‹ Le papyrus judiciaire de Turin et les papyrus Lee et RollinChapitre 34 sur 87 · G4 LE PAPYRUS JUDICIAIRE DE TURIN · texte numérisé non relu

G4 LE PAPYRUS JUDICIAIRE DE TURIN

En appliquant les mêmes observations à un passage de Diodore de Sicile, on peut penser que le roi qu'il appelle 6'6'.soos/.s est aussi le Sésou ou Ramessès III des monuments, car il lui attribue aussi (I, lv) la possession d'une flotte maritime, en indiquant qu'il fut le premier Égyptien qui construisit des vaisseaux longs. Cette circonstance pourrait nous faire reconnaître, dans le même auteur, la suite et le complément, peut-être altérés, du récit de Josèphe relatif â la trahison d'Armaïs, mais avec une variante qui transporterait auprès du roi la reine, chassée par Armais ou Danaûs. Diodore s'exprime ainsi :

(( A son retour en Egypte, après sa grande expédition, Sésoosis s'arrêta à Péluse, où il faillit périr, lui, sa femme et ses enfants, dans un repas donné par son frère'. Pendant qu'ils étaient assoupis par la boisson, le frère de Sésoosis profita de la nuit pour mettre le feu à des roseaux secs accumulés d'avance autour de sa tente. Sésoosis se réveilla soudain à la clarté du feu ; mais ses gardiens, enivrés^ tardèrent à venir à son secours. Levant alors les mains, il implora les dieux pour le salut de ses enfants et de sa femme, et traversa les flammes. Après s'être ainsi sauvé comme par un miracle, il éleva, comme nous l'avons dit, des monuments à tous les dieux, mais particulièrement à Vulcain, auquel il devait surtout son salut \ »

Quoi qu'il en soit des rapports qui peuvent exister entre ces deux récits^ les observations précédentes nous amènent à établir, d'une manière que je crois certaine, que les faits rapportés par Flavius Josèphe, d'après Manéthon, se rapportent au règne de Ramessès III, comme la conspiration jugée dans le texte du papyrus judiciaire de Turin.

1. M. ChampoUion-Figeac remarque que « selon quelques critiques, ce frère de Sésoosis serait le Danaiis qui conduisit des colonies égyptiennes dans la Grèce au XV' siècle avant notre ère » {L'Egypte ancienne, p. 339).

2. Diodore de Sicile, 1, lvii; traduction de M. F. Hœfer, vol. I, p. 67.

On sait, il est vrai, que des rois d'une époque antérieure avaient déjà porté leurs armes dans les îles de la Méditerranée; mais il ressort clairement des textes qui mentionnent leurs conquêtes, que ces souverains ne firent qu'y transporter des troupes de terre ou de débarquement, ce qui ne constitue pas des forces mai-iti'mes proprement dites, comme celles de Ramessès III, Quant aux listes monumentales des victoires de ce Pharaon, elles correspondent au récit de Josèphe, aussi bien et peut-être mieux que celles de Ménéptah-Séti P".

Aux faits que je viens de constater j'ajoute encore une indication ; c'est que nous savons, par les monuments, que les principales campagnes de Ramessès III, en Asie, datent de l'an VIII et de l'an IX de son règne, et conséquemment que le récit rapporté par Josèphe doit être relatif à cette époque.

Voici, pour terminer cette digression, la concordance des listes manéthoniennes avec les monuments, telle que je la comprends pour les rois dont je viens de parler :

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