyant intimement 30 parties de terre d’ombre, 20 parties de bleu d'outremer artificiel et 10 parties de glycérine. On ajoute ensuite 40 parties de silicate de soude dissous et 20 parties d’eau.

Enfin on peut préparer un papier à la fois à l’abri du feu et de l’eau en formant une pâte composée de 66 parties de pâte à papier ordinaire et de 34 parties de pâte d’asbeste mélangée à une solution de sel commun et d’alun.

On fait passer ce mélange dans la machine, puis on plonge le papier obtenu dans un bain de gomme-laque en dissolution dans l’alcool ou dans un autre dissolvant et, après l’avoir envoyé sous les rouleaux finisseurs, on peut le débiter en feuilles.

Le sel et l’alun augmentent la force du papier et lui donnent de la résistance à l’action du feu. La laque le rend imperméable à l’humidité, tout en permettant d’écrire ou de dessiner avec de l’encre ordinaire.

PAPIER IMPERMEABLE

Un des plus anciens procédés d’imperméabilisation du papier est le suivant :

Pour 100 kilogrammes de pâte à papier, préparée et foulonnée, on fait un lait de chaux composé de 16 kilogrammes de chaux éteinte et d’une quantité d’eau suffisante; on y ajoute lk,500 de soude caustique. Ce bain étant chauffé à la vapeur, on y plonge la pâte qu’on y laisse pendant quelque temps. D’autre part, on prépare une décoction de 2 kilogrammes de graine de plantain, à laquelle, après l’avoir passée au tamis fin, on ajoute 25 kilogrammes de savon d’huile de palme ou de coco. On prépare avec ce mélange et une quantité d’eau suffisante, un second bain, que l’on divise en deux parties égales. Enfin on prépare un troisième bain en faisant dissoudre dans l’eau chaude 10 kilogrammes de sulfate d’alumine, et l’on divise aussi ce dernier bain en deux parties.

On laisse alors s’écouler l’eau du premier bain, sans pourtant presser la pâte, sur laquelle on verse ensuite la moitié du second bain. On brasse quelque

temps, puis on laisse couler l’eau. On remet alors sur la pâte la moitié du troisième bain; on brasse de nouveau, puis, opérant de la môme manière que pour les bains précédents, on ajoute encore successivement le reste du second et du troisième bain. Pendant le cours de ces opérations, la matière doit être maintenue â une température élevée à l’aide de la vapeur.

11 se forme ainsi, dans l’intérieur même des fibres textiles, un savon d’alumine insoluble qui a pour effet de rendre le papier imperméable. La pâte ainsi préparée devient propre à fabriquer un papier imperméable.

On a proposé l’emploi de la cire du Japon.

La cire végétale du Japon est dissoute dans 5 parties d’alcool chaud. La fiole dans laquelle se trouve le mélange est placée dans un bain-marie; lorsque la cire est fondue, on ferme le vase et on le secoue jusqu’à complet refroidissement, ce qui fait précipiter la plus grande partie de la cire sous forme d’une poudre blanche très fine.

La liqueur prend alors l’apparence d’un lait épais, et l’on s’en sert pour enduire, avec un pinceau, le papier couvert au préalable d’une couche d’un empois formé de parties égales d’amidon et de glycérine où l’on introduit une quantité convenable de suie ou de tout autre matière colorante.

On frotte ensuite le papier avec une brosse jusqu’à ce qu’il paraisse couvert d’un enduit mince uniforme, brillant et non poisseux. Au besoin on renouvelle cet enduit.

Pour les papiers de tenture, cet enduit présente non seulement l’avantage de les rendre brillants, mais encore d’empêcher certaines couleurs de se passer rapidement.

On sait aussi que si l’on plonge une feuille de papier dans la liqueur cuproammoniacale, on rendra le papier complètement imperméable à l’eau.

La compositon suivante peut aussi rendre le papier hydrofuge :

Cire jaune ou blanche . 1.000 grammes.

Poix de Bourgogne . 60 —

Huile d’arachide . 80 —

Sulfate de fer . . . 50 —

Essence de thym . 20 —

Enfin on peut encore employer le moyen suivant :

On fait dissoudre 1 kilogramme de colle ordinaire dans 10 litres d’eau et on ajoute 500 grammes d’acide acétique. On ajoute ensuite 700 grammes de chromate acide de potasse dans une petite quantité d’eau. Le liquide est alors versé dans un bassin plat où le papier est passé feuille à feuille.

Les feuilles humides sont étendues et séchées à l’air.

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