‹ Le paquebot: comédie en trois actes et en versChapitre 15 sur 50 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

MARIO, SAINT-MARCEL. ( Ils s'embrassent. )

MARIO

Tenir après promettre :

Me voilà.

SAINT-MARCEL

Plus exact, mon cher, qu'un chronomètre.

MARIO

J'arrive ; j'ai crevé deux chevaux : j'ai perdu Deux postillons en roule, et me voilà rendu Au poste d*amitié, tout juste à l'heure dite, Je vais me reposer un instant, dormir vite, Un dernière fois prendre et serrer ta main, Et je serai sur pied à l'aurore demain.

{Lorrain passe la télé, Mario V aperçoit) Cette excuse, monsieur, ne peut me satisfaire, Car je suis chatouilleux en diable ; et je préfère Retarder mon départ pour avoir le plaisir D'attendre, extra muros, votre premier loisir. LORRAIN, à pari, même position.

Bien parlé ! ce jeune homme a du feu dans les veines.

SAINT-MARCSL.

Ne perdons pas le temps avec des phrases vaines, Demain si je vous tue et si je suis en train , Je vais expédier après monsieur Lorrain.

{Lorravny effrayé, disparaît.) Cher Mario, je fais assez bien mon service, Et nous n'avançons pas. Herminie est novice, Lorrain est méfiant comme un eunuque noir ; Pourtant J'espère encor, s'il te reste l'espoir.

MARIO

Comment donci Saint-Marcel ! ma victoire est certaine. Je viens du paquebot, j'ai vu le capitaine Beaulieu, mon condisciple, un de mes bons amis ; Tu nous a vus vingt fois ensemble. Il m'a promis De me servir pendant toute la traversée.

Déjà ma batterie à tribord est dressée; Le feu commencera dès que nous partirons, Et jusqu'au bout du monde, en riant, nous irons. Notre plan est toujours le même. Je te lance

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