‹ Le paradisChapitre 5 sur 18 · VIE · texte numérisé non relu

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compagnons d'infortune , et pendant que le comte Guidq ^Sf^vèjHoy un des plus riches seigneurs du Casentin, avoit occupé cette vilte a^Tep s^ ?Gib«l W (i). Alighiero mourut pendant que le Dante éloit encore fort jeune; et sa mère, à qui on ne connoit pas d'autre nom que celui de Sella j ne survécut pas long- temps à son époux. Le Dante fut aloi*s confié aux soins de Brunetto Latini, qui* étoit à la fois orateur , poète , historien , philosophe et tliéologien , et qui avoit habité Paris pendant plus de vingt ans. Le jeune Florentin ne tarda pas à faire dès progrès rapides sous un tel maître. Il étudia ensuite à Bologne et à Padoue. On remarque comme une particularité de l'enfance du Dante, qu'il n'avoit que neuf ans lorsqu'il aima la fille de Foîco Portinari (2}.

(i) Histoire des RépuUiquM italieimesdu.moyen Age , par M. Sismonde SUnnondi, tora.^iv, p. i85. (3) Vie du D«ulq, par.QigiYiuiMariQ Crmcim-

DU DAÂTE. iriiî

Neuf ans semblent un ^prénmfài'épouè l'amoTir ; maïs l'ardéiir âa climat d'ItdUe accéléré le déreloppenrent des passions (i)l Id fiUe de Folco Pbr^th^ se nomraoif Béatrix ,- elle étoh à peu pt-ès du ménM âge que le poète. Presque tous le^ auteurs as^rent qu'elle tourna souvent en ridicule Tamour du Dante ; cepeiïdant eïle f répondit quelquefois, et celui-ci n'eri devint que plus passionné.

ïiCs dangers de la patrie appeloîent anit armes tous les Florentins : le t)ante frft obligé d'embrasser nn parti dacns les guerres civiles de son temps, et il se troUV^à avec les Guelfes à une bataille livrée auit Arétins à Campaldinô, l'an 128^, ei k une autre bdtaille livi'éé aux Pisan^éil 1 39a II montra du courage et du sabg-

beni , jointe h rédUion de la DlTine Comédie, âtitir-

née jUi'Zapsta deCisUèras. Ytains, 1757 likù

des Képubl. îtal. de M. Sismtmdi, tom. iv, p. 191. (i) Vie du Dante, par ChabanoD , pag. g^ Amsterdam et' Paria, 1775.

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froid dans ces deux affaires. Revenu i Florence en i sgo , il eut la douleur de perdre Béatrix , et il tomba dans le plus vif désespoir. L'année suivante^ on lui persuada qu'il trouveroit quelque consolation en se mariant : il épousa madonna Gemma , de la famille des Donati , dont il eut plusieurs enfans; mais il ne fut pas heureux avec cette femme ^ et on croit qu'il fut .obligé de se séparer d'elle^ après quelques années de mariage. lie Dante arrivé à un âge plus mûr , en 1 298 , tourmenté par le souvenir de Béalrix y et par celui de ses chagrins domestiques^ commença à chercher des distractions dans les affaires politiques^ et sollicita les premières magistratures de Florence.

U n'est pas inutile de placer ici une esquisse de l'état. de la Toscane à cette époque. Je tirerai les matériaux dont je composerai ce tableau abrégé , de plusieurs auteurs italiens , et de l'ouvrage de M. Sismondi sur les Républiques italien-*

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nés âa moyen âge. Cet ouvrage renferme à cet égard des détails circonstanciés rédigés arec clarté , et jusqu'ici peu connus.

I/Italie étpit depuis long-tem[» divisétf entre les Guelfes et les Gibelins ; mais'Ies deux partis sembloient se reposer un moment des fureurs de la guerre, lorsqu'au centre de l'Italie, deux familles d'une noblesse distinguée se partagèrent l'autorité dans la ville de Pistoie, située à vingt milles de Florence sur la route de Lucques. Les Cancellieri se proclamoient l'appui du parti Guelfe, et les Fanciatichi l'appui du parti Gibelin.

Vers 1 266 , à l'époque à laquelle les Florentins avoient chassé de leur ville le comte Guido Novello, qui commandoit les Gibelins, les Cancellieri avoient forcé les Fanciatichi de sortir de Fistoie, et n'avoient cessé de chercher à anéantir leur parti.

Les Cancellieri, n'ayant plus à redouter les Fanciatichi, se divisèrent ensuite

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enrtre eux, comme il n^arrive qne trô^ erdinairement La querelle qui partagea en deux fiœtiouo eniïemied cette famille Quie avant la Tictoiré ^empbi^ée sur leurs nvaux , prouve , par des circonstances , quelles étoient les mocistr^ du temp«^- Je vais laisser parler M* Sismondi lui-mérae. a Plusieurs gentilshommes de la-familler Ckncellieri se rencontrèrent dans Une ta-* veme , où ils jouèrent ensemble. Commet ils étaient déjà pris de vin , un d'eux , nommé Carlino , fiis de Gualfredi , insultar et blessa un autre Cânoellieri , qui se nommoit Amadore^ ou Dbre, fils de Guillaume. Ces, deux jeunes gens , quoique parens , et portant le même nom-, appar-tenoient à deux branches de la ménle' famille , que l'on distinguoit déjà par les* noms de blanche et de noire. Ces nbiiis* leur venoiexit de ce que leur atncétre commun avoit eu deux femmes , dont un^ s^appeloit Blanche ; les enfans de celle-ci avoient pris- son nom> et atvoientdonné^

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aux «lians de l'sutre le nom éo la coaleùr opposée. Dore était de la bruich»

nQÛre(i).

Le 8oir da m^e îoor^ Dore Toysnt passer devant lai Vuni, frère de cekà ^î l'avoit blessé , l'appela , et eut la lâcheté de se jeter sur lai j de lui- couper la HuUn , -et de te frapper au visage d^un coup d'épée. Guillaume y père de Dore , TOitlant offrir une satidàclian écbtante , le lÎYra entre les mains de Gualfredi , pète de Vanni et de Carlino. Gualfredi , peu sensible à cette aatia&ction , enferma Dore- dans une écurie , Ini fit trancher U main sur une mangeoire de cheraust , le blessa au visa^ d'nn coup d'épée, et là renvoya en cet état aus Cancellieri noirs} qui apprirent avec fureur ce procédé barbare (a).

Dé» ce moment lee Noirs et les BlimoM

(i) Histoire d« M. Sitmondi, tom, ir, pag. loi. (2) Ibid. pag. 103 et io3.

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s'assassinèrent partout oà ils parent se rencontrer.

En iSoo^les hommes les plus sages de Florence et de Pistoie se réunirent pour chercher un remède à tant de maux. Enfin 9 par une délibération publique , les ansUaniy ou magistrats de Pistoie^ résolurent de confier y pour trois ans , aux Florentins la seigneurie de leur ville (i), pour quMls rendissent la paix à la République. Les Florentins acceptèrent les conditions proposées par les an%iani; ils ordonnèrent aux chefs du parti blanc et du parti noir de s'éloigner de Pistoie qu'ils 'troubloient par leurs divisions , et assignèrent aux exilés la ville de Florence même pour demeure.

Mais le repos de Florence (a) n'étoit pas tellement assuré, que cette République pût recevoir impunément dans son sein

(i) Histoire de M. Sismondi, lom. lY, pag. io6. (2) Ibid. pag. 107.

DU DANTE. xxix

tant de levains de discorde , puisque cette TÎlle étoit elle-mâme partagée entre la finclion de Corso Donati, gentilhomme d'une ancienne famille , et celle des C«rchi , famille du 'peuple, qui , après avoir acquis degrandes richesses, avoient acheté de beaux palais, et qui, par leur opulence, efiâçoient celle des Donati. lies Blancs de Fistoie furent accueillis et logés par les Cerchi ; les Noirs reçurent l'hoslàtalité des Frescobaldi , amis et alliés des Bonati (i).

Les deux factions de Florence prétendoient tour à tour être le parti Guelfe et le parti Gibelin , et il étoit souvent difficile de connoitre auquel de cesdeux partis appartenoit un citoyen de Florence. L'Empereur et le Pape ne se fàisoient pas alors directement la guerre : on n'étoit divisé, pour ainsi dire , que par l'habitude d'être divisé ; mais de part et d'autre , on aimoit

(t)Hùtoit«<leM. Sùmondi, tom. IV, pag. no-

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