‹ Le paradis de Dante Alighieri traduit en françaisChapitre 1 sur 25 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lonsque j'ai publié, il y a quatre mois, la seconde édition de ma traduction du Purgatoire , j'ai dit que je ne savais pas quand je publierais la seconde édition de ma traduction du Paradis; j'aunonçais en même temps que je comptais cependant achever la tâche que je m'étais prescrite, et que j’aborderais de nouveau ce poème du Paradis, dont M. Ginguené ne balance pas à mettre l'invention et la contexture au-dessus de celles de l'Enfer et du Purgatoire.

Voici aujourd’hui ma tâche remplie,

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et j'ose dire que j'ai terminé une bien pénible entreprise.

Je puis donc offrir au public une traduction complète des trois cantiques de la Divine Comédie, avec un texte épuré en regard. Comme pour le Purgatoire, j'avais à lutter contre deux rivaux, J.-B. Grangier et M. de Colbert d'Estouteville. J'ai précédemment, et plusieurs fois, déclaré ce que je pense de leur ouvrage. Les notes de Grangier m'ont encore été fort utiles ; mais je n'ai pas plus qu'auparavant trouvé le moindre secours dans la version de M. de Colbert. Je ne parle d’ailleurs de lui avec aucune sévérité, parce qu'il n'avait pas assurément pensé à faire imprimer sa traduction.

J'ai fait usage des commentaires que Je cite dans mes avant-propos de l'Enfer et du Purgatoire.

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Plusieurs littérateurs d'Italie m'ont adressé des témoignages d’encouragement et de bienveillance qui sont singuliérement honorables pour moi. En pays étranger on reproche aux Français de ne rien finir. Dans la faible proportion de mon entreprise et de mes facultés, j'ai fini ce que j'avais commencé, et je me présente devant le lecteur, sinon avec la production d’un bon ouvrage, du moins avec l'assurance que pour le rendre autant parfait que possible,, je n’ai négligé aucuns soins ; que j'ai apporté dans mon travail la bonne foi la plus entière, le désir d’être agréable aux esprits tendres et studieux, et que j'ai été constammentanimé de cette volonté de bien faire, dont le public est un juge si délicat, et à laquelle il ne refuse jamais une juste récompense.

= Je recommande au lecteur de con-

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sulter souvent , pour prendre une juste idée de cette dernière composition du Dante, les gravures de M. Pinelli. Elles sont au nombre de trente-cinq, et il y a déployé, comme dans les deux premières parties, une imagination, une poésie , uu feu où l’on retrouve plus que son talent ordinaire.

A ma Fille.

Le Dante que j'ai st long-temps étudie, m'a offert plus d'une Lecon utile, 9 a dédie La troisième partie de son poème (Le Paradis) à un cœur noble et généreur (à Œan-Lle-Grand, seigneur de La Scala), qui par des soins multipliés et délicats était devenu l'objet de sa plus vive vecon- naissance. Animé d'un égal-senttment de gratitude pour Des preuves

Par. Tom. I. a

d'une sensibilité encore plus touebante, j'imiterat l'exemple que m'a donnéle compagnon de ma vire, l'ami qui fut pour motunconsolateur putssant dans plus d'une douleur.

Œu voyais Le jour pour La premiére fois, Lorsque je commencais, en Toscane, de faibles essais de La tâche pénible que je viens d'achever:

ces Différents ouvrages élevés avec tot, sont comme tes freres.

Malheureusement Les circonstanres ne t'ont point ensuite amenée à £lorence dans l'âge de l'enfance, dans l'âge des dispositions faciles, qui t'auratent permis d'étudier, en jouant , sette langue fondée par ce-

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lur qui fut conçu, comme toi, au milieu Delle gent Del bel pacse là dove ’l si suona.

Les exigences de mes fouctions t'ont conduite plus tard dans un autre paps oùtu t'es appliquée avec fruit à deviner Les mystères de La Langue de filopstock.

Recoïs aujourd'hui l'hommage d'un travail qui pourra t'initier dans Les secrets de La poésie du Dante. Ainsi, j'aurai La joie dette voir exceller dans La connaissance de La littérature La plus moderne de l'Œurope, sans te voir privée de la connatssance de salittérature La plus ancienne.

Quant à La grâce du langage francais, garde non moins religieusement ce trésor, devenu sous ta plume l'expression ot féronde, st animée des épanchements de La tendresse filiale, et l'interpréte si heuteur Des adoucissements que tes Lettresont apportés et peuvent apporter encore aux peines des absences ordonnées par mes devoirs où pat Les tiens.

31 Paradise.

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