G2 LE PAPILLON
J'ententlz de celles qui sont desraisonnables,
Et qu'il me tome comme aux hommes semblables.
Dame Venus luy feit humble requeste,
Mais de cela on luy rompoit la teste.
Et là voyant que le filz par la mère
Ne vouloit point délaisser sa chollere,
J'en departay tousjours en pénitence,
Car du péché suyvoit de près l'offence.
Je vais, et viens, par montaignes et vallées,
Pour termyner mes longues destinées ;
Et tant ay faict, qu'après la longue peynne
Je m'endormys auprès d'une fontaine.
Ainsi qu'estois à prendre mon sommeil
Pour appaiser mon deuil et mon traveil,
Il vient soubdain une si grand lumyere,
Une clairté qui n'est point coustumyere
Sus les mortelz en la terre descendre :
Et puis subit, pour vous donner entendre.
Je vois venir mille légions d'Anges,
Bleuz chérubins, et séraphins Archanges,
Et au millieu seyoit ung Roy en place,
Qui aux humains pourtoit humaine grâce.
Auprès de luy, l'humble Marie estoit,
Qu'à pardonner de bien près l'incitoit.
Je voyois bien hault eslevées ses mains,
Qu'avoient esté percées pour les humains :
De ses deux pieds cougneuz les playes mortelles,
Qui maincteuant sont pour tous immortelles,
Et aussi celle de son tres-sainct cousté.
Dont l'homme mort en est ressuscité.
De ferme foy, et de vraye pénitence,
Luy ay requis pardon de mon offence :
Ce qu'il a faict de grande affection.
Et m'a remys en ma perfection.
Et si m'a faict encore plus en somme :
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De Papilltin m'a coutourn(5 en homme.
ManlgrO amour, ses fouldres et tempestes, J'ay obtenu le don de mes requestes, En le priant qu'il veuille tost rednvre Ceulx qui d'amour soubstiennent le martyre,
J^ay bien choisi/ ù mainctenir.
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Lo Bibliothèque Université d'Ottowa
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