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n^esl; oartainament ni épique^ ni héroï-^ que , ip^s souyexit , en sujets très -8^ rieux , fort oomiquç. Chabanpn.porte ce jugement du Paradis : a Le Paradis du Dante ressemble à son Purgatoire : ce sont des fictions et des allégories du mémd
genre. Le poète voit successivement là
gloire des Saints^ celJe des Anges ^ de la Vierge 9 et enfin ceUe de Dieu même.
C'est par-là qu'il finit , sans dire comment sa vision cesse , ni comment il revient sur la terre. » Cliabanon n'a certainement pas lu le Paradis du Dante. Il avoit lu et bien lu TEnfer , dont il donne une ana« lyseplus détaillée et plus fidèle^ et dont il traduit en bons vers quelques mor-^ oeaux , entr'autres le bel épisode dtJgo* lin. Moutonnet de Clairfons s'exprime ainsi ^ relativement à la troisième partie de la Divine Comédie : a lie Paradis est également l'ouvrage d'un grand poète ; il étincelle de beautés sans nombre; rien de plus brillaent , riea da plus majestueux ;
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les expreuions répondent k la grandetur du sujet ; elles sont pompeuses, sublimée et enflammées. Une harmonie divine M &it enttmdre continuellement dans le b^ jour, dans la palais étinoelant et radieuX de la gloire et de la majesté éternelles t on est ébloui d'une rive lamiire, on e«t inondé d'un torrent de délices» et l'on participe en quelque sorte au bonheur des prédestinés.
» Il faut tependant convenir que !• Dante n'a pas autant de goût que de génie, et que son poëme se ressent en quelques endroits du siècle de barbarie pendantlequel il futcomposé. C'est moins la faute da poèteque celle deson siècle. Cette tripleciv médie ressemblée ces anciennes et itemenses basiliques , à ces temples majestueux, augustes et gothiques. Ils étonnent et surprennent par leur vaste étendue , par leur prodigieuse élévation , et par leur structure hardie et solide , légère et durable , jtuus trop surchargée d'ornemens supeiv
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fiusy mesquins^ grotesques et pnérils. La vraie peifc'ction demande que le génie 6oit conduit et dirigé par le goût, et qu'à 8on lour le goût soit échauffé par la flamme du génie. C'est cet heureux ac-* cord, c'est cette union rare et précieuse qui enfante les chefs-d'œuvre dans tous les genres, i»
MoulonnetdeCIairfonsparle ainsi sans passion , et avance des idées sages , noblement exprimées, qui rappellent le jugeme^it de Tiraboschi cité plus haut.
J'ai mentionné dans l'introduclion de cet ouvrage Topinion générale de Rivarol sur la Divine Comédie; je crois pouvoir annoncer ici deux ouvrages inédits qui auront sans doute un grand succès. Oti assure que M. Biagioli prépare à Paris un nouveau commentaire sur la Divine Co«- •médie. On attend avec impatience ce travail que Ton dit avoir été composé dans le meilleur esprit de ciitique^ et être propre à augmenter la réputation
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de cet estimable littérateur. Nous allons aussi jouir du fruit des veilles de M. Gînguené, membre de l'Institut, sans contredit l'écrivain français qui s'est occupé avec le zélé le plus infatigable de« I^re.î italiennes , et san& doute celui qui , dans cette partie, a montré le plus de talent , d'instruction et de goût. Trois volumes de son Histoire de la Littérature d'Italie vont paroitre incessamment; dans ces volumes il est naturellement question de la Divine Comédie. J'ignore si nous avons tous deux considéré le Dante sous le même' rapport, si nous avons puisé àux'mémes sources, consulté les mêmes commentaires. J'ai fait usage de ceux de .^rivenii^o d'fmola , de Landino , de VelluLello, de Danietio, de Dolce, de Volpi, 'de celui de l'académie de la Crusca, etc., -mais plus particulièrement de celui du père Pompée Venturi, de la Compagnie " de Jésus, édition de Venise, t^Bi; de celui du père Ix>inbardi, miheur con-
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ventue] p édition de Rome ^ 1791 ; et en* fin de celui de M. Louis Portirelli^ pro* fesseur au lycée de Brera , édition de Milan , 1 804. Je me suis écarté quelquefois du sentiment de ces commentateurs , et j'ai rendu compfe de mes motifs dans les notes. On dit que M. Ginguené a donné une analyse de toute la Divine Comé«die f et comme je ne puis présenter ici qu'une esquisse très-imparfaite des deux premières parties , j'invite les pek*sonnes qui désireront prendre une idée précisa du poète toscan , à lire dans M. Ginguené l'analyse de la première et de la seconde partie : elle facilitera encore plus l'intelligence de la troisième.
Je dois maintenant , en sollicitant l'indulgence de ceux qui liront cet ouvrage^ les prévenir de ne pas s'étonner du style que j'ai dû adopter pour traduire fidèle* ment le Dante , et pdur éviter les périphrases sans nombre que l'explication du texte sembloit demander trop souvent Je
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conjure donc les lecteurs de cette tradnotJon de ne pas ni'accuser si j'ai conservé à une foule de mots l'acception que leur a donnée 1« Dante ^ acception que nous ne sommes pas convenus de leur oonserrer toujours dans notre langue. Le poète appelle les araes qu'il rencontre des suh^ stances» des lueur$, des aplendeunf des fiammes, des rubia,à.ts topases; il se sert du mot o/nourdans un sens tout à fait mys» tique : il considère sous ud autre point de vue ces mots, vertu, exce llente, nature» mtelligence t lumière, sphère, étoile, pitî»' sancBj etc. U a une langue qoi lui est particulière : il faut s'accoutumer à cette langueétrange. On eût détruit tout lecharme de l'original, ii l'on eût voulu adapter, le style du poète à nos mœurs, à nos habitudes. J'ai aussi, avec un auteur comme le liante, préféré toujours la fidélité à l'élégance. Ce poète n'est pas assez connu de nous : il faut d'abor^ qu'on le connoissa Une main plw habile que Ja mienne re-
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tracera plas tard ses idées avec plus de grâce et de noblesse: il étoit d'abord important qu'on les comprit , qu'on les goûtât^ qu'on jugeât le génie de l'auteur.
Four nous^ son ouvrage est en grande partie un ouvrage nouveau. Sans cette fidélité^ qui a elle-même ses écueils^ quelle idée nos littérateurs se formeroientils du talent de ce poète , surtout dans les descriptions de scènes douces et attendris* santés? Sous ce dernier rapport le Dante n'est pas assez connu ! Je n'ai que très-peu* écrit jusqu'à ce moment ^ et si je me suis . trompé, je puis facilement obéir aux conseils de la critique et de l'amitié, et prendre une meilleure route : je me borne à répéter que tout mon désir a été de rappeler à ma patrie un auteur que nos voisins placent au premier rang, un poète courageux qui , suivant la belle expression de Chabanon, en s'élevant^ souleva apâc lui tout so?i siècle.