‹ Le papyrus judiciaire de Turin et les papyrus Lee et RollinChapitre 72 sur 87 · Chap. Lvi · texte numérisé non relu

Chap. Lvi

2. Parthey s'est trompé en corrigeant : -/.a; Altv, ce qui rend le texte incompréhensible; car le dieu Min me paraît être d'invention tout à fait moderne, et, dans tous les cas, son nom n'a jamais pu exprimer en égj'ptien « ce qui est vu »,

nom qui signifie ce qui est vu, parce que le monde (qui est Horus) est sensible et visible \ » On sait, en effet, qu'Horus (le soleil levant) est le type de toute manifestation divine, et que, comme tel, il personnifie toute la création, le monde matériel et la nature entière. Je n'ai pas encore rencontré dans les textes égyptiens le mot kàmen ou kàimin appliqué à Horus; mais je ne doute pas qu'on le trouve quelque jour. Ce mot veut donc dire : a qui est vu, visible, évident, manifeste, » et son sens le plus général est celui de l'évidence ou de la manifestation. Il peut, en effet, désigner l'un des principaux attributs de la divinité ', et le nom propre Pùï-bàka'kàimin doit vouloir dire « le serviteur du Manifeste », ou « l'esclave de l'Évident ». A ce nom, il faut en comparer un autre qu'on trouvera plus loin sous la forme Pà-râ-kàmen-io.

Pàï-bpàs-t ou Pùï-b'ùs-t^ , l^J^^ J /T^'^^ ^ ^' l'hébreu nDS-'^Ei « Bubastius ». (Olficier?), quatrième membre de la commission judiciaire (ii, 2), quatrième membre de la première section de cette commission (iv, 1), accusé d'avoir oublié ou négligé ses devoirs de magistrat, est condamné par le roi à avoir le nez et les oreilles coupés, et à la déportatioUj puis un arrêt de mort est prononcé contre lui et exécuté (vi, 2). Ce nom, qui n'est que la transcription rigoureuse de la forme sémitique du nom égyptien de Bubastius, fut porté plus tard par un scribe mentionné dans le Papyrus Abbott, p. 5, 1. 17.

Pàïwretû, J^^'^ M'^^^ V^' l'I^êbreu Kri-iis (n. pr.

1. Traduction Ricard, éd. Didier, p. .375. Cf. Hermès Trisinéf/isfc, traduction Ménard, p. 123, 124.

2. Voyez dans Hermès Trismè<jisto, le Discours à son fils Tat. Le dieu invisible est très apparent.

3. Le p n'est ajouté au h, 1 , dans beaucoup de circonstances, que

pour déterminer la prononciation B de ce dernier caractère; car il est évident qu'on prononçait celui-ci souvent, mais pas toujours, comme notre V.

filii Hamanis), trésorier, deuxième membre de la commission judiciaire (ii, 1), deuxième membre de la première section de cette commission (iv, 1).

Pàlkà ou mieux Pà-lekà, A^ "^^ "^ 1 ^ (étran-

ger)j « le Lycien » (cf. E. de Rougé, Revue archéologique, juillet 1867). (Officier?) et grammate de la demeure de vie (collège des scribes), treizième accusé, complice de Pàï-bàka'kàmen, à qui il entendit prononcer certaines paroles qu'il ne révéla pas; il est jugé et condamné par la première section de la commission judiciaire (iv, 14).

Pà-nhoû-m-dûà-a'inon ou Pà-meh' û-mâ-a' mon? ^^^"^^

Y^ V^ ^|\ A n\\ ^ (( Le souffle de la part d'Ammon,

le souffle d'Ammon (?) ». Employé du harem, cinquième accusé, entendit les paroles des coupables nommés avant lui (iv, 2-5), qui s'entretenaient avec les femmes du gynécée, et ne les produisit pas contre eux; il est jugé et condamné

(iv, 6). La forme hiératique ^^.^^ û û doit se lire m-duà

plutôt que ma; car on aurait employé dans ce cas la forme ma (Voir Notes philologiques, n° 24).

Pà-râ-kàmeii-w , Ak v\ o "K Vlr " L^ soleil

est ce qui est vu de lui », ou « Le soleil est son évidence, sa manifestation (?) ». Voyez plus haut le nom de Pàï-bàka'kàmen. Si ce dernier voulait dire « le serviteur aveugle », ou « l'esclave de l'aveugle », celui-ci, Pà-râ-kàmen-w, signifierait : (( le soleil l'aveugle, » ou « le soleil est son aveuglement, » ce qui serait absurde. Le sens du mot kàmen ou kàimin, donné par Plutarque, est donc certain; s'il a laissé des traces dans le copte, il faut les chercher dans les formes Tôwjue, Td.juo, etc., Oslendere.

Ce personnage était <^ ^ ^^ supérieur chef », ou « premier supérieur^ maître », ou peut-être « gardien? » (titre d'une fonction inconnue). (Cf. Horapollon, l, 24; Chabas, Glossaire, 811: E. de Rougé, Recherches sur les mo/iu-

ments, l, p. 223; Maspero, Essai sur l'inscription d'Abydos, p, 22.) Deuxième complice de Pàï-as, est condamné à mort, sauf exception, par la deuxième section de la commission judiciaire (v, 5). ^^

Pà-râ-m-h'eb, /^>^'fe^o^^§ J ^ << Le soleil en fête », c'est-à-dire « Le Soleil fêté », onzième membre de la commission judiciaire, grammate de la bibliothèque, peutêtre avec les fonctions de greffier (ii, 4). Ce nom n'est pas rare; il se trouve sous une forme graphique plus complète : A^ "^l^ o ^^^ Q 1 ^ , appliqué à un « ptérophore

à la droite du roi, basilicogrammate et trésorier » {Select Papyri, t. I, pi. 97 verso). Il n'est pas impossible que ce soit le même personnage,

Pen-dûàûû, >'^'%\ V V m ^ ^^ ^^ (voué) à l'adoration )), grammate du divan royal du gynécée, quatrième accusé, complice de Pàï-bàka'-kàmen, de Mesdi-sû-râ, de Pâ-a'na'ûk et des femmes du gynécée, dans le but de faire tort à leur seigneur, est jugé et condamné par la première section de la commission judiciaire (iv, 5). Ce nom est assez fréquent; j'en pourrais citer plusieurs exemples.

Pen-li'ûï-ba'n, \\\\ \\\^^^^^ « Celui de la fa-

mine » (?). (Cf. 2.^inxyn,J'amina, E. de Rougé); nom commémoratif ? Intendant des troupeaux, accusé de s'être approché du gynécée royal et d'y avoir établi une correspondance par des moyens surnaturels, est jugé par un tribunal religieux {Papyrus Lee n° 1; cf. Papyrus judiciaire de Turin, I, 4); instigateur du majordome Pàï-bàka'-kàmen {Papyrus Rollin) et de Pàï-a'^ri-sàlemâà, dans le but de faire tort à leur seigneur; il est le seul qui soit désigné dans le texte courant avec l'épithète « grand criminel » (v, 2). Ce personnage devait être nommé comme premier instigateur du complot, dans la première colonne du Papyrus (1. 4), où il est question de troupeaux qui devaient dépendre de son administration.

Pen-renû~t, o v\ ^ « Le (voué) à Renou (ou

Rannou, déesse des récoltes) n, répétiteur, rapporteur ou interprète du roi, neuvième membre de la commission judiciaire (il, 3). Ses fonctions pouvaient être analogues à celles du procureur du roi dans les tribunaux modernes.

Pen-tà-ûr ou mieux Pen-tà-ûer, c^^^^^^^^ « Le (voué) à la grande (déesse), à Touoris (soeur de Typhon) ». Pseudonyme de l'un des chefs de la conspiration, conséquemment personnage important (v, 4); il est fils d'une femme nommée Taïï (v, 7; iv, 2) en rapport avec Pàï-bàka'kàmen dans le gynécée (iv, 2; v, 7), et semble avoir pu appartenir à la famille royale. C'est pour cela, peut-être, qu'au lieu d'être mentionné sous son véritable nom, il ne figure dans le procès que sous un pseudonyme et qu'il n'est pas qualifié grand criminel comme tous les autres accusés. Il est amené, dit le texte, pour le délit qu'il commit à cause de Taïï, sa mère, lorsqu'elle s'entretint avec les femmes du gynécée dans le but de faire tort à son seigneur. Il est condamné à mort par la deuxième section de la commission judiciaire et exécuté (v, 7).

Le nom de Pen-tà-ûr est assez fréquent sous la XIX® et sous la XX*" dynastie. On se rappelle que le célèbre grammate auteur du poème du Papyrus Sallier n° 3, qui a été traduit, pour la première fois, par M. E. de Rougé, s'appelait ainsi.

Qednren\ m /wwvn |u5i (étranger). Nom déter-

1. On sait que 1'/^ complément final du signe fl, qed ou qecln, ne

semble pas avoir été prononcé au temps des Ramessides; l'orthographe habituelle du nom de la ville de Qedcs' en est une preuve. On pourrait donc lire Qcdrcn. Mais je reconnais que la leçon que je propose est loin d'être solidement établie, et qu'on pourrait lui substituer ou Qcdcnden, comme je l'ai fait dans la traduction, ou même A'vcnren. Voyez pourtant, sur l'addition et l'assimilation de la nasale à la dentale, Maspero, Essai sur l'inscription d'Abijdos, p. 36, note 2.

miné par le signe des eaux (cf. p-inp Cédron)? Ce personnage était (ofFicier?), cinquième membre de la commission judiciaire (il, 2) et premier membre de la deuxième section de cette commission (v, 3-6).

Qed-t-u, \ ^ ou plutôt as't-u ) îii a servantes », « ag entes » du gynécée [Papyrus Lee n° 1, 1. 5).

[Rà-mes-sû]-h'iq-cui, | zi rs|j [il r^fj J a [Ramessès], souverain

d'On )) (nom de Ramessès III) (i, 1). Voir cliap. m. La mention d'Amon-Râ, roi des dieux, immédiatement après celle des Rois de Justice (m, 5), indique que le discours du pharaon fut prononcé à Thèbes.

i o I ^^ '=' j M <n\\ Rà-ûser-mâà-meri A'mon (pré-

nom de Ramessès III) [Papyrus Lee n^ 1 , 1. 3). Voir cbap. m, Date du procès.

Remâà ou Lemcià (étranger?). Voir Pàï-a' rï-sàlemâà.

ReV-u, ^ ^ « hommes, gens )), les coupables (iv, 1 à 6; V, 1-4-6; vi, 1-6). Ret'-u pà sebà n per x'en-t-u,

^ AcC n h^ ^ îi] « ^ens de la porte du gy-

nécée )). Les portiers du harem y demeuraient avec leurs femmeSj au nombre de six^ qui se joignirent aux malfaiteurs pour conspirer avec eux. Ces dernières sont condamnées par la première section de la commission judiciaire dans son quinzième arrêt (v, 1).

Ribû-Inïnï ou Libû-Iunïnï , 1 v I '""^'^tJ \ ^

(étranger) a Libyen-Inïnï ». Le mot Ribû (ou Libù), qui désigne la Libye, et par suite un Libyen (Brugsch, Geog. Ins., t. II, p. 79-80, pi. XXII, n°^ 241-242), peut n'indiquer que la nationalité du personnage; mais comme il est placé devant le nom Ininï, ce qui n'est pas dans l'usage en pareil cas, on peut le considérer aussi comme un surnom. On remarquera que le nom Inïni ne ressemble ni à un mot égyptien, ni à une racine sémitique, et comme encore de nos jours les

Berbères et les Touaregs, au dire d'Hanoteau, abusent de la nasale^ c'est bien un Africain qu'il doit désigner. Ce personnage était (officier?); c'est le quatorzième accusé, complice de Pàï-bâka'-kàmen, à qui il entendit prononcer certaines paroles qu'il ne révéla pas; il est jugé et condamné par la première section de la commission judiciaire (iv, 15).

Salemâà ou Si-lemâà (étranger). Voir Pàï-a' n-sàlemâà.

Seti:-m-per-[A-]mon. y^^%^"!\'^^ « Séti dans la demeure d'Ammon (Thèbes) n, employé {rildû) du gynécée, dixième accusé, entendit les entretiens des femmes du gynécée avec les premiers accusés (iv, 2-5); il est jugé et condamné par la première section de la commission judiciaire (iv, 11).

Ce nom et le suivant Séti-m per-Z'od-tï sont composés de celui de Séti, qui fut porté par des rois de la XIX^ dynastie, et de celui du temple d'une divinité. C'est une preuve que notre Papyrus n'est pas postérieur aux premiers temps de la XX^ dynastie; car ces noms furent certainement donnés â des enfants nés sous le règne des rois qu'ils rappellent. On trouve ainsi dans le Papyrus Abbott \ daté du règne de Ramessès Rà-newer-kà-sotep-en-Râ, la mention d'un personnage nommé Nower-kà' m-per-A' mon « (le roi) Nower-kà dans la demeure d'Ammon «.

Setï-m-per-Z'od-tï, 'kJ [1 [] 1\ ^ >^ ^ ^ " ^®^'^ ^2^ii^ la demeure de Z'od-tï (Tliôtli, Hermès) », employé {rûdû) du harem, neuvième accusé, entendit les entretiens des femmes du gynécée avec les premiers accusés (iv, 2-5), et il les cacha; il est jugé et condamné par la première section de la commission judiciaire (iv, 10). On remarque dans ce nom la forme de celui du dieu Thôth, dont la lecture n'est pas encore certaine, et à la fin duquel est le signe (1; ce caractère, suivi seulement du déterminatif des noms divins,

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