ACTE I, SCÈNE XII
Sur les pas du jaloux : toute sa vigilance Se portera sur toi nuit et jour; je serai Libre près d'Herminie, et je l'épouserai.
L'amour et la vapeur ensemble marchent vite.
Ainsi donc k ma noce, à Naples, je finvite, Et nous voyagerons en des climats plus doux, Tant que la terre aura du soleil devant nous. Saint-Marcel, cher ami, j'admire cette aisance Que tu mets dans ton rôle et dans ta complaisance. Mais cela va finir, car au premier moment.
En mer, quand cet Ai^s, avec acharnement, Aura cloué sur toi tous les yeux de sa tète.
Ma déclaration d'amour est toute prête.
Je me montre, j'aborde Herminie, et j'obtiens Pleine sécurité pour mes doux entretiens.
Au moins il ne faut pas qu'en voyage, ta belle Fasse l'oreille sourde, et se montre rebelle. Après tant de soucis, de tourments et de pas. On peut trouver un cœur qui ne vous aime pas. Moi, je serai poltron en pareil cas ; je tremble En bégayant ces mots, je vous aime : il me semble, Si mes lèvres en flamme osent le dire un jour. Qu'un coup d'œil irrité brisera mon amour.
MARIO
Enfant! on peut aimer une femme charmante, D'un amour hasardeux qui ravit et tourmente ; Oui, mais quand on échoue au bout de son chemin, On pleure un jour.
SAINT-MARCEL
Ensuite.
MARIO
On rit le lendemain.